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	<title>Archives des Abbassides - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Abbassides - Kapitalis</title>
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		<title>‘‘Histoire des Fatimides’’ &#124; Du conflit de légitimité à l’arabisation, ou la cruelle nécessité de l’Histoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Apr 2025 07:06:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qui eût cru que les guerriers berbères de Koutama seraient allés combattre au Moyen-Orient contre les Arabes, les Turcs, et les Byzantins? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/13/histoire-des-fatimides-du-conflit-de-legitimite-a-larabisation-ou-la-cruelle-necessite-de-lhistoire/">‘‘Histoire des Fatimides’’ | Du conflit de légitimité à l’arabisation, ou la cruelle nécessité de l’Histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Qui eût cru que les guerriers berbères de Koutama seraient&nbsp;allés combattre au Moyen-Orient contre les Arabes, les Turcs, et les Byzantins? Ce fut en fait cela, l’empire Fatimide, debout seul contre tous, luttant inlassablement pour la victoire de l’Imamat et de la lignée d’Ali, le cousin du prophète, et de son épouse Fatma.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-16164334"></span>



<p>C’est ainsi que la petite ville syrienne de Salmiya fut la pépinière par le biais de laquelle les prédicateurs légitimistes ismaéliens de la lignée de Ali s’étaient élancés vers les territoires les plus lointains de l’empire musulman à la recherche de partisans avec un objectif: abattre la dynastie des Abbassides usurpateurs et la remplacer par celle du prophète.</p>



<p>Néanmoins, avant cela, une crise s’était produite : l’imam Jaafar Sadek avait déshérité son fils Ismaïl au profit de Moussa, et de cette contestation naîtront les Ismaéliens imbus d’ésotérisme, de philosophie platonicienne et de gnosticisme d’un côté, et les chiites duodécimains de l’autre, imbus de légitimisme, dont le dernier Imam, Mohamed Ben Al Hanafia, sera occulté, ainsi que le disent les fidèles, pour céder la place au clergé chiite dans le leadership politique et l’interprétation des textes sacrés (falsifiés selon eux), avant son retour&nbsp; à la fin des temps.</p>



<p>Les Fatimides, et leurs frères ennemis, les Qarmates, se situeront dans la mouvance ismaélienne dont un nouveau schisme issu du terrible calife Al Hakim donnera naissance par le biais d&rsquo;un certain Mohammed Ben Ismail, aux Druzes, adeptes de la transmigration.</p>



<p>D&rsquo;un schisme ultérieur dans la dynastie fatimide apparaîtront les Nizarites, partisans de Nizar, un autre Imam déshérité et assassiné, dont se réclameront&nbsp;les partisans de Hassan Sabbah, les Hachichines ou Assassins, pour contester la légitimité fatimide. Il n’a pas suffi que les Fatimides supplantent les Aghlabides dans la partie Est de l’Algérie actuelle, près de Setif et Béjaia, après le travail préparatoire effectué par leurs envoyés durant la vingtaine d’années précédant&nbsp;l’arrivée du Mahdi, pour mobiliser les Koutama de l’Aurès, abattre le pouvoir des Aghlabides de Kairouan, des Rostémides de Tiaret et des Midrarides, de Sijilmassa, tous kharidjites.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De Mahdia au Caire  </h2>



<p>Oubeydallah Al Mahdi d’origine probablement yéménite, qui se proclame Calife est le fondateur de la dynastie en 909 de l’ère universelle, supprime toute dissidence, réprime toute révolte, y compris en massacrant ses propres partisans, et gouverne l’ensemble du Maghreb d’une main de fer. Il installe sa capitale à Mahdia, Kairouan n’étant pas sûre. </p>



<p>Seuls Ceuta et Melilla, les avant-postes de l&rsquo;État Omeyyade de Cordoue dirigé par le Calife Abderrahmane III, échappent alors à son pouvoir. La Sicile et le Sud de l’Italie subissent son autorité grâce à une marine de guerre aussi entreprenante qu’efficace contre la flotte byzantine. </p>



<p>Mais l’objectif du Mahdi et de ses successeurs est bien évidemment Bagdad, le Califat suprême, au détriment des Abbassides. Après sa mort, la grande révolte Zenata du Maghreb Central dirigée par un berbère, Abou Yazid, dit l’Homme à l’Âne, éclate, soutenue par les reliquats aghlabides et l’émirat de Cordoue, elle dure une dizaine d’années. Il faut reconquérir tout le pays et grâce à l&rsquo;appui des tribus Sanhaja les Fatimides rétablissent leur autorité.</p>



