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	Commentaires sur : Trump, les Etats-Unis et nous  	</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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		Par : Rafik Chaabouni		</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/trump-les-etats-unis-et-nous/#comment-49467</link>

		<dc:creator><![CDATA[Rafik Chaabouni]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 21:55:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Monsieur l’Ambassadeur,

Votre article a le mérite de remettre sur la table une question centrale : la place de la Tunisie dans le nouvel échiquier international, à l’heure du retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Mais si l’argumentaire défend une vision lucide du poids structurel des États-Unis, il gagnerait à intégrer les dynamiques historiques, culturelles et géoéconomiques plus larges qui définissent l’indépendance stratégique d’un État.

Vous évoquez à juste titre une histoire commune solide entre la Tunisie et les États-Unis, que vous situez à travers une grille actuelle de puissance et d’influence. Il est utile ici de rappeler que cette relation remonte à la fin du XVIIIe siècle, avec la signature du Traité de paix et d’amitié de 1797 – l’un des tout premiers traités bilatéraux signés par les États-Unis après leur indépendance. Ce pacte, renouvelé à plusieurs reprises, a traversé les bouleversements du temps, constituant une base stable et respectueuse, sans ingérence coloniale, contrairement à d&#039;autres puissances.

Cependant, réduire notre politique étrangère à une dépendance fonctionnelle vis-à-vis de Washington serait ignorer l’esprit même de ce traité : l’autonomie dans l’interdépendance. Le monde de 2025 n’est plus celui de l’après-guerre. Le plan Marshall, bien que fondateur pour l’Europe, s’inscrivait dans une logique de reconstruction post-conflit et de containment idéologique. Il ne saurait être évoqué comme un modèle éternel de financement ou de sauvetage. Les programmes d’influence tels que Jean Monnet, que vous mentionnez à propos de la Chine ou de la Russie, relèvent davantage du soft power universitaire que d’une volonté structurante comparable à l’initiative de Bretton Woods ou à la Pax Americana du XXe siècle.

Nous devons à nos partenaires américains respect, dialogue, coopération stratégique – notamment en matière de défense et de stabilité régionale. Mais cela ne signifie pas que la Tunisie doive écarter toute ouverture vers d’autres pôles. L’Afrique, le monde arabe, l’Asie centrale, ou même l’Amérique du Sud, sont aujourd’hui des acteurs du monde multipolaire. La Russie, la Chine ou la Turquie – malgré leurs contradictions – investissent, coopèrent, proposent des alternatives. Libre à nous de ne pas nous aliéner à l’une ou l’autre vision, mais de défendre notre souveraineté relationnelle.

La vraie question n’est donc pas « avec qui », mais « à quelles conditions ». Car si nous devons coopérer avec les États-Unis – et nous devons continuer à le faire –, cela doit être dans le cadre d’une alliance non subordonnée, respectant la spécificité tunisienne et nos intérêts à long terme. Il ne s’agit pas de choisir entre Washington, Moscou ou Pékin, mais de rappeler que notre cap est tunisien, et qu’il ne sera défini ni à Davos, ni à Riyad, ni à Langley.

Enfin, la neutralité active ne doit pas être perçue comme une faiblesse, mais comme une stratégie. Notre rôle naturel n’est pas de suivre, mais de composer, d’équilibrer, de proposer. L’Histoire n’est pas figée, et les relations internationales non plus.

Avec tout le respect dû à votre parcours diplomatique, permettez que la jeunesse tunisienne – qui regarde le monde avec des yeux neufs – aspire à autre chose qu’un adossement réflexe. Elle veut un partenariat lucide avec les puissances, et un pacte ferme avec son propre peuple.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Monsieur l’Ambassadeur,</p>
<p>Votre article a le mérite de remettre sur la table une question centrale : la place de la Tunisie dans le nouvel échiquier international, à l’heure du retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Mais si l’argumentaire défend une vision lucide du poids structurel des États-Unis, il gagnerait à intégrer les dynamiques historiques, culturelles et géoéconomiques plus larges qui définissent l’indépendance stratégique d’un État.</p>
<p>Vous évoquez à juste titre une histoire commune solide entre la Tunisie et les États-Unis, que vous situez à travers une grille actuelle de puissance et d’influence. Il est utile ici de rappeler que cette relation remonte à la fin du XVIIIe siècle, avec la signature du Traité de paix et d’amitié de 1797 – l’un des tout premiers traités bilatéraux signés par les États-Unis après leur indépendance. Ce pacte, renouvelé à plusieurs reprises, a traversé les bouleversements du temps, constituant une base stable et respectueuse, sans ingérence coloniale, contrairement à d&rsquo;autres puissances.</p>
<p>Cependant, réduire notre politique étrangère à une dépendance fonctionnelle vis-à-vis de Washington serait ignorer l’esprit même de ce traité : l’autonomie dans l’interdépendance. Le monde de 2025 n’est plus celui de l’après-guerre. Le plan Marshall, bien que fondateur pour l’Europe, s’inscrivait dans une logique de reconstruction post-conflit et de containment idéologique. Il ne saurait être évoqué comme un modèle éternel de financement ou de sauvetage. Les programmes d’influence tels que Jean Monnet, que vous mentionnez à propos de la Chine ou de la Russie, relèvent davantage du soft power universitaire que d’une volonté structurante comparable à l’initiative de Bretton Woods ou à la Pax Americana du XXe siècle.</p>
<p>Nous devons à nos partenaires américains respect, dialogue, coopération stratégique – notamment en matière de défense et de stabilité régionale. Mais cela ne signifie pas que la Tunisie doive écarter toute ouverture vers d’autres pôles. L’Afrique, le monde arabe, l’Asie centrale, ou même l’Amérique du Sud, sont aujourd’hui des acteurs du monde multipolaire. La Russie, la Chine ou la Turquie – malgré leurs contradictions – investissent, coopèrent, proposent des alternatives. Libre à nous de ne pas nous aliéner à l’une ou l’autre vision, mais de défendre notre souveraineté relationnelle.</p>
<p>La vraie question n’est donc pas « avec qui », mais « à quelles conditions ». Car si nous devons coopérer avec les États-Unis – et nous devons continuer à le faire –, cela doit être dans le cadre d’une alliance non subordonnée, respectant la spécificité tunisienne et nos intérêts à long terme. Il ne s’agit pas de choisir entre Washington, Moscou ou Pékin, mais de rappeler que notre cap est tunisien, et qu’il ne sera défini ni à Davos, ni à Riyad, ni à Langley.</p>
<p>Enfin, la neutralité active ne doit pas être perçue comme une faiblesse, mais comme une stratégie. Notre rôle naturel n’est pas de suivre, mais de composer, d’équilibrer, de proposer. L’Histoire n’est pas figée, et les relations internationales non plus.</p>
<p>Avec tout le respect dû à votre parcours diplomatique, permettez que la jeunesse tunisienne – qui regarde le monde avec des yeux neufs – aspire à autre chose qu’un adossement réflexe. Elle veut un partenariat lucide avec les puissances, et un pacte ferme avec son propre peuple.</p>
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