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	<title>Archives des Abdelhamid Largueche - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Abdelhamid Largueche - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Migrants subsahariens l Ce que la Tunisie refuse de voir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 06:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce que nous appelons «crise migratoire» en Tunisie parle souvent moins des migrants que de nous-mêmes. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/13/migrants-subsahariens-l-ce-que-la-tunisie-refuse-de-voir/">Migrants subsahariens l Ce que la Tunisie refuse de voir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ce que nous appelons «crise migratoire» parle souvent moins des migrants que de nous-mêmes. La manifestation contre le racisme organisée samedi 11 avril 2026 à Tunis n’est pas une scène périphérique. C’est un miroir. Un révélateur. Une condensation visible d’angoisses sociales plus profondes : précarité persistante, déclassement, fatigue démocratique et perte de repères collectifs.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong></p>



<span id="more-18620994"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg" alt="" class="wp-image-18218829" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Dans ce contexte, une présence étrangère pourtant marginale devient centrale. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les migrants subsahariens en situation irrégulière représentent une part limitée de la population tunisienne – estimée entre 20 000 et 25 000 personnes. Leur visibilité suffit cependant à produire un effet de loupe. Ce que les chiffres relativisent, l’imaginaire social l’amplifie.</p>



<p>Il n’y a pas d’invasion. Il y a une exagération. Et cette exagération produit des conséquences bien réelles, y compris des tensions locales parfois vives que l’on ne peut ignorer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le migrant comme symptôme</h2>



<p>Le mécanisme est connu. Lorsque les sociétés peinent à nommer leurs propres fractures, elles cherchent un visage pour les incarner. Le migrant devient alors ce visage : non pas toujours la cause des tensions, mais leur support commode. Il concentre des peurs qui le dépassent : chômage, insécurité économique, sentiment d’abandon politique.</p>



<p>Depuis les déclarations officielles de 2023 sur un supposé <em>«changement démographique»</em>, cette dynamique s’est accélérée. Les faits restent pourtant têtus : entre 2024 et 2025, l’OIM a accompagné près de 15 700 retours volontaires (6 885 en 2024 et 8 853 en 2025). Autrement dit, la présence migrante n’est ni massive ni stable. Mais le débat, lui, s’est durablement installé.</p>



<p>C’est ici que l’économie rattrape l’idéologie. La Tunisie connaît un chômage structurel de 15,2 % fin 2025, particulièrement élevé chez les jeunes. Pourtant, certains secteurs manquent cruellement de main-d’œuvre, notamment l’agriculture, où les besoins restent souvent non couverts dans les régions intérieures en raison de la pénibilité et de la précarité des conditions.</p>



<p>Les travailleurs migrants ne prennent pas massivement les emplois des Tunisiens : ils occupent des vides que beaucoup de locaux refusent. Refuser les travailleurs dont on a besoin ne protège pas l’économie : cela l’affaiblit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une politique efficace… mais aux effets limités</h2>



<p>La réponse des autorités a été ferme : durcissement des contrôles, démantèlement des camps informels et accélération des retours. Le résultat est tangible : une baisse d’environ 80 % des départs irréguliers vers l’Italie entre 2024 et 2025.</p>



<p>Toute politique a cependant ses effets visibles et ses effets invisibles. Moins de départs ne signifie pas forcément moins de souffrance : cela peut aussi signifier plus d’invisibilité. Des milliers de migrants se retrouvent aujourd’hui dans une zone grise, sans travail stable, sans logement digne, exposés à une vulnérabilité accrue. Une politique peut réduire les flux sans résoudre les causes profondes et créer, en silence, de nouvelles fragilités. Une politique migratoire qui ne produit que du contrôle sans produire d’intégration finit toujours par déplacer les problèmes sans les résoudre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’amnésie africaine</h2>



