Selon la veuve Basma Khalfaoui, Moncef Marzouki est revenu, devant le juge, sur ses déclarations à propos des menaces d'assassinat de son mari Chokri Belaïd. Idem pour Nejib Chebbi. Quant à l'enquête, elle n'avance pas.
L'affaire de l'assassinat de Chokri Belaïd traîne en longueur et malgré les pistes évoquées par les avocats, la situation reste bloquée, a indiqué Basma Khalfaoui au journal ''El Watan''.
Dans une interview publiée, vendredi, par le journal algérien, l'épouse de Chokri Belaïd a affirmé que Moncef Marzouki, président provisoire de la république, avait dit à Chokri Belaïd, qu'il avait reçu au Palais de Carthage: «Les menaces proférées contre vous sont sérieuses et je dois assurer votre sécurité». Chokri avait refusé qu'on mette à sa disposition des gardes du corps. Mais, curieusement, quand M. Marzouki a été entendu par le juge d'instruction après l'assassinat de Chokri, il a nié en bloc les propos qu'il avait pourtant tenus à Chokri. Il a dit au juge: «Non, je ne lui ai rien dit.»
Basma Khalafaoui, qui accuse le président Marzouki de mensonge, a ajouté que Nejib Chebbi, lui aussi, a nié des faits lors de son audition par le juge chargé de l'affaire de l'assassinat.
«Pas seulement Marzouki d'ailleurs, Ahmed Néjib Chebbi aussi a nié devant le juge avoir dit à Chokri qu'il était menacé. Marzouki a menti au juge d'instruction. Je ne comprends pas quelle direction il prend. Et c'est pour cela que je refuse de le rencontrer. Il a voulu venir présenter ses condoléances, j'ai refusé et je refuse toujours. Parce qu'il ne veut pas participer à faire ''éclater'' la vérité. Il n'est pas sans savoir qu'un processus de violence s'installe dans le pays auquel lui-même participe en acceptant de recevoir, au palais de Carthage, les Comités de la protection de la révolution qui terrorisent les gens et qui utilisent la violence. Aucune prise de décision de sa part, aucune déclaration qui condamne au moins la responsabilité politique de ce gouvernement. Donc moi, je ne peux pas l'accepter chez moi», a-t-elle ajouté.
Z. A.