Que pourrait cacher le message de Moncef Marzouki, président provisoire de la république, au Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, émir du Qatar?
Selon Adnene Mansar, porte-parole de la présidence provisoire de la république et chef du cabinet du président Moncef Marzouki, qui se trouve actuellement au Qatar, le message présidentiel à l’émir du Qatar concerne la coopération entre les 2 pays dans tous les domaines. «Le Qatar est l’un des pays partenaires depuis la révolution du 14 janvier. Le message du président à l’émir concerne la consolidation des relations bilatérales dans tous les domaines et l’incitation à l’investissement», a déclaré M. Mansar aux médias. Le chef du cabinet du président Marzouki a ajouté que le Qatar suit de très près l’expérience tunisienne et l’évolution de sa transition démocratique et a toujours apporté son soutien à l’Etat et aux associations œuvrant dans les domaines du développement. M. Mansar a rappelé aussi le rôle du Qatar dans l’aide aux familles démunies et le soutien aux associations caritatives, pour creuser des puits et construire des parcours agricoles dans les zones reculées. «Une commission conjointe vient d’être créée pour s’occuper des investissements qataris en Tunisie», a-t-il encore précisé, en rappelant les projets d’investissement en cours dans les secteurs du tourisme, de l’immobilier, ainsi que dans celui des finances. Voilà pour la langue de bois officielle. Oui, mais quoi d'autres? Les mauvaises langues disent, cependant, que le voyage de M. Mansar a un autre objectif: solliciter l’aide du Qatar pour le président Marzouki et son parti, le Congrès pour la république (CpR), en perspective des prochaines élections législatives et présidentielles, prévues avant la fin de cette année. La trésorerie du CpR étant proche du zéro, des flux d’argent qatari, via certaines associations écrans, pourraient aider à renflouer les caisses du tartour, qui ne saurait puiser indéfiniment dans le budget du Palais de Carthage et l’argent du contribuable pour financer sa campagne électorale, d’ailleurs déjà lancée. Les mauvaises langues sont, on le sait, par définition, mauvaises, et on ne peut leur faire crédit. Quoique, on ne perd rien à compter, à partir d’aujourd’hui, les dollars qui vont être versés dans les caisses de l’Etat tunisien par ces chers Qataris, qui sont très soucieux, les braves, de la réussite de la transition démocratique tunisienne. Si soucieux, d’ailleurs, qu’ils feraient tout pour la faire capoter. Car, quel mauvais exemple donnerait-elle aux citoyens des pays du Golfe. Z. A. Illustration: Entretien en Marzouki et l'émir du Qatar à New-York en septembre 2013. |