À travers son exploitation agricole, son engagement pour la valorisation des produits locaux et son action auprès des femmes en milieu rural, Amal Mekni incarne une agriculture tunisienne innovante, inclusive et durable. Sa reconnaissance par la FAO met en lumière le rôle moteur des femmes dans la transformation des systèmes agroalimentaires.
De la région de Béja au siège de la FAO à Rome, le parcours d’Amal Mekni illustre la capacité des femmes à transformer les défis du monde rural en opportunités économiques et sociales. Ingénieure agronome et entrepreneure agricole tunisienne, elle figure parmi les 100 femmes héroïnes des systèmes agroalimentaires et du développement rural distinguées par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans le cadre de l’Année internationale des agricultrices 2026.
La cérémonie de reconnaissance s’est tenue le 15 octobre au siège de la FAO, à Rome, en marge du Forum mondial de l’alimentation.
Cette distinction internationale salue des femmes dont le leadership, l’expertise et l’innovation contribuent à renforcer les systèmes agroalimentaires, à créer des opportunités pour les communautés rurales et à promouvoir un développement plus durable et inclusif. La sélection a été effectuée à l’issue d’un processus international ayant reçu 609 candidatures provenant de 131 membres de la FAO.
De l’expertise agronomique à l’entrepreneuriat agricole
À la tête de La Reine du Nord, une exploitation agricole située dans le gouvernorat de Béja, Amal Mekni a choisi de mettre ses compétences au service du développement agricole de sa région. Après une expérience dans l’industrie agroalimentaire, elle s’est engagée dans l’entrepreneuriat, avec l’ambition de valoriser les ressources locales et de développer une activité créatrice de valeur.
Son projet s’inscrit dans une logique de valorisation des produits du terroir, notamment à travers l’élevage et la transformation laitière.
Cette orientation avait déjà été mise en lumière par la FAO en 2021, lorsqu’Amal Mekni figurait parmi les jeunes entrepreneures accompagnées dans le cadre d’un programme consacré à l’investissement responsable des jeunes dans l’agriculture. Son projet portait alors sur l’élevage de brebis de race locale Thibar et la production de fromages de qualité, avec une ambition affirmée de valoriser les produits typiques du nord de Béja.
Au-delà de la production, cette démarche illustre l’intérêt de rapprocher savoir-faire agronomique, transformation agroalimentaire et valorisation commerciale des produits locaux. Elle témoigne également du potentiel de l’entrepreneuriat agricole pour stimuler l’économie régionale et contribuer à la création d’activités et d’emplois en milieu rural.
Un engagement qui dépasse les frontières de son exploitation
La portée du parcours d’Amal Mekni réside aussi dans son engagement en faveur des autres femmes en milieu rural. Celle-ci préside un groupement de développement agricole féminin et accompagne une trentaine de femmes vers une plus grande autonomie économique. Elle contribue également au développement des compétences, avec plus de 100 stagiaires formés, et soutient des initiatives génératrices de revenus.
Cette dimension collective donne une portée particulière à son engagement, car au-delà de la réussite d’une entreprise, il s’agit de favoriser l’accès des femmes aux compétences, de soutenir leurs initiatives économiques et de renforcer leur participation à la création de valeur dans les territoires ruraux.
En mettant l’accent sur la valorisation des productions locales et l’autonomie économique des femmes, son expérience illustre une approche du développement rural dans laquelle l’innovation et la performance agricole peuvent aller de pair avec l’inclusion sociale.
Mettre les femmes en milieu rural au premier plan
La distinction accordée à Amal Mekni par la FAO dépasse la reconnaissance d’un parcours individuel. Elle contribue à rendre plus visibles les compétences, l’expertise et le leadership des femmes qui participent quotidiennement au fonctionnement des systèmes agroalimentaires, souvent sans bénéficier d’une reconnaissance à la hauteur de leur contribution.
Cette mise en lumière prend un relief particulier en 2026, proclamée Année internationale des agricultrices par les Nations Unies. L’initiative vise notamment à sensibiliser à la contribution essentielle des femmes à l’agriculture, à la sécurité alimentaire et à la résilience économique, tout en attirant l’attention sur les inégalités qui limitent encore leur accès aux ressources, aux services et aux opportunités..
Pour la Tunisie, le parcours d’Amal Mekni constitue un exemple inspirant de la manière dont l’entrepreneuriat agricole peut contribuer à dynamiser les territoires, à valoriser les produits locaux et à ouvrir des perspectives économiques aux femmes rurales.
D’après FAO.



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