Moncef Marzouki est attaché à l’indépendance de la justice, mais il ne se prive pas de s’immiscer dans ses affaires et lui faire des «recommandations» (sic !).
Le président provisoire de la république s'est entretenu, mardi, au Palais de Carthage, avec le ministre de la Défense nationale, Ghazi Jeribi, à la suite des verdicts prononcés, le 12 avril, par la cour d'appel militaire dans l'affaire des martyrs et blessés de la révolution et des réactions de colère qu'ils ont suscitées. Dans un communiqué publié mardi, Moncef Marzouki a souligné son respect de l'indépendance de la justice consacrée par la constitution, mais il s’est empressé d’ajouter que l'opinion publique n'était pas préparée à de tels verdicts qui ne répondent pas aux attentes des familles des martyrs et blessés de la révolution et ne leur rendent pas justice. Le président provisoire de la république, qui ne voit aucune contradiction dans sa position, a cru devoir aussi «recommander» de «porter en cassation les jugements controversés» et de «statuer sur cette affaire dans des délais raisonnables». Ce «contorsionnisme», qui n’honore pas M. Marzouki, traduit chez lui un manque de courage politique et, surtout, une propension au populisme qu’exacerbe son appétit du pouvoir et l’approche des élections. I. B. |