<p>Mais le cœur du problème est peut-être ailleurs. Il tient à une forme d’oubli collectif. La Tunisie semble redécouvrir l’Afrique comme une altérité, alors qu’elle en est historiquement une composante. Bien avant les frontières modernes, l’Ifriqiya était un espace de circulation intense : caravanes transsahariennes, échanges intellectuels, flux commerciaux. Ibn Khaldoun pensait déjà le monde en incluant pleinement l’Afrique subsaharienne.</p>



<p>Ce que nous percevons aujourd’hui comme une intrusion était hier une circulation ordinaire. Cet héritage n’a pas disparu ; il a été recouvert par la colonisation, puis par un repositionnement stratégique presque exclusif vers l’Europe et le monde arabe.</p>



<p>L’oubli de notre africanité ne nous protège pas : il nous appauvrit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une opportunité stratégique ignorée</h2>



<p>Au-delà du débat moral ou sécuritaire, il existe un enjeu stratégique. La Tunisie est idéalement placée : au carrefour de l’Europe, du monde arabe et de l’Afrique, membre de l’Union africaine et intégrée à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Pourtant, elle reste tournée à plus de 70 % vers l’Europe pour ses exportations.</p>



<p>Le vrai risque n’est pas tant <em>«l’Afrique qui arrive»</em>, mais la Tunisie qui n’ose pas aller vers l’Afrique. Dans un continent appelé à dépasser 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, cette absence est une erreur stratégique. Les migrants présents pourraient, dans un cadre régulé, devenir des relais culturels, linguistiques et commerciaux.</p>



<p>Des pistes existent : migration circulaire saisonnière dans l’agriculture, programmes de formation et de régularisation ciblée pour les travailleurs qualifiés ou pénibles, partenariats bilatéraux avec certains pays subsahariens. Derrière chaque migrant, il y a un réseau, une langue, un marché potentiel.</p>



<p><strong>Frontière ou passerelle ?</strong></p>



<p>La Tunisie est face à un choix clair : rester une frontière qui bloque ou devenir une porte qui relie, tout en préservant sa stabilité et sa cohésion sociale.</p>



<p>Continuer à traiter la migration uniquement comme un problème sécuritaire, c’est se condamner à une gestion à court terme. Intégrer les mobilités dans une vision stratégique, c’est répondre à des besoins économiques réels, reconstruire un ancrage africain et ouvrir de nouveaux horizons.</p>



<p>Le débat migratoire en Tunisie n’est pas seulement un débat sur les étrangers. C’est un test de lucidité nationale. Faire du migrant un bouc émissaire peut apaiser temporairement certaines peurs légitimes. Mais cela ne crée ni emploi, ni croissance, ni projet collectif durable.</p>



<p>Faire du migrant un problème, c’est souvent éviter de regarder nos vrais défis en face.</p>



<p>La Tunisie n’est pas à la frontière de l’Afrique. Elle en est une porte.&nbsp;</p>



<p>Toute porte peut être fermée pour des raisons de sécurité et de contrôle. Mais une porte fermée trop longtemps finit par devenir une impasse. L’Afrique est déjà là, dans notre histoire, notre géographie et nos intérêts futurs.</p>



<p>La vraie question n’est plus de savoir si elle viendra, mais ce que nous voulons en faire, avec lucidité, pragmatisme et respect de notre propre société.</p>



<p><em>* Historien.</em></p>
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		<title>Après Gaza, l’Iran &#124; Une barbarie high-tech</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/08/apres-gaza-liran-une-barbarie-high-tech/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Apr 2026 05:37:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les déclarations outrancières de Trump annoncent un monde où la technologie la plus avancée coexiste avec une pensée politique primitive.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/08/apres-gaza-liran-une-barbarie-high-tech/">Après Gaza, l’Iran | Une barbarie high-tech</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La tentation est grande de voir dans les déclarations de Donald Trump une simple outrance de plus, une stratégie rhétorique destinée à galvaniser des foules inquiètes. Mais ce serait une erreur de s’en tenir à cette lecture superficielle. Car derrière la prophétie apocalyptique affleure une vision du monde profondément régressive : celle d’un retour fantasmé à une conflictualité primitive, où la technologie la plus avancée coexiste avec une pensée politique d’un autre âge.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong></p>



