L'anarchie qui règne aujourd'hui en Tunisie est due à certaines parties au pouvoir mues par la logique d'un butin à partager et qui gardent le silence vis-vis de certains mouvements qui bafouent les principes de l'Etat, estime Mustapha Filali.
Le dirigeant syndicaliste et ex-ministre sous le président Habib Bourguiba (et membre de l'Assemblée nationale constituante en 1956), Mustapha Filali, a déclaré, lors de son intervention jeudi à l'ouverture de la seconde phase du Dialogue national, une initiative de l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt), que «le pays sombre dans une rare anarchie.»
Selon lui, cet état des lieux est dû au comportement de quelques parties à la tête du pouvoir. «C'était depuis le jour où le drapeau national a été profané. C'était le jour où la mosquée Zitouna a été violée, et les cours dans nos facultés ont été interrompus à cause d'un mouvement idéologique qui veut imposer aux Tunisiens un mode de vie particulier. C'était depuis que certaines parties se sont comportées avec la logique d'un butin à distribuer. Depuis qu'on a mis les feux dans les postes de police, des écoles...», a déclaré l'ancien militant nationaliste.
M. Filali, qui fut ministre, diplomate, député et dirigeant syndicaliste, a précisé aussi que «les racines de l'anarchie ont été plantés par nos propres mains au lendemain de la révolution. C'était le jour où le pouvoir a accepté que des parties nuisent à l'autorité de l'Etat, en gardant le silence et en laissant faire les forces de la ''fitna'' (discorde, par allusion aux groupes islamistes extrémistes, Ndlr)».
Selon M. Filali, qui a terminé son discours sur un ton pessimiste: «Nous sommes aujourd'hui impuissants face au manque d'investissement et au tourisme qui n'arrive pas à décoller».
Z. A.