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Les islamo-destouriens, ces bâtards de Bourguiba

Bourguiba-Karoui-Thaalbi

Animés par un grand appétit politique et des ambitions démesurées, les islamo-destouriens s’agitent pitoyablement en espérant remporter bientôt le gros lot.  

Par Imed Bahri

Un groupe d’islamo-destouriens organise prochainement un colloque sur le thème : «Cheikh Abdelaziz Thâalbi et la pensée réformiste».

Sous la «jebba» de Abdelaziz Thâalbi

Le colloque, qui se tiendra  le 15 octobre prochain à Tunis, est une initiative d’un groupe d’hommes politiques et d’intellectuels d’obédiences islamiste et destourienne, ou islamo-destourienne, chapeauté par Nabil Karoui, le directeur de la chaine Nessma.

Il s’inscrit dans une volonté de réhabiliter la mémoire du fondateur du Destour, en 1920, et d’en faire le symbole d’une très improbable alliance entre deux camps qui ont toujours été aux antipodes l’un de l’autre, notamment en Tunisie, à savoir les destouriens, héritiers du réformiste et moderniste Habib Bourguiba, fondateur du Néo-Destour en 1934, et les islamistes, héritiers du mouvement panislamiste mondial et, notamment, des Frères musulmans, incarnés en Tunisie par Rached Ghannouchi et Ennahdha.

Ce groupe, qui croit pouvoir constituer un grand mouvement politique d’avenir en coalisant les deux principales forces, idéologiques et politiques, en Tunisie, les destouriens et les islamistes, s’emploie à raccourcir la distance entre ces frères ennemis, en invoquant la mémoire d’un homme, Abdelaziz Thâalbi, qui fut destourien (constitutionnaliste), vaguement nationaliste, libéral et, surtout, issu de l’école de la mosquée Zitouna, donc supposément islamiste.

La stratégie du grand écart

Dans le cadre de ce bricolage politique qui prête à sourire et dont les tenants se prennent pathétiquement au sérieux, on va organiser un colloque auquel on a invité l’un des leaders du mouvement islamiste mondial, le Soudanais Hassan Tourabi, grand ami de Rached Ghannouchi, et l’un des dirigeants historiques de l’organisation mondiale des Frères musulmans.

Cet intriguant Tourabi, qui a été de tous les coups fourrés dans son pays et qui se targue aujourd’hui d’être un islamiste modéré, est, rappelons-le, celui-là même qui a inspiré la condamnation à mort pour apostasie et l’exécution du penseur réformiste soudanais Mahmûd Muhammad Taha (1909-1985).

En d’autres termes, en cherchant à s’acoquiner avec les islamistes, les pseudos héritiers de Bourguiba – ce sont plutôt ses bâtards – sont en train de vendre leur âme au diable.

Les calculs politiques, qui leur ont inspiré cette «stratégie du grand écart», ne tarderont pas à leur exploser au visage comme une bombe à retardement. Et, ce faisant, ils causeront des dégâts collatéraux en semant la gabegie au sein de Nidaa Tounes, dont ils se réclament encore à cor et à cri. L’inconscience n’a pas de limites…

Article sur Mahmoud Taha dans Kapitalis:

Hommage Mahmûd Taha le martyr de la liberté de pensée (1/4)

Hommage Mahmûd Taha le martyr de la liberté de pensée (2-4)

Hommage Mahmûd Taha le martyr de la liberté de pensée (3-4)

Hommage Mahmûd Taha le martyr de la liberté de pensée (4-4)

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