<p>Mais à partir de 970 sous le Calife Al Moez, celui qui brandit son épée en s&rsquo;écriant : <em>«Voici ma lignée !»</em> et qui s’exclama en jetant des poignées de pièces d’or: <em>«Voici ma légitimité !»</em>, les Fatimides, après avoir abattu l’État des Ikhshidides, émigrent en Egypte et laissent un Maghreb pacifié et unifié sous l&rsquo;autorité des Sanhaja. Ils se heurtent au royaume chrétien de Nubie au sud, aux Hamdanides d’Alep, aux Byzantins, aux Buwayhides et aux Abbassides d’Irak, et surtout à leurs frères ennemis, les Qarmates du Bahreïn et de Syrie qui ne reconnaissent pas la légitimité de la dynastie des nouveaux maîtres du  Caire.</p>



<p>L’histoire des Farimides ne sera alors plus qu&rsquo;une succession de flux et de reflux dont l’élément militaire principal sera constitué d’abord par les Berbères, qui seront supplantés par les Soudanais et même les Arméniens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Intrigues, guerres civiles et trahisons </h2>



<p>En effet, l’Etat fatimide, semblable en cela aux impérialismes européens, s’avère singulièrement tolérant envers les minorités et confère à ses communautés juive et chrétienne une place éminente y compris dans le domaine politique. Cela ne va pas sans susciter des réactions parfois sanglantes. Mais petit-à-petit les Califes fatimides sont mis à l&rsquo;écart des affaires par des ministres entreprenants de différentes communautés, plus soucieux de leurs intérêts personnels que de celui de l’Etat qu’ils servent et qui instaurent un climat d’intrigues, si ce n’est de guerres civiles, et même de trahison en pactisant avec les ennemis. </p>



<p>Le principal enjeu de la bataille se situe en Syrie du Nord dans l’espace séparant l’Oronte de l’Euphrate et dont Alep constitue la ville principale, quand les offensives et les contre-offensives se succèdent sans faire la décision.</p>



<p>Naturellement, les envahisseurs Croisés, réussissent à prendre Edesse dans la Djazira mésopotamienne mais ne s’y maintiennent pas plus de 50 ans, puis Jérusalem au prix d’un bain de sang. En fait, ils finissent par déplacer les opérations militaires vers la façade méditerranéenne du Moyen-Orient, dont ils occupent toutes les villes, ainsi que celle de&nbsp; l’Egypte.</p>



<p>La marine Fatimide, au départ l’une des plus puissantes de son temps qui disputait à Byzance la maîtrise de la Sicile et des îles de la Méditerranée, ne peut plus, après les chutes de Tyr et d’Ashkelon aux mains des Croisés, influer sur le cours des événements.</p>



<p>Néanmoins, l’élément décisif qui inverse le cours de la guerre est évidemment l’irruption des Turcs islamisés en Irak, puis en Syrie, et surtout la collaboration militaire entre l’atabeg de Mossoul Noureddine Zengi et son représentant à Damas, le Kurde Shirkuh, oncle de Salaheddine ou Saladin, le futur sultan d’Egypte.</p>



<p>En fait, la chute du califat fatimide d’Egypte consacre l’union de ce pays avec le Cham sous la même autorité Ayyoubide, sans laquelle les Croisés&nbsp;n’auraient pu être battus ni expulsés. Du moins c’est ainsi que les peuples arabes actuels situent ces faits de l’Histoire. On peut même penser qu’en fut inspirée l’idée de la République arabe unie censée assurer l’équilibre&nbsp;stratégique&nbsp;avec l’ennemi&nbsp;sioniste et qui s’est terminée malencontreusement&nbsp;par la sécession syrienne de 1961, ourdie par la CIA.</p>



<p>En 1973, l’alliance militaire syro-égyptienne fut à l’origine du cauchemar israélien de la guerre du Kippour. Et si on veut rechercher l’origine de la chute toute récente de Bachar Al-Assad, il faut en revenir à la crainte sioniste de l’encerclement, fatal aux royaumes croisés, et à sa volonté de neutraliser le théâtre d’opérations syrien contre toute alliance irakienne ou égyptienne, en y maintenant un Etat faible isolé et déchiré par la guerre civile et l’intervention étrangère.</p>



<p>Il n’en demeure pas moins que le Califat Fatimide fut un facteur de division et de guerre d’abord à l’intérieur même de l’Islam, en commençant par le Maghreb dont il élimina les royaumes kharidjites, même si on peut lui faire crédit d’avoir supporté seul le poids des terribles invasions byzantines aux X<sup>e</sup> et XI<sup>e</sup> siècle, de la Riviera levantine. Cela n’empêche pas d’essayer de rechercher en quoi il pût être positif dans l’Histoire de la Tunisie ou du Maghreb.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des malvenus opportunistes ?</h2>



<p>Sans vouloir entrer plus en avant dans les considérations théologiques de la doctrine ismaélienne qui ne constituent pas le sujet de ce livre, les Fatimides sont toujours considérés comme des malvenus opportunistes dont la Tunisie ne fut qu’un tremplin, une étape provisoire dans leur grand dessein oriental, et qui plus est, pour le punir d’avoir à juste titre secoué la tutelle politique et religieuse des despotes du Caire, envoyèrent contre elle les tribus bédouines sauvages des Banou Hilal, dont le seul <em>«mérite»</em> que nos manuels d’Histoire leur reconnaissent d’une manière très contestable fut d’y avoir ancré la langue arabe.</p>