<span id="more-18598189"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg" alt="" class="wp-image-18218829" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Nous vivons un paradoxe historique d’une intensité rare. Jamais l’humanité n’a disposé d’outils aussi puissants : intelligence artificielle, surveillance satellitaire, biotechnologies, réseaux numériques globaux. Et pourtant, jamais le discours public n’a semblé aussi appauvri, aussi obsédé par des schémas simplistes opposant un <em>«nous»</em> à un <em>«eux».</em></p>



<p>Cette contradiction n’est pas accidentelle ; elle constitue le cœur de la crise contemporaine.</p>



<p>La résurgence implicite des thèses du Samuel Huntington sur le <em>«choc des civilisations»</em> témoigne de cette régression intellectuelle. Comme si, face à la complexité du monde globalisé, certains responsables politiques choisissaient délibérément la paresse conceptuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sous les écrans, le désert humain</h2>



<p>Réduire les tensions géopolitiques à des affrontements culturels ou civilisationnels, c’est renoncer à comprendre les dynamiques économiques, sociales et historiques qui les produisent. C’est aussi préparer les esprits à l’inéluctabilité du conflit.</p>



<p>Mais le plus inquiétant n’est pas là. Il réside dans cette dissociation croissante entre puissance technique et pauvreté morale. Nous sommes capables de simuler le climat, de manipuler le vivant, d’automatiser la décision militaire — et dans le même temps, incapables de produire un langage politique à la hauteur de ces responsabilités. Le progrès technologique n’a pas été accompagné d’un progrès éthique ; il l’a même parfois court-circuité.</p>



<p>L’apocalypse est désormais pensable parce qu’elle est devenue potentiellement possible.</p>



<p>Ce déséquilibre donne naissance à une forme inédite de barbarie : une barbarie high-tech. Elle ne se manifeste pas par l’absence de civilisation, mais par sa caricature. Elle ne détruit pas les infrastructures ; elle vide de sens les valeurs qui les justifient.</p>



<p>Dans ce monde redevenu sauvage, la rationalité devient instrumentale, réduite à l’efficacité, tandis que l’humanité — entendue comme capacité d’empathie, de nuance, de dialogue — est reléguée au second plan.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le progrès sans pensée ou l’érosion du sens</h2>



<p>Il n’est pas anodin que ce type de discours prospère dans un contexte de saturation informationnelle. Plus les sociétés sont connectées, plus elles semblent vulnérables aux récits simplificateurs. L’algorithme privilégie l’émotion sur la complexité, la peur sur l’analyse. Et le politique, loin de résister à cette logique, y succombe et l’exploite.</p>



<p>On pourrait croire que nous avançons vers le futur ; en réalité, nous risquons de tourner en rond, prisonniers d’une boucle où la sophistication des moyens masque la pauvreté des fins. L’âge de pierre n’est pas derrière nous : il est devant, sous une forme paradoxale, équipé de drones, de serveurs et de réseaux.</p>



<p>Face à cela, la véritable résistance ne consiste pas seulement à dénoncer les excès d’un leader ou d’un discours. Elle exige une réhabilitation exigeante de la pensée critique, une réinscription du politique dans l’éthique, et surtout, une reconquête du langage. Car c’est dans les mots que se prépare le réel. Et lorsque les mots deviennent pauvres, le monde ne tarde pas à le devenir aussi.</p>



<p>Ce n’est donc pas l’apocalypse qui menace, mais pire encore : une lente érosion du sens, où une humanité suréquipée technologiquement pourrait bien oublier pourquoi elle existe.</p>



