aziz krichen 6 18«Ennahdha, qui a échoué à démanteler l'ancien système et à mettre à sa place un nouveau, ne considère pas le projet de loi d'immunisation de la révolution comme une question de principe, mais comme un moyen d'exclure son adversaire politique».

C'est ce qu'a déclaré Aziz Krichen, conseiller politique du président provisoire de la république, lors de la proclamation, lundi 17 juin, par un certain nombre de partis, de la création d'une coordination des forces de la révolution.

Selon M. Krichen, ce qui s'est passé en Tunisie le 14 janvier 2011 n'était pas une révolution, mais un coup d'Etat. Il a donné comme preuve l'apparition, après la fuite de l'ex-président, de Mohamed Ghannouchi, ex-Premier ministre, pour parler au nom de la révolution. Ce qui accrédite, selon lui, la thèse que ce qui s'est passé était un coup d'état et un complot contre la révolution, conduits par des proches de Ben Ali.

Aziz Krichen, l'une des figures du mouvement de gauche ''Perspectives tunisiennes'' ayant rejoint le Congrès pour la république (CpR) au lendemain de la révolution, a estimé qu'au lendemain des élections du 23 octobre 2011, on aurait dû mettre les symboles de la corruption en prison, or, la Troïka et, surtout, le parti Ennahdha a échoué à démanteler l'ancien système et à mettre un autre à sa place.

Selon lui, «Ennahdha ne considère pas le projet de loi d'immunisation de la révolution comme une question de principe, mais comme un moyen d'exclure son adversaire politique», par allusion à l'ex-Premier ministre et leader du parti Nida Tounes, Béji Caïd Essebsi.

I. B.