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Sir Trump Pacha en terre d’islam

Les juteux contrats avec l’Arabie saoudite sont la preuve de la réussite de la visite de Trump Pacha dans ce pays du Golfe.

Par Mohamed Nafti *

Le premier voyage à l’étranger d’un chef d’Etat américain, après son investiture, effectué dans un pays du Golfe est assez inhabituel pour passer inaperçu. Donald Trump a dérogé à la règle.

Le samedi 20 mai 2017, il a débarqué en grandes pompes à Riyad, la capitale de l’Arabie saoudite où l’attendait la légion arabo-musulmane convoquée pour un meeting hautement significatif.

Diplomatie directe ou directive ?

Voilà, selon toute apparence, ce qui explique ce coup d’éclat provoqué par la visite de l’imprévisible M. Trump. Les leaders politiques arabes et musulmans ont accouru pour assister au discours du chef d’Etat de la première puissance du monde.

C’est une nouvelle forme de diplomatie, paraît-il encore à l’essai, qualifiée de diplomatie directe ou directive qui consiste à rassembler le maximum de partenaires pour leur prodiguer des conseils utiles, les exhorter et les rassurer.

C’est aussi une concrétisation de la puissance américaine que M. Trump veut bien instaurer dans cette région du monde. Et qui mieux que les partenaires arabes pouvaient accepter une alliance sans réserve avec l’oncle Sam.

Voilà donc, Trump Pacha à la tête de la légion arabe sur les traces de Glubb Pacha pour la guider vers la victoire non pas sur le Haganah (terrorisme juif) comme en 1948, mais pour éradiquer l’Etat islamique (Daech) et le terrorisme islamique.

Ceci n’est que la facette visible du voyage de M. Trump. En réalité, et contrairement à ce que pensent beaucoup d’observateurs, sa visite obéit aux attentes des intérêts vitaux des Etats Unis dans cette partie du monde.

En effet, depuis près de quarante ans, du temps de Jimmy Carter, la stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis repose sur trois intérêts vitaux au Moyen Orient. En premier lieu vient le libre accès aux sources d’énergie qui sont vitales pour l’économie américaine et celle de leurs alliés.

La région du Golfe renferme les ¾ des réserves mondiales d’hydrocarbures. Ce n’est pas un hasard de voir M. Trump réserver son 1er voyage à l’étranger à cette région, présider le meeting avec les responsables du pétrole et du gaz et clôturer la cérémonie avec la danse du sabre qui est peut être un message pour les incorrigibles (les terroristes bien sûr) ou en signe de joie pour l’effet d’ensemble produit par son discours magistral.

Trump d'Arabie.

Trump d’Arabie.

Les intérêts d’Israël et du capital mondial

La sauvegarde de l’Etat d’Israël constitue pour les Etats-Unis, le second intérêt vital. Ce pays est pour M. Trump la deuxième destination après les monarchies pétrolières. Israël est un allié stratégique qui sera toujours soutenu politiquement, économiquement et militairement. L’ambassade Des Etats-Unis en Israël a déménagé à Jérusalem conformément à la volonté de Trump qui dansera certainement (sans sabre) dans la nouvelle enceinte diplomatique.

La promotion du capitalisme démocratique et le commerce international est le troisième axe d’intérêt des Etats-Unis dans la région du Moyen Orient. La signature de contrats juteux avec la monarchie saoudienne de l’ordre de 380 milliards de dollars dont 110 milliards pour l’armement est la preuve de la réussite de la visite de Trump Pacha qui a marqué de son sceau cette région turbulente du monde.

La visite de président américain au Golfe est porteuse d’un nouveau message pour les pays arabes et musulmans. M. Trump exhorte les leaders de ces pays à s’unir (il sait que c’est une pure chimère) pour combattre les terroristes et les chasser hors de leurs territoires. Mais pour aller où? C’est la stratégie de Sir Trump Pacha pour guider la légion arabe vers un avenir incertain.

* Général à la retraite.

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