La Banque centrale de Tunisie (BCT) a publié, le 1er septembre 2026, la circulaire n° 8 de l’année 2026 adressée aux banques. Ce texte définit les conditions et les procédures réglementaires que les banques doivent respecter lors du traitement des demandes de prêts et de microfinancements sur l’honneur, en application des dispositions du décret n° 148 de l’année 2026, daté du 23 juillet 2026.
Cette circulaire vise à harmoniser le mécanisme de réception des demandes des clients auprès des banques soumises aux dispositions dudit décret, consacrant ainsi le principe d’égalité entre eux et garantissant le classement des demandes selon l’ordre de leur dépôt, indique la BCT, laissant ainsi entendre que les banques sont sommées d’appliquer ce nouveau système d’octroi de prêts sans garantie d’aucune sorte, qui est très critiqué par la plupart des experts.
À cet effet, la circulaire impose à chaque banque de mettre en place une plateforme numérique destinée, de manière obligatoire et exclusive, au dépôt des demandes des clients souhaitant obtenir un prêt ou un financement sur l’honneur, et ce, à compter du 1er octobre 2026.
«Cette initiative s’inscrit dans le cadre du développement et de la simplification des services bancaires. Elle vise également à garantir la transparence des procédures ainsi que la fiabilité du traitement des demandes des clients, tout en respectant les dispositions législatives et réglementaires relatives à la protection des données personnelles et aux exigences de sécurité informatique», explique encore la BCT.
Avant la mise en service de ces plateformes, et sous la supervision de la BCT, les banques prendront les mesures de communication nécessaires pour faire connaître, notamment, les conditions et modalités de dépôt des demandes ainsi que les étapes de leur examen et de leur traitement ; cela se fera par le biais de messages d’information qui seront prochainement diffusés via les canaux de communication disponibles.
La BCT souligne que le choix du 1er octobre 2026 comme date d’entrée en vigueur de la circulaire et de lancement des plateformes numériques s’inscrit dans le cadre de la volonté de mettre en place les exigences techniques et procédurales nécessaires à la mise en œuvre effective et adéquate du dispositif juridique relatif aux prêts et microfinancements sur l’honneur, ainsi que d’atteindre les objectifs économiques et sociaux visés par son adoption.
Le mécanisme du prêt sur l’honneur est un financement à taux zéro, sans intérêts, sans frais de dossier ni garanties exigées. En veux tu, en voilà ! «Ya mrayedh takelchi ?» (Ne demandez pas au malade s’il veut manger ?), dit le proverbe tunisien
Les montants prévus sont jusqu’à 5 000 dinars pour les particuliers (crédit à la consommation) ; jusqu’à 10 000 dinars pour les porteurs de petits projets ; et jusqu’à 25 000 dinars pour les PME et les sociétés communautaires.
Les banquiers qui sont tous tenus d’appliquer cette circulaire et d’octroyer des prêts à quiconque les demande sans exiger de garanties, comme l’exigent les pratiques du secteur, ne se sont pas encore exprimés sur cette initiative dont le caractère populiste voire électoraliste saute aux yeux. Il va sans dire qu’il va complètement chambarder leur organisation et mobiliser une bonne partie de leurs effectifs pour une rentabilité équivalente à zéro.
Il reste à avoir si nos chers banquiers vont trouver suffisamment de cash à distribuer à gauche et à droite et si cet argent va servir à quelque chose d’utile, ou s’il ne va pas seulement accroître le rythme de la consommation, exacerber le taux d’inflation et rogner davantage sur le pouvoir d’achat des Tunisiens.
Les bonnes intentions n’inspirent pas forcément les meilleures décisions, dirait l’autre. N’est-ce pas monsieur le gouverneur de la BCT, Fethi Zouhair Nouri ?
I. B.



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