<p><em>* Historien.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ESImTFqFVQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/07/silicon-valley-le-visage-cache-de-la-guerre-contre-liran/">Silicon Valley | Le visage caché de la guerre contre l’Iran</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Silicon Valley | Le visage caché de la guerre contre l’Iran » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/07/silicon-valley-le-visage-cache-de-la-guerre-contre-liran/embed/#?secret=7DoKOrNmYF#?secret=ESImTFqFVQ" data-secret="ESImTFqFVQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Bourguiba &#124; Bâtisseur de l’Etat, despote éclairé et mémoire national</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/20/bourguiba-batisseur-de-letat-despote-eclaire-et-memoire-national/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 07:01:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Largueche]]></category>
		<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Habib Bourguiba s’impose comme le bâtisseur de l’État, le despote éclairé, et l’incarnation de la mémoire nationale. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/20/bourguiba-batisseur-de-letat-despote-eclaire-et-memoire-national/">Bourguiba | Bâtisseur de l’Etat, despote éclairé et mémoire national</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>À l’occasion de 70 ans d’indépendance, la figure de Habib Bourguiba s’impose comme un nœud de mémoire, de débat et d’interprétation. Trois images dominantes : le bâtisseur de l’État, le despote éclairé, et l’incarnation de la mémoire nationale&nbsp;structurent encore aujourd’hui notre compréhension de son héritage. Mais ces figures ne sont ni exclusives ni figées : elles se superposent, se contredisent et révèlent les tensions d’une histoire nationale en construction.</em></strong></p>



<p><strong>Pr. Abdelhamid Largueche</strong> *</p>



<span id="more-18497176"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg" alt="" class="wp-image-18218829" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">1. Bâtisseur de l’État : la fondation d’une modernité politique.</h2>



<p>La première image, largement partagée, est celle du fondateur. Bourguiba est celui qui, au lendemain de l’indépendance en 1956, engage un vaste chantier de construction étatique : centralisation administrative, unification du territoire, consolidation des institutions. Son œuvre est indissociable de réformes majeures, notamment le Code du statut personnel (1956), qui transforme profondément la société tunisienne en matière de droits des femmes, de famille et de rapport à la religion.</p>



<p>Cette vision du <em>«bâtisseur»</em> s’inscrit dans une lecture téléologique de l’histoire nationale : Bourguiba apparaît comme l’homme de la rupture avec l’ordre colonial et traditionnel, mais aussi comme celui de l’entrée dans la modernité.</p>



<p>Toutefois, cette construction s’est opérée au prix d’une forte personnalisation du pouvoir, posant déjà les bases de l’ambiguïté qui caractérise son héritage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2. Despote éclairé : autoritarisme et rationalité politique</h2>



<p>La seconde idée, celle du <em>«despote éclairé»</em> introduit une tension critique. Elle reconnaît à Bourguiba une vision, une rationalité politique, une volonté de réforme, mais souligne en même temps la nature autoritaire de son régime.</p>



<p>Le pluralisme politique est rapidement étouffé, l’opposition marginalisée, et le parti unique devient le pilier du système.</p>



<p>Cette lecture renvoie à une tradition politique plus large, celle des modernisateurs autoritaires, pour qui la transformation de la société justifie la concentration du pouvoir.</p>



<p>Bourguiba gouverne au nom de la raison, du progrès et de la nation, mais en limitant les libertés publiques. La centralité de sa personne devient alors un instrument de gouvernement, mais aussi une limite structurelle : l’État qu’il construit dépend étroitement de lui.</p>



<p>Ainsi, le qualificatif de <em>«despote éclairé»</em> n’est pas seulement un jugement moral ; il met en lumière une contradiction fondamentale entre modernisation et autoritarisme, qui marquera durablement la trajectoire politique tunisienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">3. Mémoire nationale : entre mythe, héritage et conflits mémoriels</h2>



<p>Enfin, Bourguiba est devenu une figure mémorielle. Il incarne une certaine idée de la Tunisie : souveraine, réformiste, tournée vers l’éducation et la rationalité.</p>



