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Rétrospective Youssef Chahine à la Cinémathèque Tunisienne

Youssef Chahine avec le critique de cinéma tunisien Mohamed Mahfoudh. 

La Cinémathèque Tunisienne organise, du 30 octobre au 3 novembre 2018, à la Cité de la Culture de Tunis, une rétrospective sélective dédiée au cinéaste égyptien Youssef Chahine, avec la projection de onze films représentatifs de sa prolifique filmographie.

L’œuvre de Chahine qui est tout, sauf monolithique, explore une Egypte plurielle et impose une expression personnelle au sein d’une industrie cinématographique strictement commerciale.
Ayant commencé son parcours de cinéaste en 1950, avec des films populaires, Chahine s’affirme, d’un compromis à l’autre, comme un auteur engagé, turbulent, parfois contestataire. Le film qui marqua sa carrière et le fit connaître parmi les grands cinéastes du XX° siècle, fut sans aucun doute ‘‘Gare Centrale’’, en 1958.

Témoin des contradictions de son pays, Chahine critique l’affairisme, interroge la position de l’intellectuel arabe, se solidarise du monde paysan, analyse les rapports de classes, soutient des positions anticolonialistes, fait face à la censure et à l’obscurantisme religieux. Ainsi, peut-on lire, en filigrane de son œuvre, toute l’histoire contemporaine de l’Égypte, du roi Farouk à l’épopée nassérienne, de la défaite de 1967 (la Guerre de Six Jours) à la montée actuelle de l’intégrisme.

On peut également y trouver toute l’évolution formelle du cinéma égyptien : des comédies musicales et mélodrames hollywoodiens, à l’influence du néo-réalisme italien puis du cinéma soviétique, à travers la peinture du monde rural et la grande fresque nationaliste hagiographique.

Se voulant accessible au grand public, le cinéma de Chahine, volontairement éclectique, se plaît à brasser les genres et les styles. Du mélodrame, à l’’opérette, en passant par le film d’époque, Chahine surprend et enthousiasme avec son brio et sa verve. Aussi à son aise dans les paysages naturels que dans les décors en carton-pâte des studios du Caire qui furent son univers de prédilection, il livre à la postérité une œuvre empreinte d’humanisme et d’idéal.

Dès 1970, les Journées cinématographiques de Carthage décernent à Youssef Chahine un Tanit d’Or pour l’ensemble de son œuvre. Cette reconnaissance fut déterminante pour son évolution.

En 1978, Alexandrie Pourquoi? Qui remporte un Ours d’argent et le Grand Prix du jury au Festival de Berlin, ouvre la voie à une réflexion sur l’intime au regard de l’histoire personnelle et collective.

Quatre ans plus tard, poursuivant sa quête autobiographique, l’enfant terrible du cinéma égyptien, réalise ‘‘La Mémoire’’ puis, en 1990, ‘‘Alexandrie Encore et Toujours’’ et enfin ‘‘Alexandrie-New York’’, en 2004, bouclant ainsi une tétralogie où il se révèle à lui-même.

En 1997, le festival de Cannes, en attribuant le prix de son cinquantième anniversaire, au ‘‘Destin’’ récompense la longévité d’une carrière forte d’une quarantaine de films.

Cet hommage que la Cinémathèque Tunisienne et les Journées cinématographiques de Carthage consacrent à l’inoubliable Youssef Chahine, est rendu possible par la toute récente numérisation et restauration de son œuvre complète, à l’initiative de Misr International Films.

L’exposition de photographies et d’affiches qui l’accompagne est le fruit de la coopération entre le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI) et la Bibliothèque nationale de Tunisie. Les affiches ont été prêtées par le collectionneur Sameh Fathi qui est également l’auteur d’ouvrages sur le cinéma égyptien.

Source : communiqué.

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