En Tunisie, plus que jamais, pouvoir c’est… pleuvoir

Des averses en plein mois d’avril, cela fait des années que la Tunisie, qui fait face à un stress hydrique chronique, n’en a pas enregistrées. Aussi les fortes pluies qui tombent depuis une semaine dans toutes les régions du pays ne sont-elles pas de refus, d’autant qu’elles contribuent à l’amélioration des réserves d’eau dans les barrages.

Aujourd’hui, et après être descendu à moins de 20% il y a quelques années, le taux de remplissage des barrages a atteint 58,2 %, et pourrait atteindre 60 % dans les prochains jours, une fois que les réservoirs auront pleinement absorbé les derniers apports, selon une estimation donnée par l’ancien secrétaire d’État aux Ressources hydrauliques, Abdallah Rabhi.

D’après lui, les réserves sont passées de 841 millions de mètres cubes en mars 2025 à près de 1,4 milliard de mètres cubes aujourd’hui.  

L’amélioration reste cependant inégale. Les réservoirs du Cap Bon sont à près de 92 % de leur capacité de remplissage, ceux du nord dépassent les 68 %, tandis que les niveaux dans le centre demeurent insuffisants.

Parmi les principaux barrages, Sidi El Barrak et Beni Mtir sont pleins, tandis que Sidi Salem, le plus grand réservoir du pays, approche les 50 % de sa capacité, après avoir été rempli à environ 20 % auparavant.

La reprise intervient après un long cycle de stress hydrique. Rabhi a rappelé que la Tunisie sort de six années de sécheresse, avec des périodes où le niveau de remplissage des réservoirs est descendu en dessous de 20 %. La situation reste donc meilleure qu’au cours des dernières années, mais encore loin des années exceptionnellement pluvieuses, comme 2003 ou 2018, où les réservoirs ont atteint presque leur niveau maximal.

Le ministère de l’Agriculture, de son côté, continue de traiter cette question comme une priorité stratégique.

Parmi les mesures envisagées figurent l’utilisation de films protecteurs spéciaux pour limiter l’évaporation et le recours à des panneaux solaires flottants, et ce dans un contexte qui reste marqué par la vulnérabilité climatique.

Selon les données révélées à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, 2024 a été l’année la plus chaude depuis 1950, avec des déficits pluviométriques allant de 7 à 45 % sur une grande partie du pays et des débits de barrages représentant seulement 36 % de la moyenne.

Dans ce contexte, les fortes pluies augmentent les ressources en eau mais ne résolvent pas à elles seules le problème structurel de la sécurité hydrique. Car une année pluvieuse ne saurait combler le déficit causé par six années particulièrement sèches.

L. B.

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