salah chouaieb 6 29«Ceux qui appellent aujourd'hui à la protection de la révolution sont les premiers à la violer, cherchant à tout prix – et avec le mensonge et l'esprit de vengeance – à protéger leurs sièges et leurs privilèges.» Vidéo.

C'est ce qu'a déclaré, vendredi, à l'Assemblée nationale constituante (Anc), le député Salah Chouaïeb (indépendant depuis sa démission en avril 2012 d'Ettakatol), à propos du projet de loi dit d'immunisation de la révolution, présenté par le parti islamiste Ennahdha, et ses deux succursales, le Congrès pour la république (CpR) et Wafa.

Selon M. Chouaïeb, ceux qui crient plus fort que tout le monde à l'immunisation de la révolution sont des intrus.

«Ils n'ont rien à voir avec la révolution. Ils ont suivi cette révolution faite par des jeunes à partir de leurs châteaux à l'étranger. Ce sont des gens qui ont signé auparavant des accords avec Ben Ali, aujourd'hui en fuite», a-t-il rappelé, par allusion aux principaux dirigeants d'Ennahdha, à commencer par leur chef Rached Ghannouchi.

Salah Chouaïeb a notamment rappelé que «Ben Ali n'est plus là. Des hypocrites ont retourné leurs vestes et sont aujourd'hui en train de financer le nouveau parti au pouvoir. Ce sont ces mêmes gens qui ont lâché Bourguiba au profit de Ben Ali». Le député a stigmatisé les «hypocrites et menteurs qui n'ont aucun principe» et qui changent de position selon la direction du vent.

«Nous devons protéger, aujourd'hui, notre révolution contre ces gens qui l'ont violée avec du mensonge, en instrumentalisant les gens pauvres et la religion et qui n'ont rien à voir avec la révolution. Ils appellent, non à l'immuniser, mais à protéger leurs fortunes et sauver leurs sièges par n'importe quel moyens», a aussi déclaré M. Chouaïeb.

Le député indépendant a averti, en conclusion, que les jeunes qui ont fait la révolution sont en train d'appeler aujourd'hui «à refaire cette révolution violée par des hypocrites».

Et d'enchainer avec un vieux adage tunisien: «Nous avions un bœuf qui nous a enfanté un veau et nous étions soulagés. Mais voilà, ce veau sent plus mauvais que son père».

Z. A.