touhami abdouli Touhami Abdouli estime que les deux gouvernements de la Troïka, la coalition gouvernementale dominée par le parti islamiste Ennahdha, doivent des excuses aux Tunisiens pour les torts qu'ils ont causés au pays.

Le président du parti du Mouvement national, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse, lundi à Tunis, visant à mieux faire connaître son parti et ses positions relatives aux différents sujets de l'actualité, a demandé au gouvernement de Mehdi Jomaa de revoir les nominations des délégués et des omdas ainsi que celles des Pdg et directeurs généraux des entreprises publiques, et de ne pas s'arrêter à mi-chemin après le remplacement de 18 parmi les 25 gouverneurs que compte le pays, tous nommés sur le seul critère de leur appartenance au mouvement islamiste Ennahdha.

Contre l'exclusion politique

M. Abdouli a appelé aussi à mettre fin au mandat des membres de l’Assemblée nationale constituante (ANC) dès l'adoption de la loi électorale et de réaffecter les fonds qui leur sont alloués au profit des sans-emploi. Evoquant l'article 15 du décret loi n° 35 datant de 2011 – texte qui prévoit l'exclusion des personnes ayant assumé une responsabilité sous l'ancien régime ou dans le RCD dissous, des prochaines élections présidentielle et législatives, et que certains députés voudraient intégrer dans la nouvelle loi électorale –, M. Abdouli a indiqué que son parti est opposé à l'«exclusion politique», estimant que seule la justice est habilitée à priver une personne ou une partie de son droit de participer aux élections.

Le leader du Mouvement national a appelé, à ce propos, à la réconciliation nationale, une fois que les personnes mises en cause auront, dans le cadre de la justice transitionnelle, reconnu publiquement leurs torts et fait amende honorable, ajoutant que les deux gouvernements de la Troika – la coalition gouvernementale dominée par le parti islamiste Ennahdha qui a géré les affaires du pays entre décembre 2011 et janvier 2014 – doivent eux aussi des excuses pour les torts qu'ils ont causés à la Tunisie.

Le boulet de l'endettement

Sur le plan économique, M. Abdouli s’est inquiété de la hausse du taux d'endettement extérieur de la Tunisie, qui va atteindre 50% du PIB vers la fin de l'année en cours. En 2015, la Tunisie sera dans l'incapacité de rembourser ses dettes, a-t-il averti, déplorant que l’essentiel des prêts contractés aient été orientés à la consommation et au payement des salaires des nouveaux recrutés dans l’administration publique au lieu d'être investis dans des projets créateurs de richesses et d'emplois.

D'autre part, M. Abdouli a indiqué que le 1er congrès du Mouvement national, qui se tiendra, le 14 juin prochain, à Sfax, élira le bureau exécutif du parti et désignera son candidat pour la présidentielle, dans le cas où il n'y aurait pas de consensus autour d'un candidat unique issu du Front du Salut, auquel le Mouvement national a adhéré récemment, considérant qu’il pourrait avoir un poids électoral important sur la scène politique.

Le parti du Mouvement national a été créé le 25 juillet 2013. Il a rejoint, en février 2014, l'Union pour la Tunisie (UPT) formé notamment de Nida Tounes, d’Al-Massar (Voie démocratique et sociale), du Parti socialiste et du Parti du travail patriotique et démocratique.

I. B. (avec Tap).