«L’islam est contre l’oppression de la femme et la femme a souvent été opprimée», a indiqué Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, dans un discours prononcé, samedi, à l’occasion de la Journée internationale de la femme. VIDEO.
Le parti islamiste a tenu a célébrer en grande pompe la Journée internationale de la femme en organisant, samedi soir, un meeting au Grand Hôtel d’El Menzah VII. Parmi les invités, la militante des droits de l’homme Sihem Ben Sedrine, issue de la gauche mais ralliée aux islamistes après la révolution de janvier 2011, Maherzia Laâbidi, vice-présidente de l’Assemblée nationale constituante (ANC) et l’ancienne ministre des Affaires de la femme et de la famille Sihem Badi, ancienne militante d’Ennahdha qui fait de l’entrisme au sein du Congrès pour la république (CpR), parti du président provisoire de la république Moncef Marzouki. Le meeting s’est déroulé en présence de militantes islamistes et notamment des députées Ennahdha et de plusieurs anciens ministres des gouvernements Hamadi Jebali et Ali Larayedh. «Je remercie tous les invités, dont l’ancien chef du gouvernement Ali Larayeh, les ambassadeurs et les députés», a lancé Rached Ghannouchi. Et d’enchaîner: «Je viens de rentrer d’Istanbul où j’ai assisté ce matin à la Fête de la femme. En fait, j’ai été invité en Turquie à l’occasion de la traduction de certains de mes titres à la langue turque. Nous faisons partie des Nations-Unies, qui fêtent la femme, et nous fêtons, nous aussi, la femme et soutenons sa cause. L’islam est contre l’oppression de la femme, mais la femme a souvent été opprimée». Rached Ghannouchi tient à honorer lui-même Sihem Ben Sedrine. La célébration a été agrémentée par des morceaux de musique exécutés par la troupe Al-Azifet, dirigée par Amina Srarfi. «Son père (le musicien Kaddour Srarfi, NDLR) était un ami (Ghannouchi ami des musiciens? C'est à vérifier, NDLR). Je salue Mme Srarfi. Je salue nos mères, nos femmes, nos filles», a indiqué Rached Ghannouchi. Et d’ajouter, un brin lyrique: «La femme a un rôle dans la société et il faut qu’elle fasse partie des décideurs dans le pays et au sein de la famille et non servir de simple décor dans les rassemblements… C’est elle qui fait bouger les choses et fait bouger le monde entier». Le président d’Ennahdha a été, comme à son habitude, très «dépensier», affectionnant l’hyperbole, qui est une forme de duplicité et de mensonge, caractéristiques du discours des islamistes, souvent d’ailleurs en opposition avec leurs actes. «Nous saluons la moitié de nos femmes qui vivent dans la campagne. 60% de nos femmes sont aujourd’hui non mariées et nous demandons au gouvernement de s’occuper d’elles», a cru devoir signaler M. Ghannouchi, sans préciser si son parti va continuer d’exiger l’abrogation des textes interdisant la polygamie pour permettre aux «barbus» d’épouser 4 femmes! Même s’il ne l’a pas dit, M. Ghannouchi y a sans doute songé et sa petite pensée pour les «ânisat» (femmes non mariées) n’a d’autre but que d’agiter cette perspective à des fins électorales... A la fin de la cérémonie, Ennahdha a offert à ses invitées un mechmoum en argent avec de l’ambre fixé au bout. Z. A. |