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Festival d’Hammamet : Umberto Tozzi, retour sans flammes

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Sur la scène de Hammamet, Umberto Tozzi chante avec son inimitable voix rauque, mâche ses phrases, parle beaucoup et revisite ses succès passés.

Par Anouar Hnaïne

Avec des dizaines de million de disques vendus, Umberto Tozzi est couché sur un trésor. Crooner intelligent et chanteur de variétés au long cours, dont la carrière ne s’arrêtera pas de si tôt, il sait tenir compte des mouvements d’opinion et des sentiments de ses admirateurs.

Des «Ti amo» sans modération

Mardi 28 juillet. La chaleur s’est allongée jusque dans la soirée. A Hammamet, le public est venu en nombre, assoiffé d’air d’été et des «Ti amo» sans modération. Des quadras en goguette, des quinquas avec enfants, des jeunes fébriles apparemment prêts à se trémousser… la nostalgie est dans l’air.

12h30. Les musiciens en noir entrent en scène, suivis par Tozzi, fidèle à son look,  cheveux longs, blonds, lunettes rondes, bleues, liquette blanche, jean serré et allure décontractée.

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Le public chante, Tozzi exulte.

Démarrage en trombe, la voix rauque, guitare en bandoulière, le contact prend vite.

Fusées de voix dans les gradins, on réclame déjà l’inénarrable ‘‘Ti amo’’. Ah! l’amour, c’est là une partie du trésor composé aussi de ‘‘Gloria’’ (1979), ‘‘Tu’’ ( 1978), ‘‘Notte rosa’’ (1981)…

Le chanteur ne plie pas aux demandes, il est heureux à Hammamet comme un villégiaturiste à Capri qui descend de bateau en chantant ‘‘Ti Amo’’. Cet air en toutes saisons évoque l’été, la complainte, la voix qui manque de s’étrangler; elle figure en bonne place dans ce qu’on appelle «les chansons éternelles» et relie les générations, l’amour fiévreux y est en majuscule.

En couple ou en groupe, visiblement, le public est venu pour réécouter, revivre ces instants de bonheur. Et Tozzi, pas dans sa meilleure forme, a planifié sa soirée, laquelle n’est pas du goût du public.

Le chanteur mâche ses phrases, il parle, revient sur ses succès passés, San Remo, Bruxelles, ses tournées… Il reprend sans conviction ‘‘Petite Marie’’, une complainte qu’il a partagée à Nice avec Francis Cabrel. Le public ne s’en laisse pas conter. Il réclame en gaité ce pourquoi il est venu, un public qui connaît les tubes dans le texte. Le chanteur, habitué aux grandes scènes, continue à égrener les chansons de son choix : ce public ne lui fait pas peur, il a la manière de le dresser ou tout au moins il le croit.

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En duo avec Craxi fils, le Hammamétois.

Romantique à souhait

Vient enfin la chanson fétiche, comme si le reste était un apéritif, une entrée avant le plat principal. La voix à peine audible, Tozzi sait à quoi il s’attend: le public va noyer sa voix. Tout le monde debout, lumières éteintes, portables sur mode lampe, corps sur mode vibrations, mouvements lents, l’hymne national italien? Non, c’est le «Je t’aime» côté latin lover. ‘‘Ti amo in soldo, ti amo in aria, se vienne testa…» Je t’aime, je suis…  Romantique à souhait.

Comme Tozzi se permet tout, il raconte encore, Hammamet qu’il aime, il y vient souvent, un petit paradis où l’amitié n’est pas un vain mot. Il invite le fils Craxi, son hôte d’Hammamet, à monter sur scène. Le duo exécute un morceau auquel le public, «bon enfant», réserve un accueil mitigé.

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A la conférence de presse d’après concert: «Il était un temps où le succès durait».

Des morceaux suivent, un rien tristounets, sans pâte. La voix effacée traduit «une sorte de déclin». Les instruments (grosses machines) se déchainent. Le public réclame des tubes, à tue-tête il crie ‘‘Gloria’’. L’idole feint de ne pas entendre. Plus d’une heure et demie sans pause, les lumières se sont éteintes, un bouquet de fleurs, gentillesse dans les mots. Au revoir! Non «Gloria, Gloria…»

Le jeu était calculé, presque parfait, les basses, retentissent, le saxo se remet, les rythmes s’accélèrent, ‘‘Gloria’’ clôt la soirée. ‘‘Gloria’’, la gloire, c’était il y a longtemps. «Un temps où le succès durait, j’ai eu la chance d’avoir vécu pendant cette période de créativité», dira en coulisse le chanteur. Ce temps semble si loin.

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