Charfeddine Kellil, avocat des familles des martyrs de la révolution, a déclaré que des arrangements ont eu lieu entre Rached Ghannouchi et la justice militaire.
L’avocat a déclaré qu'il a en sa possession la preuve qu’une lettre confidentielle, signée par 3 cadres du ministère de la Défense et d’autres du ministère de l’Intérieur, a été envoyée à Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha. Cette correspondance prouverait, selon lui, que la justice militaire a conclu un marché dans l’affaire des martyrs et blessés de la révolution, à la demande de services étrangers, notamment ceux du Qatar. Me Kellil a expliqué qu’il avait évoqué l’existence de cette lettre et qu’aucun des concernés n’a démenti, ajoutant que la justice militaire peut faire valoir son droit de réponse ou le poursuivre en justice pour ses déclarations, si celles-ci s’avèrent fausses. De son côté, Zied Ladhari, porte-parole d’Ennahdha, a démenti du bout des lèvres les accusations de Charfeddine Kellil, précisant que son parti reçoit «des milliers de lettres chaque jour», mais que cela ne prouve rien. Me Ladhari, qui est lui-même avocat, a ajouté que les déclarations de Me Kellil sont «une accusation gratuite, qui servent l’agenda politique de certains partis», sans préciser lesquels. M. Ladhari a cru devoir rappeler qu’Ennahdha a dénoncé le verdict rendu samedi par le tribunal militaire de Tunis et qui a allégé considérablement les peines infligées aux hauts cadres sécuritaires de l’ancien régime, accusés du meurtre et de complicité de meurtre des martyrs de la révolution. «Ennahdha est solidaire avec les familles des martyrs et blessés de la révolution», a-t-il ajouté. Y. N. M. |