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Peut-on reprocher à quelqu’un de ne pas aimer l’islam ?

Islam-envahissant

Le prosélytisme conquérant de certains islamistes ne rejaillit pas forcément de manière positive sur l’image de l’islam.

On n’a pas le droit de critiquer les origines ethniques ou raciales des gens, car on ne choisit pas la couleur de sa peau, mais une religion, y compris l’islam, on peut la choisir ou la refuser.

Par Habib Ben Fredj *

Cela fait des années que je critique l’islam et jamais un Tunisien ne me l’a reproché, à part, bien entendu les intégristes musulmans purs et durs. En revanche, ce sont souvent des Français qui se disent de gauche ou des Français d’origine étrangère et de confession musulmane qui manifestent de manière virulente leur hostilité à mes propos et qui me traitent de raciste comme si en Tunisie on avait un Front national ou une communauté musulmane d’origine étrangère. Je serais donc un raciste mais vis-à-vis de qui? Je me le demande.

La question de l’islamophobie ne doit donc pas être posée de la même manière, indépendamment du contexte politique et géographique.

L’islam politique modéré n’existe pas

En France, les islamistes représentent certes un danger, mais ce problème est encore sous contrôle et on imagine mal que des intégristes musulmans puissent s’emparer du pouvoir et imposer leur charia à l’ensemble du peuple français.

Ce n’est pas le cas pour la Tunisie où les islamistes ont accédé au pouvoir et risquent encore de le reprendre, sachant qu’ils le partagent actuellement avec les libéraux. Le jour où ils auront les coudées franches, les assassinats et les attentats reprendront de plus belle et l’épuration des progressistes et des modernistes sera mise en œuvre de manière systématique.

Dans ce cas être islamophobe est un acte salutaire, voire un devoir moral et politique pour protéger les libertés démocratiques et les acquis des femmes.

On pourrait toujours me rétorquer que la plupart des Tunisiens sont des musulmans modérés et qu’il n’est donc pas nécessaire de s’en prendre à l’islam politique modéré. Ma réponse est qu’il n’existe pas d’islam politique modéré. Les monarchies du Golfe et la Turquie sont perçues par les dirigeants américains et européens comme des régimes islamiques modérés. Tout le monde sait que ces pays ne sont pas un modèle de démocratie et les droits humains élémentaires, surtout des femmes y sont inexistants.

Rappelons également que la plupart de nos musulmans modérés en Tunisie votent massivement pour les intégristes d’Ennahdha, qui est une branche de l’organisation terroriste mondiale des Frères Musulmans.

Ne pas aimer l’islam n’est pas interdit

Revenons maintenant à la France. Il y a deux types d’islamophobie : celle du Front national qui fait constamment l’amalgame raciste entre musulmans et étrangers et qui craint pour la pureté de la race des Français de souche. Ces gens-là mettraient dehors, s’ils le pouvaient, tous les étrangers, y compris ceux qui sont nés en France, même s’ils étaient athées. Pourtant un bon nombre de dirigeants politiques français sont d’origine étrangère, sans parler des écrivains, des scientifiques, des athlètes et des artistes…

L’autre catégorie d’islamophobes que je trouve tout à fait légitime et que je soutiens c’est l’ensemble des agnostiques et des athées ou tout simplement de gens qui n’apprécient pas les dogmes et les pratiques de l’islam, surtout quand cette religion empiète sur l’espace public et permet d’exhiber son appartenance religieuse par des tenues vestimentaires obscurantistes et moyenâgeuses. La liberté de croyance est un droit certes, mais ce droit n’implique pas qu’on doive accepter ce qu’il y a dans l’islam comme régression et atteinte aux valeurs démocratiques et à l’égalité des droits entre les hommes et les femmes.

On ne peut pas reprocher à quelqu’un de ne pas aimer l’islam. C’est son droit.

Il est vrai qu’on n’a pas le droit de critiquer les origines ethniques ou raciales des gens, car on ne choisit pas la couleur de sa peau, mais une religion, on peut la choisir ou la refuser.

Bref, l’islamophobie n’a aucun rapport avec le racisme.

* Professeur de français.

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