«J'ai démissionné du Conseil de la Choura d'Ennahdha depuis février 2013 pour me consacrer à l'action syndicale», a déclaré, vendredi dernier, le nouveau président de l'Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche (Utap), Abdelmajid Zar.
Que M. Zar respecte une nouvelle clause du statut de l'organisation, adoptée en motion lors du congrès tenu à Sousse, du 28 au 31 mai, interdisant le cumul des responsabilités politiques (au sein des partis) et syndicales (dans l'organisation agricole), cela est la moindre des choses, mais cela ne signifie nullement qu'il a coupé tous les ponts avec son parti.
Par ailleurs, les voix qui s'élèvent au sein de l'organisation pour protester contre la mainmise du parti au pouvoir sur l'Utap ont de bonnes raisons d'avoir des craintes quant à un possible retour à la case d'avant le 14 janvier 2011, lorsque le patron de l'organisation recevait ses instructions directement du palais de Carthage.
M. Zar, qui occupait le poste de vice-président au sein de la direction sortante, a été élu président avec 98 voix contre 19 au profit de son unique concurrent Abdallah Hamid Dridi, sur un total de 117 votants. Son élection est on ne peut plus démocratique. Il convient cependant de rappeler que le parti islamiste avait déjà pris le contrôle de la majorité des unions régionales, aidé en cela par les autorités régionales et locales (gouverneurs, délégués, commissariats régionaux de l'agriculture...).
Conséquence : l'élection, pour démocratique qu'elle fut, a été une simple formalité, dernier acte d'une pièce rendement menée dont M. Zar était principal protagoniste.
Avec un ministre de l'Agriculture, Mohamed Ben Salem, issu du même parti, les agriculteurs devraient se demander si leurs intérêts vont être réellement défendus par la nouvelle nomenclature qui se met en place.
I. B.