<p>Il n’en demeure pas moins que les Mourabitoun et surtout les Mouahidines, des Berbères, s&rsquo;inspireront plus tard de la légitimité de l’Imam pour fonder leurs États;&nbsp; tout comme le fera la monarchie marocaine actuelle sunnite d’ascendance alaouite.&nbsp;</p>



<p>Ainsi pour résumer, le Califat Fatimide ne fut que le mal nécessaire aux dépens&nbsp;duquel l’Islam qui compte, celui d’obédience sunnite, apura d’une manière fonctionnelle le contentieux jusque-là insoluble de la légitimité héritée de la Fitna, et, menacé de disparition, réussit à assurer la coordination minimale syro-égyptienne nécessaire à sa pérennisation et à l’expulsion des Croisés, jusqu’à l’époque moderne.&nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em>‘‘Histoire des Fatimides en Afrique du Nord, Egypte et Levant’’, de Mohamed Souhail Taqouche, en arabe, éditions Nafaes, 560 pages.</em></strong></p>
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		<title>‘‘Histoire du Coran’’ : de l’islam de la fin des temps à celui des émirs du Golfe</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/07/histoire-du-coran-de-lislam-de-la-fin-de-la-fin-des-temps-a-celui-des-emirs-du-golfe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jul 2024 07:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel est le contexte historique, religieux, politique et linguistique de la rédaction di Coran ?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Livre de l’au-delà, le Coran en provient-il ? Ce n&rsquo;est pas à cette question que cet ouvrage s’efforce de répondre, préoccupé par la recherche des éléments matériels qui composent le corpus coranique ainsi que l’analyse de la pensée qui le sous-tend.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-13522065"></span>



<p>Cette recherche a mis à contribution nombre de techniques modernes d’investigation&nbsp;des écrits dans leurs formes et leurs supports (épigraphie, paléographie, radioactivité du Carbone 14), mais aussi dans leurs contenus (philologie, herméneutique), afin de déterminer la teneur des écrits coraniques, le contexte historique, religieux, politique, linguistique, de leur rédaction.</p>



<p>Or il s’avère que la langue utilisée dans le Coran est celle du Hedjaz du VIIe siècle de l’ère Universelle (eU), celle qui a été qualifiée d’authentique claire (<em>fosha</em>), mais dont les règles&nbsp;ont été souvent ignorées au bénéfice des contraintes imposées par la rime. Et elle est parsemée de mots étrangers allant de l’Hébreu et l’Araméen (<em>moshaf, salat, zakat, shahid</em>)&nbsp; au Grec (<em>qostas</em>), et à l’Ethiopien (<em>Jibt, Taghout</em>).</p>



<p>Quant à l&rsquo;écriture arabe cursive arrondie, la plus ancienne semble se situer chez les Nabatéens (Pétra) au 3e siècle eU, contemporaine de l’Etat arabe de Palmyre, inscrite sur de la roche, une écriture graphique d’ailleurs apparentée à celle des Nabatéens, sans voyelles, ponctuations, ni diacritiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fait religieux et conjoncture historique</h2>



<p>Le nom de Mohamed, fait sa première apparition sur une pièce de monnaie vers 698 eU, soit 66 ans après la Hijra. Et une formule utilisée usuellement de nos jours, telle que <em>«La Ilaha illa Allah Mohamed Rassoul Allah»</em>, gravée sur la mosquée du Dôme du Rocher construit par le Calife Omeyyade Abdulmalak Ibn Marwane, n’avait jusque-là pas eu de précédent, du moins accompagnée du nom du prophète. Seul <em>«La ilaha illa Allah»</em> avait été utilisée. Et il s’avère que des noms tels que Rahmane étaient connus au Yémen au moins deux siècles avant l’apparition de l’islam.</p>



<p>Pour ce qui est de la datation des feuillets du Coran, les plus anciennes se situent entre 599 et 699 eU. Mais il n’y a pas que le Codex et les feuillets, il y a aussi les inscriptions sur les rochers écrites par des particuliers d’une manière angulée qui reproduisent des versets du Coran et qui s’étendent de la Syrie jusqu’à l’Arabie; les versets retrouvés ne sont parfois pas identiques au texte. Plusieurs versets évoquent le prophète Issa (Jésus). Et ce sont les versets les plus courts, ceux de Amma, qui, paradoxalement, manquent.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="YCk6snq32z"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/30/islam-et-science-un-debat-jamais-clos/">Islam et science : un débat jamais clos</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Islam et science : un débat jamais clos » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/30/islam-et-science-un-debat-jamais-clos/embed/#?secret=4TOXlsgXwk#?secret=YCk6snq32z" data-secret="YCk6snq32z" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Ainsi la piété populaire dans les 50 années ayant suivi la mort du prophète semble avoir ignoré&nbsp;la <em>Basmala</em> et la <em>Fatiha</em>, ce qui pour un musulman contemporain est surprenant.</p>



