offre emploi 11 21Les députés d’Ettakatol ont voté comme un seul homme, et avec une discipline Rcdiste, l'article 167 du code électoral qui vise, surtout, Caïd Essebsi et son parti Nida Tounes.

Le vote, mercredi soir, à l’Assemblée nationale constituante (ANC), de l’Article 167 de la loi électorale, relatif à l'exclusion des figures de l'ancien régime des prochaines élections, est un bon indicateur des positionnements et des lignes de fracture politique à la veille des prochaines élections.

Car cet article controversé, qui est censé faire barrage au retour des hommes de l’ancien régime, est en réalité dirigé contre le parti Nida Tounes et, notamment son président, l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, tous deux caracolant en tête des sondages d’opinion.

A cet égard, le vote des députés d’Ettakatol, le soi-disant parti social démocrate, vaguement moderniste et laïc, qui s’est jusque-là illustré par son aplatissement systématique devant les dictats de son puissant allié, le parti islamiste Ennahdha, est éloquent à cet égard.

Alors que les députés d’Ennahdha ont voté dans le désordre le fameux Article 167 (39 pour, 5 contre et 25 abstentions), leurs collègues d’Ettakatol ont voté comme un seul homme et avec une discipline stalinienne ou, plutôt, Rcdiste (12 pour, 0 contre et 0 abstentions). Cela veut dire que le mot d’ordre a été donné par le président du parti et président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), le très mou, incolore et inodore Mustapha Ben Jaâfar.

Ce dernier, qui moisit, avec son parti, dans les profondeurs des sondages d’opinion, a sans doute compris qu’il n’a aucune chance aux prochaines élections et se prépare à jouer les utilités et à servir de nouveau d’«alibi laïc» pour le parti Ennahdha.

C’est le seul moyen pour Ben Jaâfar et les opportunistes qui l’entourent d’avoir quelque miettes du pouvoir qui sera issu des prochaines élections.

Le problème, car problème il y a, c’est qu’il a, dans cette stratégie opportuniste, 3 autres redoutables concurrents :

- le Congrès pour la république (CpR), dont les députés ont voté, eux aussi, comme un seul homme en faveur de l’article relatif à l’exclusion politique (13 pour, 0 contre et 0 abstentions);

- le parti Wafa, dont les députés ont voté également comme un seul homme (9 pour, 0 contre et 0 abstentions);

- et, un nouveau venu au «club des alibis d’Ennahdha», l’Alliance démocratique (7 pour, 0 contre et 0 abstentions). Les dirigeants de ce dernier parti soi-disant centriste, toujours portés à tenir le bâton par le milieu, étaient, pourtant, il y a encore quelques jours, opposés à l’exclusion politique. Pourquoi ont-ils changé brusquement d’avis ? Y a-t-il eu, entretemps, des tractations et de vagues promesses de renvoi d’ascenseur?

Il convient de rappeler que l’Article 167, voté mercredi soir, a recueilli 108 voix pour, 43 abstentions et 23 voix contre. Il lui a manqué une seule voix pour obtenir la majorité requise (109).

Cependant, des voix s’élèvent à l’Assemblée exigeant un second vote. Et il y a de fortes chances qu’avec un coup de pouce de M. Ben Jaâfar, elles soient satisfaites.

I. B.

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