Aziz Krichen, ex-conseiller auprès de la présidence de la république, a attendu très longtemps avant de présenter sa démission. Au détriment de ses convictions.
Au lendemain de l’interview confessions de Aziz Krichen, vendredi sur Telfza TV, les réactions sur les réseaux sociaux sont diverses. La plupart ne sont pas en sa faveur et certaines langues se sont déliées. Ayoub Massoudi, ex-conseiller, chargé de la communication à la présidence provisoire de la république (qui a démissionné, lui, en 2012), a, sur un ton navré, rappelé à son ancien collègue qu’il a attendu trop longtemps avant de prendre la décision qui s’imposait. «Ce que j’ai compris en 4 mois, vous avez mis 3 ans à le comprendre. Pourtant, 40 ans d’âge nous séparent», a écrit Ayoub Massoudi sur sa page Facebook. Et d’ajouter: «A travers les raisons évoquées pour justifier votre démission, vous cherchez encore à tromper l’opinion publique. Alors que j’ai dit la vérité sur les évènements du 9 avril (2012, les agressions commises par la police contre les manifestants, NDLR), vous avez tout fait pour l’estomper. Est-ce que vous-vous en souvenez? Dieu merci, j’ai présenté ma démission avant les évènements de Siliana (agressions commises par la police contre les manifestants, NDLR), ou encore de l’UGTT (5 décembre 2012, NDLR), et avant les assassinats politiques… le retour officiel du RCD et la cause perdue des familles des martyrs». Tahar Ben Hassine, patron de la chaine de télévision Al Hiwar Ettounsi, a réagi, lui aussi, sur sa page Facebook, en donnant rendez-vous aux téléspectateurs, dimanche ce soir, pour répondre à M. Krichen. «J’aurais bien aimé ne jamais entendre ce témoignage, mais il était de mon devoir en tant que politicien et homme de médias de prêter mon oreille à Aziz Krichen. J’avais pourtant autre chose à faire pendant le weekend à Chebba, ma ville natale, notamment peindre ma barque avant l’été. Mais je suis contraint de rester à Tunis pour lui répondre. Avec cet homme, eh bien, j’ai partagé, pendant quelques mois, la même cellule à la prison de Borj Erroumi en 1968 et j’ai à lui dire bien des choses», a écrit Tahar Ben Hassine dans une volonté évidente de faire durer le suspense jusqu’à dimanche soir. Pour faire monter l’audience... Suite à ces réactions, les commentaires se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Certains internautes estiment que M. Krichen est un opportuniste qui a attendu le temps qu’il faut pour garantir une bonne retraite pour ses vieux jours. Il ne s’est jamais soucié, lui aussi, de l’intérêt de son pays. Pas plus, en tout cas, que son ex-patron, Moncef Marzouki. A chacun ses petits calculs. Et M. Krichen avait les siens, plus terre-à-terre que ceux du «président qui veut rester président». Z. A. Article lié: Tunisie-Politique : Les erreurs de Marzouki, selon Aziz Krichen |
{flike}