<p>Relativement aux thèmes abordés dans le corpus, un paradigme important caractérisant l’islam actuel, <em>«le sceau de la prophétie»</em>, avait été revendiqué par le prophète iranien Mani, fondateur du manichéisme au IIIe siècle eU. Le plus intéressant est que son père était membre de la secte baptiste des Elkasaïtes, pour qui Jésus Christ n’était qu&rsquo;un simple prophète mortel dénué de tout attribut divin, ainsi que le confesseraient&nbsp;plus tard les musulmans.</p>



<p>Quant à des récits tels celui de <em>Ahl El-Kahf</em>, et de <em>Dhu l Qarnayn</em>, c’est dans la littérature syriaque et manichéenne qu’on les retrouve, dans une perspective de fin imminente du monde, la corne étant l’un des attributs de la bête vue en rêve par le prophète de la Bible Daniel, captif à Babylone. Mais si on admet que la croyance en un dieu unique, ainsi que les préoccupations apocalyptique (fin du monde) et eschatologique (vie après la mort) constituent la préoccupation principale de l’islam, celle-ci a souvent été partagée par les églises chrétiennes d’Orient, par le biais des écrits qu’on a qualifiés de pseudo apocalypses, et dont la rédaction a été stimulée par les multiples guerres opposant les Byzantins aux Perses Sassanides.</p>



<p>Ainsi le fait religieux ne se dissociait donc pas de la conjoncture historique. Et c&rsquo;est en pleine querelle christologique sur la nature du Christ, unique ou double, différentiée ou non, que l’islam apparaissait. Mais l’histoire de la compilation du Coran soulève un autre problème, celui de l’authenticité du texte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les l’accusations de manipulation du texte</h2>



<p>On sait en effet que différentes versions existaient, depuis celles de Damas,&nbsp;Basra, Koufa, jusqu’à celle de Othmane, réputée les avoir toutes abrégées. Mais elles ont toutes disparu après l’œuvre de correction entreprise par le général Hajjaj Ibn Youssouf et le gouverneur Ubaidallah Ibn Ziyed, sous le Calife Abdul Malek Ibn Marwane, deux personnalités à poigne réputées plutôt pour leur savoir-faire expéditif contre les opposants au Calife que pour leurs qualités intellectuelles. Mais la réalité est là: c’est un État Omeyyade à son plus haut niveau militaire qui avait repris à son compte la compilation et la codification du Coran, alors que sa légitimité n’a jamais cessé d’être contestée. Et une raison de la contestation par les Chiites portait justement sur l’accusation de manipulation du texte coranique, et sur l’existence selon eux d’une version alternative authentique que seuls les imams connaîtraient, leur conférant même une autorité supplémentaire&nbsp; d’interprétation de l’écriture falsifiée.</p>



<p>Néanmoins, si les écrits chiites sont parsemés d’ajouts fragmentaires qui seraient issus de la version authentique, la réalité est que jusqu’à maintenant, aucune version supplémentaire du Coran n’a été découverte. La conclusion des auteurs de cette Histoire du Coran est sans appel: la religion musulmane actuelle est dans le meilleur des cas issue des contraintes politiques, culturelles, religieuses, qui durant les cinquante années suivant son apparition, l’ont façonnée, et dans le pire une invention des Califes Omeyyades et Abbassides.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GU2ypChh79"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/26/la-deuxieme-fatiha-sapproprier-le-coran-depuis-la-bataille-de-siffin-jusqua-nos-jours/">‘‘La deuxième Fatiha’’ : s’approprier le Coran, depuis la bataille de Siffin jusqu’à nos jours</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La deuxième Fatiha’’ : s’approprier le Coran, depuis la bataille de Siffin jusqu’à nos jours » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/26/la-deuxieme-fatiha-sapproprier-le-coran-depuis-la-bataille-de-siffin-jusqua-nos-jours/embed/#?secret=XWNYV2VJAO#?secret=GU2ypChh79" data-secret="GU2ypChh79" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Cependant, on ne peut pas ignorer que toutes les recherches menées sur l’islam et utilisant les outils d’investigation modernes,&nbsp;et la prétendue&nbsp;critique rationnelle, n’ont jamais été neutres. Si l’orientalisme a eu pour fonction de faire accepter la domination coloniale aux musulmans, en jetant un doute sur le bien-fondé de leur culture, les recherches actuelles sont utilisées pour faire accepter le fait accompli israélien, au nom d’une supposée primauté juive sur le monothéisme, tout autant qu’un ordre économique mondial foncièrement injuste.</p>



<p>Évidemment cette perception musulmane réactionnelle, celle de la citadelle assiégée, est celle-là même dont les traditionalistes alliés aux islamistes se servent pour justifier le maintien d’un supposé caractère sacré spécifique de la société que, à l’ère de l’Internet, beaucoup jugent pesant et rétrograde.</p>



