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Le HCR rappelle la Tunisie à l’ordre à propos de l’accueil des réfugiés

Le directeur Europe du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le Français Vincent Cochetel, a déclaré, cette semaine, que la distribution des réfugiés et des demandeurs d’asile en Tunisie «a besoin d’être améliorée.»

Par Marwan Chahla

Pour le haut responsable onusien, il s’agit d’«empêcher que ces centres d’accueil ne se transforment en des lieux de concentration pour personnes traumatisées.»

Selon les chiffres du HCR, obtenus par l’agence ANSAmed, à la date du 31 mars 2019, la Tunisie abritait 1 581 demandeurs d’asile et 211 réfugiés, soit un total de 1792 personnes exilées dans notre pays.

La proportion la plus importante de ces ressortissants étrangers qui ont trouvé refuge dans notre pays sont d’origine syrienne: ils sont au nombre de 1 031, soit plus de 57% du total. Les autres personnes étrangères présentes sur le territoire tunisien sont de nationalités palestinienne, irakienne, yéménite, soudanaise, érythréenne, éthiopienne, camerounaise et somalienne.

Autre détail inquiétant: selon le HCR, une moyenne hebdomadaire de 10 personnes rejoignent ce groupe de réfugiés que notre pays accueille.

Pour Vincent Cochetel, ces personnes «ont besoin d’être mieux distribuées», insistant notamment sur le centre d’accueil Ibn Khaldoun de Médenine, qu’il a récemment visité et où il a pu constater que la tension monte entre les 486 demandeurs d’asile de ce camp et la population locale. Il s’agit, selon le haut responsable onusien, «d’un choc de cultures entre les deux communautés.»

De l’aveu même de Vincent Cochetel, le fait qu’initialement ce centre d’accueil n’avait pas été conçu pour abriter autant de réfugiés n’arrange pas les choses.

De plus, l’envoyé du HCR fait observer que plusieurs des résidents du centre Ibn Khaldoun sont arrivés directement de Libye et que leur expérience malheureuse lors de leur passage dans ce pays – c’est-à-dire les conditions de leur détention dans les prisons libyennes et les mauvais traitements en tous genres qu’ils ont subis aux mains des trafiquants de personnes et des esclavagistes – n’ont pas manqué de laisser de graves séquelles…

Outre les souffrances de ces «damnés de la Terre» et leurs traumatismes, il y a cette réalité de leur sort à laquelle ni la Tunisie ni le HCR n’a une réponse: l’écrasante majorité de ces demandeurs d’asile souhaitent se rendre en Europe.

Et quoi que notre pays puisse faire pour améliorer leur séjour et pour leur offrir un traitement digne de personnes humaines, rien ne vaut aux yeux de ces exilés «l’eldorado» européen (?).

Marwan Chahla

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