Dans son entretien avec Europe, Mehdi Jomaa n’a pas dit clairement qu’il allait partir dès que sa mission à la tête du gouvernement provisoire sera terminée. Que faut-il en conclure?
Avec Mehdi Jomaa, il faut lire entre les lignes et écouter le non-dit. Après son entretien avec un journal américain où, à la question du journaliste «Comptez vous vous présenter aux élections?», il n'avait pas opposé un «non» formel, le chef du gouvernement provisoire récidive sur Europe1, au micro du très célèbre journaliste Jean-Pierre El-Kabbach. Voici la transcription de l’extrait qui nous intéresse... Question: Vous promettez de ne pas vous présenter aux élections. S'il y a échec, vous retournerez chez Total (l’entreprise française dont il était l’un des hauts cadres, NDLR)? Réponse: Je dois bien nourrir ma famille! J'ai besoin de travailler, chez Total ou ailleurs. Question: Si ça réussit, vous continuez en CDI (contrat à durée indéterminé, NDLR)? Réponse: Pour le moment, j'ai un engagement et une mission jusqu'à la fin de l'année. Il faut bien réussir cette mission. Notons bien, le «pour le moment»! Ce qui signifie en bon français que l’hypothèse envisagée par le journaliste n'est pas totalement exclue après la réussite de la mission. M. Jomaa laisse donc planer un doute sur ses intentions en cas de succès dans l'application de son programme de gouvernement. Ce qui est curieux, c'est qu’à l'instar du journaliste américain, le Français lui pose la même question, comme s'il existe une volonté chez ces Occidentaux de pousser Mehdi Jomaa à prolonger son mandat. Il est vraie que la France, après les Etats-Unis, a déployé «le tapis rouge» à M. Jomaa, puisqu'il va être reçu, ce soir, par le président de la république française, François Hollande, après avoir été reçu par le Premier ministre Manuel Valls, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et le président de l’Assemblée Claude Bartolone, ainsi que le patron du Medef, le patronat français, e, présence d’une soixantaine de chefs d'entreprises de l’Hexagone. Mais l'on sait encore peu de choses sur le contenu concret de ces rencontres. Sauf que la France va vendre à la Tunisie des armes et des équipements qui serviront à lutter contre le terrorisme. Rien n'a filtré sur le marché des hélicos. Secret défense oblige? Imed Bahri |
{flike}