Kamel-Morjane-Loi-exclusion«Les défenseurs de la loi d'immunisation de la révolution craignent le verdict des urnes», a estimé Kamel Morjane, président du parti libéral Al-Moubadara (Initiative).

Selon l’ancien ministre des Affaires étrangères, qui s'exprimait, samedi, au cours d'une réunion de la coordination régionale de son parti à la Manouba, à l’ouest de Tunis, une telle loi «ne servirait pas l'intérêt du pays».

Il fait ici allusion à la loi sur l'immunisation de la révolution, en cours d’examen à l’Assemblée constituante, et qui vise à exclure les responsables gouvernementaux sous l'ancien régime des postes politiques pour une période de 7 ans.

«Après les prochaines élections, la Tunisie doit être gouvernée dans un esprit de compromis et par un gouvernement d'union nationale», a encore indiqué M. Morjane, qui rejette toute forme d’exclusion politique, qui met à mal cet esprit de consensus.

Pour le président d’Al-Moubadara, parti qui revendique une filiation bourguibiste et destourienne, «le printemps arabe ne réussira dans aucun pays autre que la Tunisie». «Ce qui rend d'autant plus grande la responsabilité de conduire le pays à bon port», a-t-il ajouté.

Evoquant la situation économique difficile qui prévaut actuellement dans le pays, Kamel Morjane a déploré que les gouvernements qui se sont succédé depuis la révolution du 14 janvier 2011 «n'aient pas fait montre d'assez de fermeté» dans l'application des lois, indiquant que son parti est partisan d'«un pouvoir fort» qui applique rigoureusement les lois.

M. Morjane a, par ailleurs, indiqué qu’Al-Moubadara reste ouvert à tous les autres partis qui partagent ses vues et ses approches politiques, «loin de toutes les idéologies et à l'abri de l'extrémisme».

En d’autres termes, Al-Moubadara, qui est porté sur le consensus, est disposé à s’allier à des formations libérales et de centre-gauche (Nida Tounes, Union pour la Tunisie, Front de salut national ?) sur la base d’une approche commune des solutions à mettre en oeuvre pour sauver le pays en cette phase délicate de transition politique et économique.

I. B. (avec Tap).