Tunisie | La marche des diplômés chômeurs reprend après un arrêt à Jelma  

La «Marche de la dignité», qui a démarré le 27 septembre 2026 à Menzel Bouzaiane, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, berceau de la révolution du 10 décembre 2010-14 janvier 2011, est une initiative de diplômés au chômage en Tunisie, qui se dirigent à pied vers Carthage, pour réclamer l’application de la loi n° 18 de 2025 relative aux recrutements exceptionnels dans le secteur public. Des proches des chômeurs participent également à cette mobilisation, selon la page officielle de l’Union des diplômés chômeurs (UDC).

Cependant, en raison de la détérioration de l’état de santé de plusieurs participants et du fait que la plupart d’entre eux n’avaient plus la capacité physique de poursuivre la marche, ils ont été contraints de faire une halte temporaire, mardi 29 septembre, afin de préserver la sécurité de tous. Certains ont dû soigner leurs blessures aux pieds à l’hôpital régional de Jelma. «Toutefois, cet arrêt ne signifie nullement un renoncement aux revendications, mais constitue une pause imposée par les circonstances. Le mouvement se poursuivra avec la même détermination, pour faire valoir le droit au travail et à la dignité», dit l’un des organisateurs.

Aux dernières nouvelles, les marcheurs et les marcheuses ont repris la route, toujours à pied, à l’aube de ce mercredi 30 septembre, direction Tunis, puis Carthage, au nord de la capitale.

Selon Wassim Jeddi, responsable régional de l’UDC, l’objectif est de porter directement auprès de la présidence de la République la demande de mise en œuvre concrète des procédures prévues par la loi. Ce texte, promulgué en décembre 2025, prévoit des recrutements par tranches ainsi qu’une plateforme nationale pour classer les candidats selon des critères liés à l’âge, à l’ancienneté du diplôme et à la situation sociale.

Les organisateurs ont appelé les diplômés chômeurs des autres régions à soutenir la marche tout au long du trajet vers la capitale. Toutefois, aucune adhésion organisée à l’échelle nationale ni aucun calendrier officiel des étapes n’ont été signalés pour le moment.

Cette contestation survient après l’évacuation, début septembre, d’un sit-in de diplômés chômeurs dans le centre de Tunis, et après des semaines de manifestations dans plusieurs régions du pays pour exiger l’application effective de la loi.

Les participants réclament également la libération de Karim Teraâ, figure du mouvement des diplômés chômeurs, arrêté récemment. L’UDC a réclamé dans un communiqué sa libération et l’abandon des poursuites engagées contre lui.

Aucun incident ni intervention des forces de sécurité n’a été signalé pour l’instant le long du parcours.

Par ailleurs, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Slaheddine Selmi, avait reçu, lundi 28 septembre, une délégation de l’UDC, conduite par son secrétaire général, Cherif Khraifi. Une rencontre consacrée à la situation générale et aux prochaines mobilisations de l’organisation.

I. B.

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