Le parti du Courant démocrate (Attayar) a publié, le jeudi 3 septembre 2026 à Tunis, le communiqué suivant, traduit de l’arabe et intitulé «Quiconque ose les innocenter est leur complice…», reprenant ainsi une célèbre déclaration du président de la République, Kaïs Saïed, au sujet des personnalités accusées dans l’affaire dite du «complot contre la sûreté de l’État 1 ».
La confirmation par la Cour de Cassation de l’arrêt de la Cour d’appel dans l’affaire dite du «complot contre la sûreté de l’État» confirme une fois de plus que la justice, au lieu d’être un rempart protégeant les droits et consolidant la confiance envers les institutions de l’État, s’est transformée en un simple instrument docile au service du règlement de comptes politiques et de la réduction au silence de toute voix dissidente.
Ce procès, entaché dès le premier jour de violations procédurales flagrantes et graves — au cours duquel les détenus ont été privés des garanties les plus élémentaires d’un procès équitable — n’a jamais été un procès pour «complot». Il a été, et demeure, un procès politique par excellence, visant à mettre au pas quiconque a osé s’opposer au coup d’État et à l’accaparement du pouvoir.
Le Courant démocrate condamne avec la plus grande fermeté la transformation de l’approche sécuritaire et judiciaire en une méthode constante de gestion des affaires du pays ; une approche où la justice et les services de sécurité sont sollicités pour traiter, par la répression et l’intimidation plutôt que par le dialogue et la réforme, des crises politiques, économiques et sociales à répétition.
Loin de protéger l’État comme le croit le pouvoir en place, cette démarche en érode les institutions, vide de sa substance le concept d’État de droit et transforme la justice en un bras exécutif au service d’une volonté politique unique.
Notre parti réaffirme son engagement total à soutenir tous les détenus politiques ainsi que leurs familles ; il appelle également l’ensemble des forces démocratiques, les défenseurs des droits humains et la société civile à unir leurs rangs pour défendre l’indépendance de la justice et préserver les droits, les libertés et la dignité des Tunisiennes et des Tunisiens.
Conscient de la gravité de la situation, le Courant démocrate exhorte les Tunisiennes et les Tunisiens à ne pas rester silencieux face à l’injustice qui gangrène le pays et à la violation des conditions élémentaires d’une vie digne. Il les appelle à descendre dans la rue et à manifester pacifiquement pour défendre leurs droits, leurs libertés et leur dignité ; car aujourd’hui, le silence équivaut à une complicité avec l’autoritarisme, et le soulèvement pacifique et citoyen contre l’injustice constitue un devoir national et civique, bien au-delà d’un simple choix politique. En effet, quelle que soit sa durée, l’autoritarisme ne saurait résister à la volonté des peuples d’accéder à la liberté, à la justice et à la dignité.
Pour le bureau politique
Le secrétaire général
Hichem Ajbouni



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