zied lakhdar 6 18Parmi ses déclarations au quotidien ''L'Humanité'', Zied Lakhdhar, porte-parole du parti Watad, pense que le président français François Hollande doit annuler son voyage en Tunisie. «Ce serait un geste positif pour aider le pays à sortir de l'impasse», a-t-il dit.

 

Zied Lakhdhar, porte-parole du Parti des patriotes démocrates unifié (Watad), qui a succédé en mars dernier à Chokri Belaïd, assassiné le 6 février, a dressé un tableau noir de la Tunisie post révolution et demandé à François Hollande de ne pas se rendre en Tunisie, le 4 juillet prochain.

Selon Zied Lakgdhar, l'enquête sur l'assassinat de Chokri Belaïd «piétine» et il n'y a pas une décision politique du gouvernement de la troïka, dominé par le parti islamiste Ennahdha, pour trouver l'auteur ou les auteurs de ce crime. «Je crois sincèrement que, dans la situation actuelle, s'abstenir de venir en Tunisie serait un geste positif pour aider le pays à sortir de l'impasse».

Dans le même ordre d'idées, le dirigeant du Watad est revenu sur les procès des militants, artistes, journalistes... qui se sont multipliés depuis les élections du 23 octobre 2011. «Tout est fait pour élimer les libertés que les Tunisiens ont conquises et tentent d'exercer au quotidien... Les attaques contre les libertés s'aggravent», a-t-il déclaré.

Interrogé à propos de la politique de Rached Ghannouchi, Zied Lakhdhar n'a pas caché sa déception. Selon lui, le chef islamiste est rentré au pays au lendemain de la révolution et a promis aux Tunisiens «le modèle turc... Cet exemple turc vient de dévoiler sa vraie nature. C'est en fait un modèle néolibéral, autoritaire, à visage islamiste.». Et de s'attaquer frontalement au chef islamiste: «Il est un adepte du double discours. Il tient un langage à ses ouailles, ici, en Tunisie. Il en tient un autre en Occident. Aux États-Unis, il se dit, la main sur le cœur, opposé à toute sanction du blasphème. En Tunisie, lui et ses partisans font la chasse à tous ceux qui expriment un point de vue critique sur la religion».

Z. A.