Après la démission de Khalil Zaouia, ministre des Affaires sociales de l'Assemblée nationale constituante (Anc), trois autres responsables politiques continuent de cumuler des fonctions de ministre et de député.
Les responsables en question sont Abderrahmane Ladgham, ministre chargé de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption (Ettakattol), Abdelwahab Maâtar, ministre du Commerce et de l'Artisanat, et Slim Ben Hamidane, ministre des Domaines de l'Etat et des Affaires foncières (Congrès Pour la République).
Tout en exprimant sa satisfaction après l'annonce de la démission de M. Zaouia, l'association Al Bawsala qualifie cette décision de «tardive», mais «responsable», alors que «l'Assemblée ébauche la phase finale dans le processus de rédaction de la Constitution.»
Dans un communiqué publié vendredi, l'association Bawsala, qui s'est dédiée à l'observation des activités de l'Assemblée, déplore qu'«à quelques semaines des votes sur la constitution, le taux d'absence des élus cumulant une fonction législative et une fonction exécutive.»
«Ces absences sont une marque d'irrévérence pour tant de citoyens dont la voix se retrouve non représentée lors de votes cruciaux pour l'avenir de la nation», ajoute Bawsala, qui appelle les dirigeants politiques à «bannir la culture du cumul des mandats», à tous les échelons, de la collectivité territoriale au gouvernement, en passant par l'Assemblée.
L'association regrette, qu'après la révolution, «nous continuons de voir perdurer une non séparation entre les pouvoirs comme du temps de l'ancien régime.» Elle appelle les élus ayant un pied à l'Assemblée et un autre au gouvernement «à démissionner dans les plus brefs délais d'une de leur fonction». Elle appelle également leurs groupes parlementaires «à œuvrer dans ce sens pour faire preuve d'exemplarité.»
I. B. (avec communiqué).