Ghannouchi-Blesses-de-SilianaRached Ghannouchi est allé, dimanche, à la rencontre des blessés parmi les habitants de Siliana (centre) durement réprimés par les forces de police en novembre 2012.

Cela s’est passé, ne l’oublions pas, sous le gouvernement de l’islamiste Hamadi Jebali et sur des ordres du ministre de l’Intérieur de l’époque, l’autre Nahdhaoui Ali Larayedh.

Le chef d’Ennahdha, qui avait animé un meeting dans cette ville où le parti islamiste a une très mauvaise presse, n’a pas présenté ses excuses aux blessés (par des balles de chevrotine et dont certains sont atteints aux yeux). Il leur a promis qu’il va s’occuper d’eux et parler de leur cas au chef du gouvernement provisoire afin qu’ils soient bien soignés. Les pauvres ne perdront rien, bien sûr, à attendre...

En marge de la rencontre avec les habitants de cette ville du centre, Rached Ghannouchi, déjà en campagne électorale, a déclaré aux médias que son parti, quand il était au gouvernement, a tout fait pour éviter le pire. Il a cependant oublié d’ajouter que le pire est quand même arrivé et que les habitants de Siliana en ont fait les frais.

Rached-Ghannouchi-chez-les-blesses-de-Siliana

Rached Ghannouchi tente de panser les blessures "nahdhaouis" des habitants de Siliana.

«Nous avons sacrifié le pouvoir pour que le toit de la Tunisie ne s’effondre pas sur les têtes. Nous voulons aujourd’hui panser les blessures d’antan et ne pas chercher à faire ce que les autres nous ont fait. La Tunisie appartient à tous les Tunisiens et nous souhaitons avancer ensemble. Nous ne tiendrons pas rancune et nous pensons aux prochaines générations. Les sages parmi nous ont triomphé et épargné une catastrophe à la Tunisie», a notamment déclaré M. Ghannouchi, qui, pour peu, se prendrait pour le Mahatma Gandhi.

A-t-il vraiment pansé les blessures des victimes du tandem Jebali-Larayedh et fait oublier les abus de ces deux dirigeants d’Ennahdha lorsqu’ils étaient aux commandes?

Rien n’est moins sûr et on le vérifiera lors des prochaines élections.

Z. A.

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