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Reprise réelle ou faillite annoncée : Le message brouillé de Fadhel Abdelkefi

En envoyant un message brouillé, Fadhel Abdelkefi court le risque de casser une dynamique de reprise économique et d’instaurer un climat de défiance peu propice à l’investissement.

Par Chokri Mamoghli *

Fadhel Abdelkefi est un homme sérieux, propre, compétent, patriote. Je le respecte.

Ces quelques lignes ne constituent même pas une critique. Il s’agit tout juste d’un rappel.

Le ministre des Finances est en effet en train de tenir un discours exactement opposé à celui que tient le ministre du Développement. Pour l’un, l’Etat n’a plus de quoi payer les salaires, pour l’autre, les signes de reprise sont partout. La croissance repart, l’investissement aussi, les rentrées fiscales, le tourisme, etc.

Le problème est que ministre des Finances et ministre du Développement sont une seule et même personne. Qui faut-il croire?

En fait les deux. Le budget de l’Etat passe par une mauvaise passe conjoncturelle, mais l’économie tunisienne repart ce qui est une tendance de fond.

Faute de l’avoir clairement expliqué, le ministre, de bonne foi, exaspéré par l’agressivité et l’analphabétisme de certains députés et de certains syndicalistes, n’a pas nuancé ses propos et a envoyé, ce faisant, un très mauvais message au pays.

Ce matin, les Tunisiens ont l’impression que le pays court à sa perte, que rien n’est fait. Cela risque de casser une dynamique et d’instaurer un climat de défiance.

En effet, comment voulez-vous que réagisse un investisseur international intéressé par notre pays quand il entend un tel discours?

Comment va réagir un couple de salariés fonctionnaires quand il entend de tels propos alarmistes? Plus de séjour à l’hôtel, plus d’habits neufs pour la rentrée scolaire des enfants, méfiance, méfiance…

En un mot, les agents économiques, entreprises, ménages, opérateurs étrangers, auront tendance à sur-réagir en différant leurs dépenses.

Consommation des ménages et investissement risquent de ralentir du fait de ce message négatif, or il s’agit ici de deux moteurs essentiels de la croissance

Monsieur le ministre, cher ami, rectifiez le tir.

* Docteur en finance, enseignant à l’Université Paris-Dauphine et ancien secrétaire d’État auprès du ministre du Commerce et de l’Artisanat.

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