<p>Malgré cela, la faute capitale des musulmans contemporains se situe dans le fait de laisser à leurs adversaires le champ libre à la critique, de les y aider même en usant des mêmes outils, ceux de l’orientalisme, sans entreprendre une contre-narration originale, rationnelle et cohérente de leur propre Histoire .Or, l’inertie ne peut servir de stratégie.&nbsp;Si le peuple palestinien dans sa lutte pour ses droits nationaux a parfois prêté le flanc à l’accusation de terrorisme, c’est aussi à cet immobilisme qu’on le doit.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Histoire du coran : contexte, origine, rédaction’’, de Mohammad Ali Amir-Moezzi et Guillaume Dye, éditions du Cerf, 13 octobre 2022. 1 092 pages. </em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JVfi6W1oRE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/">Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/embed/#?secret=EV8l3BHnh8#?secret=JVfi6W1oRE" data-secret="JVfi6W1oRE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘La seconde fitna’’: Contre l’orientalisme et la sacralisation, démystifier le récit fondateur</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/16/la-seconde-fitna-contre-lorientalisme-et-la-sacralisation-demystifier-le-recit-fondateur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Jun 2024 07:29:30 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Boutheina Ben Hassine]]></category>
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		<category><![CDATA[Omeyyades]]></category>
		<category><![CDATA[prophète Mohamed]]></category>
		<category><![CDATA[seconde fitna]]></category>
		<category><![CDATA[Yazid Ibn Mouaouia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce livre détaillé traite d’une époque charnière dans l’histoire de l’islam dont les effets continuent de se faire sentir.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/16/la-seconde-fitna-contre-lorientalisme-et-la-sacralisation-demystifier-le-recit-fondateur/">‘‘La seconde fitna’’: Contre l’orientalisme et la sacralisation, démystifier le récit fondateur</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si les pays arabes représentent aujourd’hui un néant stratégique abyssal ainsi que ne fait que le confirmer leur silence face aux massacres de Gaza et un alignement inconditionnel sur le nouveau calife, Israël, dont ils paieront inévitablement le prix, il serait plus judicieux d’en chercher la raison ailleurs que dans des accusations contre des ennemis qui forcément ont beau jeu de tirer profit de nos errements.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-13319744"></span>



<p>Ce livre détaillé traite d’une époque charnière dans l’histoire de l’islam dont les effets continuent de se faire sentir. Il n’est pas ici opportun d’évoquer les guerres dont l’enjeu a été le pouvoir après la mort du prophète Mohamed et qui ont abouti à la l’accession au califat de Mouaouia Ibn Abi Sofian, chef de la famille Omeya à la suite du modus vivendi obtenu avec l’accord de l’imam Hassan Ibn Ali, chef de la famille Hachem, reconnaissant au premier la dignité de la charge, jusqu’à sa mort, ce dernier devenant ainsi son successeur.</p>



<p>Le conflit a rebondi lorsque Mouaouia revenant sur ses engagements tenta de faire introniser comme héritier son fils, Yazid, réputé être un sybarite avide de plaisirs et incapable d’assurer les charges de l’Etat. C’est&nbsp; Moughira&nbsp;Ibn Chou’ba, l’un des apôtres,&nbsp;<em>«promis au paradis»</em>, qui le premier le suggéra, pour éviter d’être limogé de son poste de gouverneur en Irak.</p>



<p>A la mort de son père, le premier souci de Yazid fut de tenter d’obtenir l’hommage des chefs considérés comme les plus dangereux, Hussein Ibn Ali, petit-fils du prophète Mohamed, et Abdallah Ibn Zoubeir, arrière petit-fils du premier calife Abou Bakr, résidant à Médine.</p>



<p>Tous deux pour échapper aux pressions du gouverneur et pour se soustraire à cette obligation s’enfuirent à la Mecque et devinrent ainsi des opposants déclarés au premier calife.</p>



<p>Là, Hussein reçut un message venu de la ville irakienne d’Al-Koufa écrit par des partisans (<em>chiaa</em>) de son père Ali lui promettant l’aide et la reconnaissance nécessaires pour réclamer la dignité califale, selon eux usurpée par la famille Omeya.</p>



<p>Hussein décida d’envoyer secrètement son cousin Mouslim Ibn Aqil afin de préparer son arrivée. Mais prévoyant, et connaissant le danger représenté par l’Irak, le calife envoya à Al-Koufa un gouverneur énergique, Oubaidallah Ibn Ziyad, chargé de lui barrer la route et de le réduire, au besoin en le tuant. Établissant une véritable surveillance policière, il réussit grâce à ses informateurs à localiser l’agent secret et cousin de l’Imam Hussein, et à démanteler son organisation. La répression fut terrible. Ils furent tous torturés, précipités du haut des remparts du palais, achevés et décapités, leurs têtes étant envoyées au Calife Yazid à Damas, sans aucune prise en compte d’éventuels liens familiaux ou tribaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Atrocités, viols, séquestration des biens</h2>



