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Bardo : Des islamistes manifestent contre le rapport de la Colibe

Des islamistes de tous bords, et notamment du parti Ennahdha, ont laissé éclater leur colère contre les propositions, trop libérales à leur goût, du rapport de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe). 

Des imams, des hommes et des femmes se sont rassemblés aujourd’hui, samedi 11 août 2018, devant le siège de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) au Bardo (Tunis), pour protester contre les propositions de la Colibe relatives aux libertés individuelles, à l’égalité successorale entre les deux sexes, à la dépénalisation de l’homosexualité et à l’abolition de la peine de mort, qui sont selon eux contraires aux préceptes de la charia, la loi islamique, et risquent, si elles sont inscrites dans la pratique, de déstabiliser la famille et la société (pas moins!)

Cette marche de protestation a été organisée à l’initiative de la Coordination nationale du Coran, de la Constitution et du Développement équitable (CNCCDE), présidée par Noureddine Khademi, ancien ministre des Affaires religieuses au gouvernement islamiste de Hamadi Jebali (2012-2013).

Les manifestants ont scandé des slogans hostiles à Bochra Belhaj Hmida, députée du bloc National  et présidente de la Colibe, et à ses collègues. Ils criaient «Allahou Akbar» et récitaient des versets coraniques, comme s’ils étaient des musulmans en guerre contre des mécréants.


Notons que les détracteurs de la Colibe n’ont cessé de faire circuler sur les réseaux sociaux des rumeurs infondées voire des mensonges sur les propositions de la Colibe, affirmant que son rapport incite à la débauche et contient des propositions contraires à la morale, au Coran et à la charia, la loi islamique, dont ils estiment être les dépositaires.

Au-delà des déguisements habituels, Ennahdha continue de jouer un double jeu: le parti islamiste garde un pied dans le gouvernement pour poursuivre le processus d’islamisation rampante de l’administration publique et de la société, et un autre pied dans l’opposition radicale au nom d’un islam moyenâgeux, qui n’a rien à voir avec les choix des Tunisiens contenus dans la constitution de 2014, laquelle garantit les libertés individuelles et stipule l’égalité entre l’homme et la femme.

Parions que le jour où il aura la totalité du pouvoir, le parti Ennahdha fera abroger cette constitution pour la conformer au texte de la charia!

E. B. A.

Tunis : Les islamistes manifesteront, samedi, contre les libertés et l’égalité

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