<p>Cette mémoire est mobilisée de manière variable selon les contextes politiques. Après 2011, elle a été réactivée, parfois idéalisée, comme un repère face à l’incertitude.</p>



<p>Mais cette mémoire est loin d’être consensuelle. Elle est traversée par des débats : faut-il célébrer l’homme d’État ou interroger les zones d’ombre de son régime ? Comment articuler mémoire et histoire ? La figure de Bourguiba devient alors un lieu de confrontation entre générations, entre visions politiques, et entre exigences scientifiques et usages publics du passé.</p>



<p>Dans le contexte actuel,&nbsp;Bourguiba illustre parfaitement cette difficulté à construire un récit partagé : il est à la fois un symbole d’émancipation et un objet de critique, un héritage commun mais sans cesse disputé.</p>



<p>Les trois figures de Bourguiba, bâtisseur, despote éclairé, mémoire nationale ne doivent pas être pensées comme des catégories séparées, mais comme les dimensions d’une même réalité historique complexe. Leur coexistence traduit moins une contradiction qu’une richesse interprétative : celle d’un personnage qui, 70 ans après l’indépendance, continue de structurer notre rapport au politique, à l’État et à l’histoire.</p>



<p>Disserter sur Bourguiba, c’est donc moins trancher que comprendre : comprendre comment une figure fondatrice devient un enjeu de mémoire, et comment cette mémoire, à son tour, éclaire les défis du présent.</p>



<p><em>* Professeur&nbsp;émérite d’histoire, conseiller en patrimoine.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/20/bourguiba-batisseur-de-letat-despote-eclaire-et-memoire-national/">Bourguiba | Bâtisseur de l’Etat, despote éclairé et mémoire national</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Il y a 180 ans, la Tunisie abolissait l’esclavage</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/06/il-y-a-180-ans-la-tunisie-abolissait-lesclavage/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 06:34:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Largueche]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ier Bey]]></category>
		<category><![CDATA[Esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi Brahim Riahi]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas Reade]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18328106</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pr. Abdelhamid Largueche donnera une conférence à l'occasion du 180e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Tunisie, en 1846. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/06/il-y-a-180-ans-la-tunisie-abolissait-lesclavage/">Il y a 180 ans, la Tunisie abolissait l’esclavage</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>A l&rsquo;occasion de la commémoration du 180<sup>e</sup> anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Tunisie, le 23 janvier 1846, par Ahmed I<sup>er</sup> Bey, Pr. Abdelhamid Largueche, professeur émérite d&rsquo;histoire et ancien membre du Comité du Patrimoine Mondial à l&rsquo;Unesco, donnera une conférence sur ce sujet intitulée «De l’esclavage à la liberté».</em></strong> <em>(Ph. Manuscrit du décret d&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage).</em> </p>



<span id="more-18328106"></span>



<p>La conférence sera donnée au Centre des arts, de la culture et des lettres ‘‘Ksar Saïd’’ au Bardo, à l’ouest de Tunis. &nbsp;</p>



<p>Avant de procéder à l&rsquo;abolition définitive de l&rsquo;esclavage,&nbsp;Ahmed&nbsp;I<sup>er</sup>&nbsp;Bey&nbsp;a, le&nbsp;29 avril 1841, un entretien avec&nbsp;Thomas Reade, consul général de l’Angleterre à Tunis,&nbsp;qui lui conseille d&rsquo;interdire ce&nbsp;commerce. Convaincu de la nécessité d&rsquo;une telle action, étant lui-même fils d&rsquo;une esclave et considéré comme un prince ouvert au&nbsp;progrès, prompt à réprimer toute forme de&nbsp;fanatisme, il décide d&rsquo;interdire l&rsquo;exportation&nbsp;des esclaves le jour même de sa rencontre avec Reade. Procédant par étapes, il a déjà libéré les esclaves blancs puis il ferme le&nbsp;marché aux esclaves&nbsp;de Tunis en août et annonce, en&nbsp;décembre 1842, que toute personne née dans le pays est désormais libre.</p>



