Moez-Bouraoui-AtideLes députés perdent un temps fou à se chamailler autour de l’Article 167, oubliant de nombreux aspects fondamentaux nettement plus cruciaux.

L’Assemblée nationale constituante (ANC), en place depuis plus deux ans et demi, accumule les retards et ne s’embarrasse d’aucune prolongation, ni d’aucun sursis. Chargée, depuis janvier, de rédiger une «simple» loi électorale, elle se hâte lentement à accomplir cette tâche élémentaire et trouve le moyen de passer deux longues semaines sur le seul article 167 relatif à l’exclusion des responsables de l’ancien régime des prochaines élections.

«On a accordé à cet article une importance démesurée… et oublié de nombreux aspects fondamentaux», dénonce Moez Bouraoui, président d’Association tunisienne pour l’intégrité et la démocratie des élections (Atide), pour qui l’essentiel se trouve ailleurs… Le vote des Tunisiens expatriés est un exemple…

Intervenant, hier, sur le plateau de ‘‘Ness Nessma News’’, M. Bouraoui a qualifié toute cette attention accordée par les constituants à l’article 167 de la nouvelle Loi électorale d’«affaire politique et politicienne qui ne peut, d’aucune manière, représenter le moindre intérêt» et déploré, par contre, l’omission par les représentants du peuple de nombreux aspects des élections qui sont nettement plus cruciaux pour la réussite des prochains scrutins.

Pour le président d’Atide, les choses sont claires: «l’intégrité des prochaines élections, le secret du vote, la transparence et l’honnêteté du scrutin…, tous ces aspects essentiels, ont été négligés par nos députés».

Le président d’Atide a énuméré les oublis de l’ANC: «Il y a, pêle-mêle, l’argent politique, le financement des partis et des campagnes électorales, le choix du système électoral, la question de la parité des listes électorales, et bien d’autres sujets qui auraient dû susciter beaucoup plus d’intérêt auprès des constituants».

Etayant ses propos, Moez Bouraoui a déploré, par exemple, que la question du vote des nos compatriotes vivant à l’étranger n’ait pas obtenu l’attention qu’elle mérite. Il s’insurge: «Sur ce point, le texte est d’une opacité et d’une superficialité déconcertantes. Rendez-vous compte que plus de 1,2 million de nos concitoyens vivent hors de nos frontières et qu’ils seront appelés à voter. Pour toute cette importante population électorale, nous ne savons pas comment le scrutin se déroulera. Prenons garde à cela, car c’est toute l’honnêteté des prochaines échéances qui est en jeu dans cette affaire».

«Tout le monde a en mémoire la malheureuse expérience du scrutin d’octobre 2011», avertit le président d’Atide. «Passer deux semaines à palabrer, à polémiquer et à s’entredéchirer sur le contenu cet article 167, comme s’il était le socle sur lequel se fonde la nouvelle loi électorale, n’est pas tout simplement sérieux», assène-t-il.

Marwan Chahla

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