cour appel tunis 5 21Une cour d'appel tunisienne a remis en liberté Widad Al-Hamani, une conseillère juridique libyenne soupçonnée de corruption par les autorités libyennes.

Mme Al-Hamani est accusée par les autorités de Tripoli d'être complice dans une affaire de corruption et d'évasion de fonds et un mandat d'arrêt Interpol a été émis à son encontre, à la demande de la justice libyenne

C'est ce qu'a rapporté le quotidien libyen de langue anglais ''Libya Herald''.

Widad Al-Hamani était détenue dans une prison pour femmes en Tunisie. Selon la justice révolutionnaire libyenne, Mme El Hamani, 46 ans, était collaboratrice très proche d'Ibrahim Goweil, procureur général sous le régime Kadhafi, qui a fui le pays quelques semaines avant la prise finale du pouvoir par les révolutionnaires libyennes.

Il est reproché à Widad Al-Hamani d'avoir aidé son patron Ibrahim Goweil dans une opération illégale de transfert de fonds mal acquis hors du pays. La Libye révolutionnaire aurait souhaité que Mme Al-Hamani soit extradée...

Le ''Libya Herald'' s'interroge (sans trouver de réponse) sur les raisons et les conditions qui ont permis à Widad Al-Hamani d'obtenir sa liberté. Le quotidien libyen attire également l'attention sur le fait qu'il n'a pas pu avoir de clarification sur cette question auprès du ministère libyen de la Justice.

Est-ce à dire, tout simplement, qu'il y a dysfonctionnement dans la coordination entre les justices tunisienne et libyenne? Ou que Tunis, traumatisée par la très controversée extradition de Baghdadi Mahmoudi, l'ancien Premier ministre de Mouammar Kadhafi, a laissé faire la justice et évité de politiser l'affaire?

Marwan Chahla

Illustration: Cour d'appel de Tunis.