<p>Lorsque l’imam Hussein apprit la nouvelle, il était déjà engagé dans le désert sur la route vers l’Irak avec toute sa famille, essentiellement des jeunes, des femmes et des enfants. S’étant enquis auprès du poète Al-Farazdaq sur les habitants d’Al-Koufa chez qui il se rendait, il suscita cette réponse cinglante: <em>«Leurs cœurs sont avec toi, leurs épées sont avec tes ennemis»</em>. Malgré cela il refusa de rebrousser chemin, cédant à la volonté des enfants de Mouslim Ibn Aqil désireux de le venger, et fut intercepté aux confins de l’Irak par des cavaliers envoyés par le gouverneur d’Al-Koufa à sa recherche. Il se retrouva privé d’eau face à une armée d’une dizaine de milliers d’hommes et refusant de prêter hommage, il fut massacré avec sa famille, et décapité, sa tête envoyé au Calife à Damas. Les corps ne furent pas enterrés et furent abandonnés aux bêtes sauvages. Seuls les femmes et un jeune, Ali, furent laissés en vie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ynF8pqN7Wg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/09/les-derniers-jours-de-muhammad-enquete-de-hela-ouardi/">‘‘Les derniers jours de Muhammad’’ : Enquête de Héla Ouardi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Les derniers jours de Muhammad’’ : Enquête de Héla Ouardi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/09/les-derniers-jours-de-muhammad-enquete-de-hela-ouardi/embed/#?secret=jFXiuX2Wzo#?secret=ynF8pqN7Wg" data-secret="ynF8pqN7Wg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Entretemps, Médine où habitaient les illustres compagnons et témoins du prophète Mohamed avec leurs familles avait également refusé de prêter hommage à Yazid considéré comme un usurpateur, et la famille Omeya s’était retrouvée encerclée dans la maison d’Al-Hakam. Une armée professionnelle de 12.000 hommes avait donc été envoyée du Cham (Syrie)&nbsp;pour réduire la ville rebelle sous les ordres d’un vieux combattant connu pour sa fidélité à la famille Omeya, Muslim Ibn Okba. Il s’ensuivit une bataille dite d’Al-Hourra contre les gens de Médine et l’armée du Cham composée de troupes aguerries contre les Byzantins, n’avaient fait qu’une bouchée de leurs adversaires.</p>



<p>Tous les vaincus furent massacrés, et ainsi disparut la première génération des musulmans compagnons du prophète Mohamed, et Mouslim Ibn Okba n’épargna même pas son propre cousin.</p>



<p>La ville fut soumise trois jours durant aux exactions de la soldatesque et au pillage. Les femmes furent violentées et il en résulta plus de 900 naissances, qualifiées d’enfants d’Al-Hourra. Le quatrième jour, la population fut réduite au statut d’esclave et dut prêter serment. Il restait à réduire Abdallah Ibn Zoubeir&nbsp;réfugié à la Mecque appuyé par ses partisans, par des combattants kharijites et même par des troupes venues d’Ethiopie envoyées par le Négus. Le rebelle avait manifesté son opposition en refusant de prier ou d’accomplir les rites du pèlerinage sous l’autorité des officiels omeyyades. Le gouverneur de Médine lui avait bien envoyé son frère et néanmoins ennemi Amr ibn Zoubeir pour le capturer mais ce dernier avait échoué, s’était laissé prendre, avait été torturé et fouetté, et était mort en détention d’infection et d’épuisement.</p>



<p>Ainsi après la réduction de Médine à l’obéissance du calife Yazid, l’armée du Cham dirigée par Hussein ibn Noumeir, remplaçant son prédécesseur, mort,&nbsp;s’était dirigée vers la Mecque avec ses catapultes pour réduire le dernier bastion de l’opposition. Abdallah Ibn Zoubeir s’était réfugié dans la Kaaba et l’armée omeyyade&nbsp;l’avait bombardé usant de ses lance-pierres et de ses catapultes, ce qui avait abouti à l’incendie et la destruction du monument sacré.</p>



<p>Alors que le siège se poursuivait, Abdallah Ibn Zoubeir apprit soudain que le calife Yazid était mort à Damas à l’âge de 38 ans. Il en informa ses ennemis qui refusèrent durant 40 jours de le croire avant d’en avoir confirmation. L’armée du Cham décida alors de lever le siège et de rentrer chez elle, après l’accomplissement&nbsp;du rituel du Hajj, il faut le préciser,&nbsp;et proposa à Ibn Zoubeir de l’emmener en Syrie, de le soutenir, et de l’introniser calife, moyennant sans aucun doute son pardon pour la destruction de la Kaaba et ses exactions contre la population de Médine, mais il refusa.</p>



