Mahmoud-BaroudiMahmoud Baroudi, député Alliance démocratique, fustige Moncef Marzouki, le président provisoire de la république, et lui demande de «dégager»! Vidéo.

Commentant, lors de la plénière du lundi, le verdict du tribunal militaire, rendu deux jours auparavant et jugé très clément à l’égard des hauts cadres de la sécurité sous l’ancien régime, accusés de meurtre et de complicité de meurtre dans l’affaire des martyrs et blessés de la révolution, M. Baroudi a tenu à adresser une lettre au président provisoire.

Le député a d’abord expliqué que la «troïka», l’ancienne coalition gouvernementale dominée par le parti islamiste Ennahdha, est responsable de ce verdict choquant, pour n’avoir jamais voulu d’une justice indépendante.

Cependant, le premier responsable de tous les échecs reste, selon lui, Moncef Marzouki, auquel il a adressé ce message pour le moins inamical: «N’avez-vous pas honte monsieur le président provisoire? Vous avez refusé de parler de justice transitionnelle. Vous avez d’ailleurs tout refusé... 3 ans durant nous n’avons apprécié que votre silence... 3 ans durant nous n’avons vu de vous qu’un pauvre pin’s orphelin (représentant des martyrs de la révolution, NDLR), accroché à votre chemise... N’avez-vous pas honte monsieur le président et ex-défenseur des droits de l’homme? Vous devriez rougir face à ce verdict! Vous prétendez être choqué? Choqué par quoi monsieur le président provisoire? Par vos actes manqués? Par votre silence de plomb qui dure depuis 3 ans et par votre responsabilité dans les déboires de la «troïka»? 3 longues années pendant lesquelles vous n’avez fait que camoufler la corruption au sein de la justice militaire. Vous-vous plaignez, aujourd’hui, d’un verdict dont vous êtes responsable. Vous devriez rougir de honte en voyant les larmes des mamans, des orphelins et veuves des martyrs, en sachant que la justice n’a pas fait sont travail et que vous n’avez pas fait honneur aux martyrs de la révolution, comme vous l’aviez promis à leurs familles? N’avez-vous pas honte monsieur le président provisoire? Si vraiment vous êtes choqué comme vous le dites, exercez donc vos prérogatives et, surtout, prenez votre fameux burnous sous le bras, et dégagez!»

Y. N. M.