nejib chebbi 5 20Les violences d'Ansar Al-Chariâ, un mouvement proche d'Al-Qaïda, sont, en partie, imputables à Ennahdha, le parti islamiste au pouvoir, qui a été «laxiste» avec les islamistes radicaux, estime Néjib Chebbi.

Dans une interview à Europe 1, diffusé lundi matin, à propos des heurts qui ont fait, dimanche, à Kairouan et à la cité Ettadhamen, à Tunis, un mort et une quinzaine de blessés, le président du Haut comité politique du Parti républicain (Al-Jomhouri) a déclaré : «Nous avons souffert d'un laxisme de la part du gouvernement et particulièrement du ministère de l'Intérieur qui était dirigé par l'actuel chef du gouvernement».

Ce gouvernement «a montré une certaine complaisance face à la violence salafiste. Nous avons assisté à l'attaque de galeries d'art, de réunions publiques... On est arrivé à l'assassinat de Chokri Belaïd», a encore déploré l'opposant à Europe1.

«Face a cette violence, nous n'avons vu aucune réaction rigoureuse de la part de l'Etat. Certaines fractions du mouvement Ennahdha – je ne l'accuse pas dans sa totalité – y voyaient une force de réserve à laquelle ils recourraient en cas de dangers ou comme une force de manœuvre», a poursuivi Néjib Chebbi.

Pour le leader de centre-gauche, les salafistes ne croient pas «aux élections» qu'ils assimilent à une «hérésie, une déviance». Leur exemple, selon lui, c'est «l'Afghanistan des talibans»! «Ce sont des rigoristes absolus. Ils sont prêts à se faire tuer», explique-t-il. Il déplore, par ailleurs, la «conception simpliste mais dangereuse» de ces extrémistes religieux.

Cette conception, M. Chebbi la résumé ainsi : «L'homme est vicaire de Dieu et il interprète sa volonté. Il a pour mission d'appliquer la volonté divine par le recours à la violence. On ne peut pas vivre en démocratie comme ça».

En conclusion, M. Chebbi «appelle les Tunisiens à l'unité contre le terrorisme qui ne doit pas être l'apanage d'un gouvernement qui a fait preuve de beaucoup de défaillances».

Il appelle aussi les partenaires européens et de la région «à être solidaires de la Tunisie et soutenir la transition démocratique».

I. B.