Aziz-KrichenAbdelaziz Krichen, ex-conseiller auprès de la présidence de la république, n’a pas ménagé ses critiques à l’égard de son ex-patron, Moncef Marzouki.

Dans son entretien, vendredi soir, avec Dalila Ben Mbarek Mssadak, sur Telvza TV, Aziz Krichen a expliqué les raisons de sa démission du Congrès pour la République (CpR) puis de la présidence de la république.

Tout en réitérant son respect et son affection pour le président provisoire de la république, Aziz Krichen n’a pas hésité à pointer du doigt ses erreurs fatales qui ont beaucoup nui à la Tunisie, à l’institution de la présidence mais aussi, et surtout, à sa propre image.

Selon M. Krichen, Moncef Marzouki a su rester, durant toute l’année 2012, le président de tous les Tunisiens, transcendant les clivages partisans et défendant les intérêts supérieurs de la nation. Mais, à partir de 2013, il a complètement changé de cap. Obnubilé par la prochaine élection présidentielle et se comportant déjà comme un candidat potentiel à cette élection, toutes ses positions et ses décisions ont été entachées et déformées par cette ambition majeure.

Selon M. Krichen, Moncef Marzouki a choisi son camp, celui du parti islamiste Ennahdha, oubliant, au passage, ses obligations de chef d’Etat et se mettant, surtout, à l’écoute de ses intérêts personnels et de ses ambitions présidentielles.

Aziz-Krichen-Telvza-TV

 Selon M. Krichen, Moncef Marzouki a choisi son camp, celui du parti islamiste Ennahdha.

M. Marzouki n’a pas compris qu’il ne peut courir deux lièvres à la fois et qu’il ne peut être, en même temps, président de la république, avec tout ce que cela requiert comme hauteur et neutralité, et candidat à la prochaine présidentielle, position qui lui dicte des calculs et des arrangements politiques, a indiqué Aziz Krichen. 

Amer, mais lucide, M. Krichen ne renie pas les deux années passées au Palais de Carthage, où, selon lui, il aurait joué un rôle décisif pour rapprocher les adversaires politiques, notamment au lendemain des assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, et éviter une guerre civile que les faucons des deux parties (les islamistes d’un côté et les opposants de l’autre) étaient sur le point de faire éclater.

Ce qu’il regrette cependant le plus, c’est de voir Moncef Marzouki devenir l’otage de ses ambitions, au point d’en oublier les hautes charges liées à sa mission et de faire passer ses intérêts avant ceux de la Tunisie.

I. B.

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