Le changement à la tête du Tribunal administratif a été décidé par le gouvernement suite aux tensions prévalant au sein de cette juridiction.
C’est ce qu’a affirmé le bureau exécutif de l'Union des magistrats administratifs tunisiens (UMAT), mercredi, dans un communiqué, où il dénonce, par ailleurs, les «propos diffamatoires» visant son président Ahmed Souab, tenus par Raoudha Karafi, présidente de l'Association des magistrats tunisiens (AMT), au cours d’une conférence de presse, mardi. Raoudha Karafi, qui réagissait au limogeage et au remplacement des présidents du Tribunal administratif et de la Cour des Comptes, avait déclaré que la nomination des magistrats par le pouvoir exécutif est une grave ingérence dans les affaires de la magistrature, qui est contraire aux dispositions de la nouvelle Constitution et au principe d'indépendance du pouvoir judiciaire. Elle a, également, critiqué ce qu’elle a qualifié de «campagne de diffamation» menée par le président de l'UMT, Ahmed Souab, contre l’ex-présidente du Tribunal administratif, Raoudha Mechichi, s’étonnant que sa demande d'audience avec le chef du gouvernement provisoire pour évoquer avec lui ce problème a été rejetée. «Ces déclarations sont de nature à induire en erreur l'opinion publique et traduisent une ignorance flagrante en matière d'interprétation des textes de loi», a souligné, en réaction, l’UMAT dans son communiqué. Les déclarations de la présidente de l'AMT ne servent en rien l'indépendance de la magistrature ni le bon fonctionnement des institutions de l'Etat, ajoute le même communiqué. L'Union appelle à élaborer d’urgence les statuts des magistrats en application des dispositions de la nouvelle Constitution relative à la magistrature. I. B. |