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Les retraités de Tunisie Telecom : Une nouvelle vie et un nouveau départ

Une cérémonie a été organisée par Tunisie Telecom (TT), hier, vendredi 5 janvier 2018, à Tunis, en l’honneur des employés partis récemment à la retraite. Témoignages émouvants…

Par Zohra Abid

Fadhel Kraïem, Pdg de TT, a lancé  dans son mot d’ouverture, non sans émotion: «C’est là une occasion de retrouver d’anciens collègues, qui ont relevé des défis, se sont donné à fond pour promouvoir l’entreprise publique et en faire un fleuron du secteur».

Assurer la pérennité de l’oeuvre collective

Le Pdg, qui était entouré de ses collègues Rim Ben Hassine, Ahmed Ben Ammmar, Nabil Hammami et Chakib Blel, a tenu à témoigner de sa reconnaissance et de celle de tous les employés de l’entreprise à leurs collègues partis à la retraite après des dizaines d’années d’effort, de dévouement et d’abnégation, avant de passer le flambeau à leurs cadets, en toute confiance. «L’ambiance chaleureuse et conviviale qui règne dans une telle cérémonie confirme l’esprit de famille qui a toujours régné au sein de TT», a souligné M. Kraiem.

Ces mots n’ont pas laissé insensibles les 179 jeunes retraités et anciens responsables d’une dizaine de directions centrales de l’opérateur historique, qui sont rentrés, ce jour-là, chez eux, avec un petit cadeau souvenir (une tablette) ainsi qu’un certificat de reconnaissance.

Ainsi va la vie : une longue chaîne d’amitié, de fraternité et de solidarité entre les générations, qui font un petit bout de chemin ensemble et, au terme d’un parcours professionnel et humain bien rempli, se passent le témoin. L’essentiel étant d’assurer la continuité et la pérennité de l’oeuvre collective et du bien commun.

Après la retraite, place à l’associatif

Parmi les jeunes retraités présents à la cérémonie, certains ont déjà monté des projets, d’autres ont préféré se reposer et s’occuper de leur famille et d’autres encore, pour rester utiles à leurs prochains, se sont investis dans le travail associatif. «Je remercie tous mes supérieurs, et notamment les Pdg qui se sont succédé au cours de la dizaine d’années que j’ai passées à la direction générale, ainsi que mes collègues qui m’ont fait confiance pour assumer certaines responsabilités et assurer plusieurs missions», nous dira Nacira Garbout, partie à la retraite en 2016.

«Nous avons appris beaucoup de choses les uns des autres et je n’oublie pas les moments de bonheur que j’ai passés avec mes collègues, mais aussi les moments difficiles durant lesquels nous avons également beaucoup appris», a enchaîné la jeune retraitée, en précisant qu’elle est partie volontairement, certes avant l’âge légal, mais comblée et riche des compétences, savoirs et rencontres capitalisés durant son parcours à TT, dit-elle, en se disant prête à donner un coup de main à tout moment si l’occasion se présente. 

Nacira Garbout se consacre partiellement aujourd’hui aux activités de la Tunisian Association For Management and Social stability (Tamss ) présidée par Chema Gargouri, qu’elle a intégrée en 2006. La Tamss oeuvre pour la promotion de l’entrepreneuriat féminin en milieu rural et pour la protection de la femme contre la violence, explique-t-elle avec son habituel sourire.

Que sont ils devenus ?

Fraj Arfaoui est parti lui aussi à la retraite, en 2016, après avoir passé 34 ans et demi dans l’entreprise où il était directeur des relations client au centre d’appel. «Revoir aujourd’hui tous mes collègues ayant travaillé au même moment que moi dans l’entreprise me fait plaisir et m’émeut aux larmes. Nous avons vu ensemble TT se développer et devenir la grande entreprise qu’elle est aujourd’hui. Ces retrouvailles me font vraiment chaud au cœur», dit-il non sans émotion aussi.

Après sa sortie à la retraite, Fraj Arfaoui, dont l’épouse est Kaouther Arfaoui, responsable au service commercial de TT, a retrouvé de nouvelles raisons de vivre : «Je savoure autrement la vie. Je m’occupe de ma famille. J’essaie de me rattraper et de lui donner ce dont je l’ai privée par le passé. Je donne un peu plus de temps à ma fille, expert comptable, et à mon garçon encore à la fac où il fait de l’informatique».

Dalenda Ben Hamida se dévoue, elle aussi, à sa famille, en élevant, notamment, son petit-fils. Cela ne l’empêche pas d’avoir un projet en tête : faire de la peinture. Elle adore peindre des petits et grands formats et même faire du crochet. Ses deux voisines, Leila Chaabani et Monia Zgholli, sont dans le même état d’esprit. Cette dernière refuse d’être casanière et veut mordre la vie à pleines dents. «Je m’occupe pour le moment de mes 3 grands enfants : l’aîné va se marier le 24 février prochain, la cadette se mariera elle aussi l’été prochain et le plus jeune, qui a 23 ans, est aujourd’hui en master. Mais de tempérament active et refusant d’être casanière, je prends ma voiture et je sors souvent, pour boire un café avec mes amies, faire les magasins ou tout simplement me balader», dit-elle.

Au rythme du mezoued

Une bande des copains sont attablés ensemble. L’un d’eux, Khalifa Barhoumi, originaire de Sidi Bouzid, s’est reconverti dans l’élevage: il élève des moutons puis les revend. «J’ai aujourd’hui 50 bêtes et vous n’avez pas idée de ce que je gagne comme argent», raconte-t-il à ses amis.

Mongi Khelili de Siliana, a choisi, quant à lui, de s’occuper de son oliveraie, où il s’est construit une maison. «Je viens de planter, il y a 5 ans, des pieds d’oliviers et j’attends encore les premières cueillettes», dit-il, plein d’espoir, en soulignant qu’il a, aujourd’hui, davantage de temps à consacrer à son épouse qui lui a donné 3 enfants, une fille déjà mariée et 2 garçons, l’un au Qatar et l’autre en Italie. Brahim Toumi, de Tunis, s’est reconverti, lui aussi, dans l’agriculture. Ses spécialités, les fruits et légumes et les oliviers. Taïeb Ghanmi, de Bizerte, a un autre projet en tête : acheter bientôt un camion pour le transport de marchandises. Lotfi Medi, de Kebili, qui a la fibre plus artistique, a créé une troupe de musique populaire. La retraite est pour lui une opportunité pour s’adonner au mezoued, sa passion de toujours.

Pour Mongi, Brahim, Taïeb et Lotfi, comme pour tous leurs anciens collègues, la vie continue, en somme, comme un long fleuve tranquille.

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