<p>Pour parer à toute forme de mécontentement, il obtient au préalable des&nbsp;fatwas&nbsp;des&nbsp;oulémas&nbsp;dont celle, catégorique et sans précédent dans le monde arabo-musulman, du bach mufti&nbsp;Sidi Brahim Riahi.</p>



<p>L’abolition totale est décidée pour tout le pays par le décret du 23 janvier 1846. </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vdSkStf7yg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/12/esclavage-colonisation-et-racisme-se-re-approprier-lhistoire/">Esclavage, colonisation et racisme : Se ré-approprier l’histoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Esclavage, colonisation et racisme : Se ré-approprier l’histoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/12/esclavage-colonisation-et-racisme-se-re-approprier-lhistoire/embed/#?secret=0J9kgeGtJw#?secret=vdSkStf7yg" data-secret="vdSkStf7yg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Un ministère des antiquités pour quoi faire ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/tunisie-un-ministere-des-antiquites-pour-quoi-faire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Jan 2026 08:32:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Largueche]]></category>
		<category><![CDATA[antiquités]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[patrimoine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un ministère des Antiquités et du Patrimoine, malgré son lyrisme mobilisateur, pose plus de problèmes qu’il n’en résout.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/tunisie-un-ministere-des-antiquites-pour-quoi-faire/">Tunisie | Un ministère des antiquités pour quoi faire ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La protection du patrimoine tunisien est une urgence réelle. Personne ne conteste l’état de vulnérabilité des sites archéologiques, ni l’ampleur des pertes causées par le pillage, l’abandon et l’improvisation institutionnelle. Pourtant, l’<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/tunisie-appel-a-la-creation-dun-ministere-des-antiquites/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">appel récent</a> à la création d’un ministère des Antiquités et du Patrimoine, malgré son lyrisme mobilisateur, pose plus de problèmes qu’il n’en résout.</em></strong> <em>(Photo : Les citernes d&rsquo;Oudhna).</em></p>



<p><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18306767"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Portrait-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18218828" style="width:300px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Portrait-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Portrait-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Portrait-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Portrait-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Portrait-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Portrait-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Portrait.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>Derrière l’évidence de la cause se cache une vision idéologiquement clivante de la mémoire et politiquement risquée de l’action publique.</p>



<p>Le texte repose sur une représentation quasi sacrée de la Tunisie comme <em>«musée universel enfoui»</em>, faisant de l’archéologie le cœur exclusif de la souveraineté mémorielle. Or la mémoire nationale ne se réduit ni aux vestiges antiques ni aux sites monumentaux. Elle est aussi sociale, conflictuelle, coloniale, ouvrière, contemporaine… En hiérarchisant les mémoires et en sacralisant le passé lointain, on dépolitise l’histoire au lieu de la rendre vivante et partagée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une inflation ministérielle dysfonctionnelle</h2>



<p>Plus problématique encore est la croyance implicite dans la solution institutionnelle miracle. Dans un État fragilisé, la création d’un ministère supplémentaire relève davantage du symbole que de l’efficacité. Les dysfonctionnements actuels — centralisation excessive, faiblesse des moyens, précarité des métiers du patrimoine, éloignement des territoires — ne seront pas corrigés par un changement d’organigramme. L’inflation ministérielle ne remplace ni une vision démocratique ni une réforme structurelle.</p>



<p>Cet appel révèle aussi une posture familière : celle d’un entre-soi élitaire parlant au nom de la mémoire collective sans intégrer pleinement les habitants des régions concernées, les ouvriers du patrimoine, les jeunes chercheurs précaires ou les collectivités locales. La mémoire devient alors un domaine réservé, confisqué symboliquement par ceux qui en maîtrisent le langage, mais non nécessairement les usages sociaux.</p>