<p>En fin de compte, Abdallah Ibn Zoubeir se proclamerait&nbsp;calife jusqu’à ce que plusieurs années plus tard il soit capturé et tué à la Mecque par l’armée omeyyade&nbsp;dirigée par le célèbre général Al Hajjaj Ibn Youssef.</p>



<p>Dans tout cela, l’État omeyyade n’avait pas fait de quartier contre ses opposants. Atrocités, viols, séquestration des biens, utilisation des membres des tribus ou des familles les uns contre les autres, massacres de la famille du prophète, violations des mois sacrés, destruction de la maison du seigneur (Kaaba), la répression avait été bien plus sévère sous Yazid que sous Mouaouia, en usant pour ce faire de fonctionnaires dont la seule qualité avait été la fidélité, qui souvent dérogeaient&nbsp;aux normes arabes de la noblesse.</p>



<p>Ainsi le gouverneur Ibn Ziyed, qui avait mené une répression impitoyable, était considéré comme le descendant d’une esclave et d’une prostituée. Faudrait-il s’en enorgueillir ou le décrier?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’islam, outil de propagande dans la lutte pour le pouvoir</h2>



<p>Quant aux principes et aux normes de l’islam, ils n’avaient été que des outils de propagande dans la lutte pour le pouvoir. Parmi tous les protagonistes, seul Hussein Ibn Ali était apparu comme un croyant sincère dans toute la plénitude du terme, soucieux d’épargner l’effusion du sang. Mais il faut reconnaître que s’étant placé en situation d’infériorité, il ne peut pas en être crédité. Par ailleurs, il n’avait pas le charisme nécessaire pour convaincre les guerriers envoyés contre lui de se retourner en sa faveur. Son imprévoyance dans son équipée irakienne qui s’était conclue&nbsp;aussi tragiquement à Karbala prouve que, n’ayant pas eu le souci de préserver sa propre famille, il n’aurait pas eu les qualités nécessaires pour gérer un empire, ce que n’a fait que confirmer la <em>«trahison»</em> des habitants d’Al-Koufa qui pourtant l’avaient sollicité pour venir chez eux, et l’impéritie de son envoyé Muslim Ibn Aqil.&nbsp;</p>



<p>A l’opposé, l’Etat omeyyade appuyé sur une bureaucratie efficace menée par des fonctionnaires énergiques, ainsi que sur la fidélité des notables chargés de redistribuer vers leurs clans les rentes issues du jihad, s’était assurée les complicités nécessaires qui lui avaient permis de triompher de ses adversaires.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mEyVhIQ50W"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/09/a-propos-du-terrorisme-islamiste-le-vieux-de-la-montagne-a-lassemblee-du-peuple/">A propos du terrorisme islamiste : le Vieux de la Montagne à l’Assemblée du peuple</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« A propos du terrorisme islamiste : le Vieux de la Montagne à l’Assemblée du peuple » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/09/a-propos-du-terrorisme-islamiste-le-vieux-de-la-montagne-a-lassemblee-du-peuple/embed/#?secret=KBZMfka3k1#?secret=mEyVhIQ50W" data-secret="mEyVhIQ50W" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Certes, la révolte de Médine d’expression religieuse avait été en grande partie due au sentiment d’injustice et au particularisme d’une région ayant pour elle la légitimité historique mais qui se sentait marginalisée au profit de la nouvelle aristocratie du Cham s’assurant les meilleures terres et accaparant&nbsp;l’eau.</p>



<p>Pour autant, sur le plan politique, la légitimité de l’Etat s’était établie sur une propagande qui ne manquait pas d’arguments convaincants: le prix du sang du calife Othman assassiné, la nécessaire union et son corollaire, l’obéissance due au calife représentant la volonté de Dieu, et chargé de mener le jihad contre les infidèles pour le bien et la prospérité de la communauté, par les revenus et les terres qu’elle en retirerait.</p>



<p>Ce fut là l’acte de naissance d’un césaro-papisme qui marque jusqu’à nos jours la vie politique dans les pays musulmans. Tributaires de l’Etat qui les corrompait, les notables ne tentèrent jamais d’établir le nécessaire contre-pouvoir qui ailleurs aboutit au parlement, et la religion finit par devenir un appendice de l’autorité politique.</p>



<p>Enfin, parmi tous les protagonistes de la seconde fitna, Abdallah Ibn Zoubeir s’était effectivement révélé celui qui, associant une légitimité familiale et religieuse incontestables, avait marqué son opposition au nom de la choura violée par l’exercice personnel du pouvoir califal, tout en étalant autant de cynisme et d’absence de scrupules (combien de frères et de neveux avait-il sacrifié à ses ambitions?) que ses adversaires. Mais son mauvais calcul au moment de la mort du calife Yazid, alors que la route du pouvoir était largement ouverte, lui avait été fatale.</p>



<p>Pour conclure, il n’est pas ici opportun de chercher pourquoi les musulmans ont commencé à s’accuser d’être <em>kafirs</em> pour s’étriper malgré les versets du Coran le leur interdisant formellement;&nbsp;cela sera traité ultérieurement, quand la grande fitna sera abordée.</p>



