caid essebsi 3 25Béji Caid Essebsi considère que l'Assemblée nationale constituante (ANC), dont la légitimité a pris fin depuis le 23 octobre 2012, est aujourd’hui une source de problèmes. Elle est, selon lui, à l'origine du blocage du processus transitoire.

L’ex-Premier ministre et actuel président de Nida Tounes, qui parlait au cours d'un entretien, lundi soir, sur la chaîne privée Nessma TV, a jugé «difficile» la tenue des prochaines élections dans les délais impartis, à savoir avant la fin de l’année 2014, d'autant qu'après l'inscription des électeurs, opération qui n'a pas encore démarré, l'Instance des élections aura besoin d'une période supplémentaire de 8 mois pour préparer les scrutins conformément aux standards internationaux, a-t-il indiqué, ajoutant que la conjoncture actuelle n'est pas favorable à l'organisation d’élections.

Contrairement à Ettakatol et Ennahdha, qui sont pour la tenue de la présidentielle et des législatives parallèlement, le président de Nida Tounes a indiqué que, par souci de pluralisme, il est préférable que la présidentielle soit organisée avant les législatives, ajoutant que cette question doit être tranchée dans le cadre du Dialogue National.

L’article 15 est périmé

Evoquant les différends qui persistent sur l'intégration de l'article 15 du décret loi 35 en date de 2011, dans la nouvelle loi électorale, M. Caïd Essebsi a estimé que ce texte – qui prévoit l'exclusion des personnes ayant assumé une responsabilité sous l'ancien régime ou dans le RCD dissous, des prochaines élections présidentielle et législatives –, est périmé et n’a plus de raison d’être.

Nida Tounes votera contre l’ajout de ce texte dans le nouveau code électoral, a affirmé M. Caïd Essebsi, relevant que les Rcdistes sont avant tout des citoyens qui ont pleinement le droit de participer à la vie politique tant que leur implication dans des affaires de corruption n'a pas été prouvée.

Interrogé sur la prestation du gouvernement Jomaa, le président de Nida Tounes a affirmé le soutien de principe de son parti à ce gouvernement, ajoutant que, jusque là, il n’a entrepris aucune action de fond, en particulier en ce qui concerne la révision des nominations partisanes au sein de l’administration, la garantie de la neutralité des mosquées et la dissolution des Ligues de protection de la révolution (LPR).

«Les menaces ne nous ferons pas peur»

Au sujet des menaces de mort qui pèsent sur sa personne, M. Caïd Essebsi a affirmé que le ministre de l'Intérieur l'a contacté pour l'aviser suite à des informations sûres parvenues à son département.

Il a assuré qu'il n'a pas, pour autant, changé de rythme de vie et qu'il continue à se comporter normalement tout en prenant les précautions nécessaires.

Dans un enregistrement vidéo posté sur sa page dans les réseaux sociaux, Caïd Essebsi avait accusé l’organisation terroriste Ansar Charia d'être à l'origine des menaces de mort le visant. Il a précisé qu'il avait déjà reçu d'autres menaces de mort de la part des membres de cette organisation et des LPR.

«Ces menaces ne nous font pas peur», a-t-il lancé, qualifiant les auteurs de ces menaces d’«ennemis de la Tunisie… qui ne représentent rien».

I. B. (avec Tap).