Walid Zarrouk demande au procureur de la république d’ouvrir une enquête sur les circonstances de la grâce accordée, en janvier 2012, au frère de l’ex-ministre de la Justice, Noureddine Bhiri.
Le secrétaire général du Syndicat de la police républicaine a adressé, lundi 17 mars, une lettre au procureur de la république lui rappelant que Néji Ben Abdallah Bhiri, alias «Djo», le frère de Noureddine Bhiri, avait été reconnu coupable de pédophilie sur un enfant de 8 ans, et condamné à une peine de 4 ans de prison. Il a été gracié, en 2012, lorsque son frère était ministre de la Justice. Pour lui, cette libération ne respecte pas le texte de la loi et la règle de l’équité. M. Zarouk estime que Noureddine Bhiri, Habib Sbouï, ancien directeur des Affaires pénales au sein de l’administration générale des établissements pénitenciers, Riadh Belkadhi, président de la Commission de la liberté conditionnelle, et les membres de celle-ci doivent être entendus par la justice pour abus de pouvoir, en vertu de la l’article 87 du code pénal. En effet, estime le syndicaliste, la grâce ne peut bénéficier aux prisonniers condamnés pour pédophilie ou pour viol sur mineur. Walid Zarrouk ajoute, dans sa lettre, que Néji Bhiri continue d’abuser de mineurs, et qu’il existe des vidéos où on le voit en compagnie d’adolescents, dans des positions perverses et en train de consommer de la drogue. Rappelons que la grâce accordée au frère de l’ex-ministre de la Justice, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution, a suscité beaucoup de critiques de la société civile, et notamment à Jebeniana (sud-est), où réside l’ex-détenu. Des habitants de cette ville ont même manifesté, à l’époque, demandant au président de la Commission de grâce et de liberté conditionnelle de répondre aux interrogations des Tunisiens… L’affaire a été oubliée, mais M. Zarrouk la remet à l’ordre du jour. Y. N. M.
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