<p>Eu égard à l’abondante bibliographie sur le sujet qui date pour la plupart de l’époque du califat Abbasside, il est raisonnable de penser que les Omeyyades eussent pu aussi être dénigrés par ceux qui les ont renversés, supplantés, massacrés, des successeurs en mal de justification, soucieux de préserver la légitimité de l’institution califale afin de la détourner à leur profit, de rétablir la réputation de la famille de Ali héritier du prophète en tant que cousin et gendre, et subséquemment de son oncle Al- Abbas, mais aussi de dénigrer leurs prédécesseurs au point de les accuser de mécréance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">On ignorerait ainsi tout de la véritable histoire de l’islam</h2>



<p>Conformément à cette documentation qui reste la seule disponible, les musulmans ont été capables de violer, torturer, et tuer les membres de leur propre communauté,&nbsp;tout comme l’avaient fait contre la leur propre&nbsp;les Anglais durant la <em>«guerre&nbsp;des deux roses»</em>, les Allemands pendant celle <em>«des trente&nbsp;ans»</em>, les Espagnols durant la dernière guerre d’Espagne, ou selon la Bible les Israélites contre la tribu de Benjamin. Il demeure nécessaire de le préciser pour régler son compte à un exceptionnalisme judéo-chrétien soi-disant fondateur de la morale des peuples civilisés.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LnX8GLVYub"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/30/le-17-du-ramadan-ou-la-defaite-de-lutopie-face-a-lesprit-de-clan-en-islam/">Le 17 du ramadan, ou la défaite de l’utopie face à l’esprit de clan, en islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le 17 du ramadan, ou la défaite de l’utopie face à l’esprit de clan, en islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/30/le-17-du-ramadan-ou-la-defaite-de-lutopie-face-a-lesprit-de-clan-en-islam/embed/#?secret=teP4QfOGsX#?secret=LnX8GLVYub" data-secret="LnX8GLVYub" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Mais en supposant que les faits rapportés par les auteurs du Tafsir et de la Sira soient vrais, cela remettrait en question le bien-fondé d’une religion censée conférer à ses adeptes un sens moral élevé. Si ces&nbsp;faits ne le sont pas, les clercs abbassides auraient créé un tissu de mensonges et une histoire à charge dont on assume aujourd’hui les conséquences.</p>



<p>On ignorerait ainsi tout de la véritable histoire de l’islam, comme  par exemple si le scandale se fut situé ou non dans l’usage de méthodes répressives contre les musulmans réservées en principe aux populations vaincues et occupées. Des musulmans ont été capables de massacrer la famille de leur prophète et d’outrager les femmes de la ville sainte de Médine, alors même que dans le Coran on fait reproche aux Juifs de tuer les envoyés de Dieu injustement.</p>



<p>Y a-t-il eu&nbsp;des viols&nbsp;de femmes juives à Gaza le 7&nbsp;Octobre dernier ainsi que le prétendent les sionistes pour justifier leurs propres crimes? On peut légitimement se poser la question, même s’il n’est actuellement pas opportun de le faire. Mais le sera-t-il jamais? Il n’est donc pas sûr qu’il n’y&nbsp;ait jamais eu une <em>«meilleure communauté»</em>, pas plus qu’un peuple élu. Pourtant, l’essence de l’islam, tout comme d’ailleurs celle du judaïsme ou du christianisme, c’est le courage de protester contre l’injustice, dont la manifestation contemporaine la plus éclatante est le mouvement dans les campus américains et en Occident contre la guerre à Gaza. Il faudrait donc cesser d’idéaliser un passé qui nous vaut souvent aujourd’hui dans le monde, non seulement de prêter le flanc aux attaques de nos ennemis, mais également&nbsp;le mépris à cause de nos Etats arabes qui s’associent par opportunisme ou absence de&nbsp; sens moral à leurs entreprises, tant bien même ces attaques seraient dirigées seulement contre quelques-uns parmi nous, ceux qui dérangent.</p>



<p>Si les pays arabes représentent aujourd’hui un néant stratégique abyssal ainsi que ne fait que le confirmer leur silence face aux massacres de Gaza et un alignement inconditionnel sur le nouveau calife, Israël, dont ils paieront inévitablement le prix, il serait plus judicieux d’en chercher la raison ailleurs que dans des accusations contre des ennemis qui forcément ont beau jeu de tirer profit de nos errements.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.  </em></p>



<p><strong><em>‘‘La seconde fitna au temps di calife Yazid Ibn Mouaouia’’ (en arabe), de Boutheina Ben Hassine, préface de Hichem Djaït, éditions Al-Jamal, 1er mars 2013, 705 pages.  </em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="L8VmYv7Wig"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/embed/#?secret=YxDyBB6hqp#?secret=L8VmYv7Wig" data-secret="L8VmYv7Wig" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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