ghannouchi morsi 6 3Hier, Rached Ghannouchi a entamé une visite de deux jours en Egypte pour rencontrer un certain nombre de responsables du pays «afin de renforcer les relations politiques entre l'Egypte et la Tunisie».

''Ahram Online'', qui rapporte cette information, rappelle que les peuples tunisien et égyptien ont lancé, à une dizaine de jours d'intervalle, leurs révolutions en 2011.

Outre cette concomitance des deux soulèvements et les grands espoirs qu'ils ont suscités auprès des Tunisiens et des Egyptiens, les deux révolutions (des 14 et 25 janvier 2011) ont, hélas, enfanté de grandes désillusions, les mêmes impasses, les mêmes incertitudes, les mêmes menaces qui n'ont jamais cessé de peser sur la stabilité des deux pays et les mêmes divisions des deux peuples. Bref, que ce soit pour Ennahdha, en Tunisie, ou les Frères musulmans, en Egypte, le bilan de leurs prises du pouvoir n'est indéniablement pas un motif de fierté et les dégâts qu'ils ont causés, les uns et les autres, sont quasiment irréparables.

Quels sujets Rached Ghannouchi et les dirigeants des Frères musulmans égyptiens pourront-ils évoquer lors de leurs entretiens? Auront-ils l'honnêteté, dans le huis clos de leurs réunions (eux qui craignent Dieu!), de reconnaître qu'ils ont bel et bien échoué, qu'ils sont incompétents et qu'ils ont desservi la Révolution? Auront-ils le courage de regarder la réalité de leurs nombreux échecs en face et de décider de se retirer sur la pointe des pieds avant qu'il ne soit tard, trop tard?

En effet, il paraît de plus en plus clair que, en Tunisie aussi bien qu'en Egypte, une autre révolution se prépare, et que celle-ci risque d'être plus violente et plus dévastatrice que celles qui ont mis Ben Ali et Moubarak hors d'état de nuire.

Marwan Chahla