Le ministre des Affaires religieuses rejette toute responsabilité de son gouvernement et de son département dans le développement de l'extrémisme religieux en Tunisie.

 

Noureddine El Khadmi ne se contente pas de nier tout lien entre la propagation de la pensée jihadiste et l'envoi de jeunes tunisiens en Syrie, d'un côté, et les prêches dans les mosquées de l'autre, il en rejette la responsabilité sur la société dans son ensemble, comme le font souvent les dirigeants d'Ennahdha, à chaque fois qu'ils sont pris en faute ou que leurs incompétence et/ou calculs politiques sont dévoilés.

L'envoi de jihadistes tunisiens en Syrie «est une question complexe qui implique plusieurs intervenants à commencer par la famille, la société civile, les organisations et les partis, et enfin les gouvernements successifs après la révolution outre l'Assemblée nationale constituante (Anc)», a estimé le ministre, jeudi, lors de la séance de dialogue avec le gouvernement tenue à l'Anc et consacrée aux mesures arrêtées par le ministère pour stopper le départ de jeunes tunisiens en Syrie.

«L'enrôlement de jeunes jihadistes tunisiens ne se pose pas uniquement en rapport avec les prêches donnés dans certaines mosquées mais il est nourri par les chaînes satellitaires», a assuré le ministre, bottant ainsi très courageusement en touche.

Au sujet des informations selon lesquelles des armes se trouvent dans certaines salles de prière, Noureddine El-Khadmi a affirmé que son département étudie sérieusement ce qui se dit à ce propos, tout en niant le fait que des armes aient été découvertes dans une mosquée ou une salle de prière.

En d'autres termes, les jihadistes repliés sur le Jebel Châmbi ne sont pas «nos enfants», selon la célèbre expression de Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha (au pouvoir), mais des individus tombés du ciel.

Alors de trois choses l'une : M. El-Khadmi est un naïf, qui croit vraiment à ce qu'il dit, ou un ministre mal informé ou mené en bateau par ses «employeurs» nahdhaouis ou encore un fieffé menteur.

I. B.