14 mois après la révolution, il y a encore du doute sur la liste des blessés et martyrs. 17 blessés seront soignés à l’étranger et pris en charge par des pays amis.


C’est ce qu’a annoncé Samir Dilou, ministre des Droits de l’Homme et de la Justice, mercredi, lors d’une rencontre avec les membres de la commission spéciale des martyrs, des blessés de la révolution et de l’application de l’amnistie générale relevant de l’Assemblée nationale constituante.

Selon M. Dilou, il s’agit de cas très sérieux nécessitant des soins à l’étranger.

Qui va les prendre en charge ?

Le Qatar a déjà proposé à la Tunisie de prendre en charge les soins d’un certain nombre de blessés de la révolution, que ce soit dans des cliniques qataries ou dans des cliniques d’autres pays étrangers.

L’Allemagne a fait, de son côté, une proposition similaire. Mais avant toute décision, l’Allemagne va envoyer une commission médicale pour s’assurer des cas qui nécessitent ou non les soins à l’étranger. Cette décision a été mal vue par le gouvernement tunisien. «Le gouvernement a refusé cette offre et l’a considérée comme étant une atteinte à la souveraineté nationale», a expliqué M. Dilou.

Où en est le gouvernement avec les indemnisations ?

M. Dilou a précisé que plusieurs personnes ayant bénéficié du versement de la première tranche des indemnités étaient des blessés fictifs. Le ministère, a-t-il ajouté, poursuivra le versement de la deuxième tranche des indemnités allouées aux blessés sur la base du principe de la continuité de l’Etat et de la responsabilité étatique. Et d’ajouter que le traitement du dossier des martyrs et des blessés de la révolution pose des problèmes à caractère juridique. Car, selon lui, dès le départ, le dossier a été traité sur une base politique et non juridique.

«Trois listes ont été établies à cet effet par le ministère de l’Intérieur, par le Haut comité des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la Commission nationale d’investigation sur les abus enregistrés durant la révolution», a précisé le ministre. Mais il y a tellement de contradictions dans ces listes nominatives qui laissent planer des doutes sur l’authenticité de certains cas. Rien n’est donc définitif. Traduire : certains faux blessés seront rayés de la liste.

I. B. (avec Tap).