Le meurtre de Jendouba, dont la victime est une femme d’une quarantaine d’années, Amel Ghazouani, commence à livrer ses secrets. L’audition du principal suspect, qui aurait avoué être l’auteur du crime, se poursuit, ainsi que d’une complice qui aurait été mise au courant des faits ou qui y aurait, elle-même pris part, selon des sources non confirmées.
Au terme de douze jours d’investigations, les unités de la brigade de police judiciaire de Jendouba auraient élucidé, hier, mardi 14 octobre, le mystère de la disparition d’une femme d’une quarantaine d’années. La famille de la victime avait signalé sa disparition après qu’elle eut quitté son domicile et son lieu de travail, situés dans un quartier de la ville de Jendouba, le 3 octobre.
L’enquête a mené à deux personnes soupçonnées d’être impliquées dans ce crime et qui ont été interpellées.
Selon les premiers éléments de l’enquête, qu’il convient de prendre avec la réserve requise, en attendant leur confirmation par les enquêteurs, le principal suspect travaillait dans la même institution que la victime, à savoir la Maison de la Culture de Jendouba.
Le meurtre a été planifié après que la victime a découvert une information compromettante concernant l’auteur principal. Craignant que son secret ne soit révélé, le meurtrier a décidé d’attirer la victime dans un piège. Il l’a amenée à bord de son véhicule vers une zone déserte, au nord de Jendouba, l’a tuée sauvagement, avant de jeter son corps dans une fosse profonde (de 6 mètres selon certaines sources, de 11 mètres selon d’autres), située dans une maison abandonnée de la région — propriété de l’un de ses proches — avant de le recouvrir de pierres et de terre.
Il ressort également des premiers éléments que le suspect est retourné plusieurs fois sur les lieux, durant les trois jours suivants, pour ajouter davantage de pierres et de terre dans la fosse, jusqu’à ce que le trou soit entièrement comblé.
Il ne s’est pas arrêté là : il a acheté du sable et du ciment pour achever de recouvrir l’endroit où la victime avait été enterrée. Ces matériaux ont constitué l’indice clé ayant permis de découvrir le crime, d’autant plus que l’auteur n’avait pas effectué des travaux de construction chez lui ces derniers temps. C’est cette piste ce qui a d’ailleurs conduit les agents de la police judiciaire à concentrer leurs soupçons sur le suspect et à surveiller ses moindres faits et gestes jusqu’à son arrestation avant-hier.
Les investigations et la confrontation du suspect principal avec les éléments recueillis ont abouti à ses aveux ; il a d’abord affirmé avoir commis le crime seul, prétendant avoir étranglé la victime avec une écharpe à l’intérieur de son véhicule, avant de se rétracter et de citer le nom d’une complice.
Après l’inspection du lieu d’inhumation de la victime et en présence d’un représentant du ministère public près le Tribunal de première instance de Jendouba, l’opération d’excavation a débuté hier mardi, vers huit heures du matin, à l’aide d’une pelleteuse. Les travaux se sont poursuivis jusqu’à 17 heures, heure à laquelle la dépouille a été extraite. Après examen, le représentant du ministère public a ordonné le transfert du corps au CHU de Jendouba en vue d’une autopsie ; la dépouille présentait déjà des signes de décomposition, mais portait des traces de violences.
I. B.



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