Les femmes ont été séparées des hommes lors de la rencontre présidée, aujourd'hui, par Rached Ghannouchi à l'hôtel Africa à Tunis. Une première dans le pays depuis l'indépendance. La fin de la mixité est-elle déjà programmée?
Cette question a été posée, aujourd'hui, par les participants à la rencontre-débat sur la «chariâ dans le domaine politique», en présence notamment du ministre des Affaires religieuses Noureddine Khademi et le mufti de la république Othman Battikh. Le premier a sans doute apprécié, alors que le second, issu de l'enseignement ouvert de la mosquée Zitouna, a dû se poser des questions sur le sens de cette séparation.
Pour le reste, il n'y a pas grand-chose à signaler : un discours redondant où on a rendu hommage à la révolution qui a permis d'ouvrir le débat sur les questions religieuses : les relations entre les textes sacrés et le vécu des gens et les raisons qui ont amené Ennahdha a accepter que la chariâ ne soit pas inscrite dans le texte de la constitution.
Oh, quelle concession? Quel sacrifice? Doit-on en être éternellement reconnaissant à M. Ghannouchi et à ses partisans?
Une précision de M. Ghannouchi n'a pas échappé à la perspicacité des présents et qui trahit l'état d'esprit des gens d'Ennahdha, qui donnent l'impression de donner d'une main ce qu'ils retirent concrètement par l'autre.
M. Ghannouchi a dit, en effet, que les députés sont en train de fournir un effort considérable pour trouver les mots qu'il faut pour que la constitution soit à la fois moderne et... inspiré de la chariâ.
Traduire : la chariâ, sortie de la porte du préambule, revient par la fenêtre. Elle sera présente de manière diffuse dans les principaux articles de la constitution.
Z. A.