Le lundi 28 septembre 2026, la cour d’appel de Médenine a aggravé la peine prononcée en première instance contre Abdallah Saïd, la portant d’un à deux ans de prison ferme. Dans un communiqué publié le 30 septemnre 2026, le Centre pur le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT), Ong tunisienne basée à Paris, dénonce ce qu’il qualifie d’«une aggravation injuste et un acharnement contre la société civile». tout en exigeant sa libération immédiate, l’annulation de sa condamnation et l’abandon de toutes les poursuites.
Arrêté le 12 novembre 2024, Abdallah Saïd a déjà passé près de deux ans en détention et devrait, sauf obstacle, être libéré dans les prochaines semaines.
On espérait que l’audience du 28 septembre mettrait fin à une détention déjà longue de près de deux ans et annulerait la première condamnation. «L’aggravation de la peine au lieu de réparer l’injustice, est d’autant plus choquante que le ministère public avait lui-même fait appel du jugement de première instance. Elle confirme la détermination du pouvoir à frapper très fort la société civile», souligne le CRLDHT.
Pour l’Ong, la procédure s’inscrivait dans «la campagne menée par les autorités contre les organisations de la société civile».
«Initialement orienté vers le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, le dossier en a été dessaisi faute de dimension terroriste. Les accusations d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État et de blanchiment d’argent ont ensuite été classées à la clôture de l’enquête, au profit de chefs d’accusation à caractère financier. Ce glissement n’a pas empêché une condamnation encore plus lourde, ce qui renforce l’impression d’une justice instrumentalisée», note encore l’Ong, qui rappelle «le caractère profondément humain et associatif du travail mené par Abdallah Saïd», dont l’association qu’il dirige s’occupe des enfants atteints de la maladie dite «des enfants de la lune».
«Derrière cette condamnation, ce sont donc aussi des enfants atteints d’une maladie rare et particulièrement vulnérables, bénéficiaires d’un travail associatif essentiel, qui subissent directement les conséquences de cette répression», souligne le CRLDHT, en rappelant la série de poursuites visant des actrices et acteurs de la solidarité et de la défense des droits, comme Cherifa Riahi, ancienne directrice de Terre d’asile Tunisie, libérée dans la nuit du 6 au 7 janvier 2026 après plus de vingt mois de détention ; Mustapha Jamali, directeur fondateur du Conseil tunisien pour les réfugiés, et Abderrazek Krimi, chef de projet, libérés après plus de dix-huit mois de détention, bien que leurs condamnations aient ensuite été confirmées en appel ; et Saadia Mosbah, toujours emprisonnée après la confirmation en appel de sa lourde peine de huit ans, dans un dossier fondé lui aussi sur des accusations financières et de gestion.
I. B.



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