Réagissant à la situation en Egypte, le président provisoire de la république, Moncef Marzouki, a stigmatisé ce qu'il a qualifié d'«ingérence de l'institution militaire dans les affaires politiques.»
Dans une déclaration rendue publique jeudi, M. Marzouki a indiqué que «l'intervention directe de l'institution militaire dans les affaires politiques est inacceptable sur le plan international et dans les lois de l'Union africaine, car elle aggrave la crise au lieu d'aider à sa solution, en élargissant le cercle de la violence et de l'extrémisme, qui pourraient se nourrir de ce qui s'est passé si le processus démocratique n'est pas remis sur les rails dans les plus brefs délais».
M. Marzouki a déploré le fait que «les Egyptiens n'aient pas pu régler leurs problèmes de manière à préserver leur unité nationale, à consolider le processus démocratique et à éviter la division de la rue égyptienne.»
«Il aurait été préférable de renforcer la légitimité électorale par une légitimité consensuelle, seule garante de l'unité du peuple», a encore indiqué M. Marzouki.
Le président provisoire de la république appelle, par ailleurs, «les parties égyptiennes à garder le calme et à éviter tout ce qui pourrait creuser le fossé au sein du peuple égyptien, préparer les conditions de la réussite de la réconciliation nationale dans les plus brefs délais et rendre le pouvoir à un gouvernement civil élu démocratiquement.»
I. B.