<p>Surtout, dans le contexte tunisien actuel, marqué par les dérives bureaucratiques, la verticalité des décisions et la défiance envers les élites, l’appel à un <em>«acte souverain»</em> sans garde-fous démocratiques est risqué. La culture, lorsqu’elle est administrée verticalement, peut devenir un instrument de domination symbolique plutôt qu’un espace d’émancipation.</p>



<p>Une autre voie est pourtant possible. Plutôt qu’un ministère de plus, la Tunisie pourrait se doter d’un Conseil supérieur de la culture et du patrimoine, instance indépendante, pluraliste et dotée de prérogatives propositionnelles. Placé sous contrôle parlementaire, ce Conseil garantirait à la fois l’autonomie vis-à-vis de l’exécutif et la redevabilité publique. Sa composition&nbsp;: chercheurs, professionnels de la culture et du patrimoine, collectivités locales, acteurs de la société civile et métiers souvent invisibilisés du secteur, permettrait de rompre avec la centralisation verticale et l’entre-soi décisionnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mémoire est un bien commun</h2>



<p>Chargé de définir des orientations stratégiques, d’évaluer les politiques publiques et de rendre des avis publics sur les projets de lois et de réformes touchant à la culture, à la mémoire et au patrimoine, ce Conseil constituerait un véritable levier de bonne gouvernance. Il favoriserait la transparence, la coordination institutionnelle et l’ancrage territorial des politiques culturelles, tout en reconnaissant la pluralité des mémoires, y compris locales, sociales et contemporaines.</p>



<p>La question n’est donc pas de savoir comment administrer la mémoire, mais comment la démocratiser.</p>



<p>La décentralisation réelle des politiques patrimoniales, la sécurisation des métiers, l’intégration des universités et la reconnaissance des mémoires locales et contemporaines constitueraient des leviers bien plus efficaces que la sacralisation institutionnelle du passé.</p>



<p>La question n’est donc pas de savoir comment administrer la mémoire, mais comment la démocratiser.</p>



<p>Car la mémoire n’est ni un décor ni un capital symbolique : elle est un bien commun, traversé de conflits, de récits multiples et d’enjeux sociaux.</p>



<p>La protéger exige moins de solennité et plus de politique.</p>



<p><em>* Historien.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DeULX5rxhv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/tunisie-appel-a-la-creation-dun-ministere-des-antiquites/">Tunisie | Appel à la création d’un ministère des Antiquités</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Appel à la création d’un ministère des Antiquités » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/tunisie-appel-a-la-creation-dun-ministere-des-antiquites/embed/#?secret=mbjEsAveHu#?secret=DeULX5rxhv" data-secret="DeULX5rxhv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Tunisie &#124; Appel à la création d’un ministère des Antiquités</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Jan 2026 08:22:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Largueche]]></category>
		<category><![CDATA[antiquités]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[patrimoine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un groupe d’intellectuels, d’écrivains et d’artistes appelle à la création d’un ministère des Antiquités et du Patrimoine. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/tunisie-appel-a-la-creation-dun-ministere-des-antiquites/">Tunisie | Appel à la création d’un ministère des Antiquités</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Un groupe d’intellectuels, d’écrivains et d’artistes ont publié, le 27 janvier 2026, une «Déclaration de souveraineté sur la mémoire», dont nous reproduisons ci-dessous, la traduction, où ils appellent à la création d’un «ministère des Antiquités et du Patrimoine» pour mieux préserver la mémoire nationale des pillages et des destructions.</em></strong> <em>(Photo: site archéologique de Carthage). </em></p>



<span id="more-18306735"></span>



<p>Nous, soussignés, intellectuels, créateurs et gardiens de l’histoire, lançons cet appel urgent et souverain, fort de notre profonde conviction que la Tunisie, ce territoire géographique héritier d’une longue histoire, est en réalité un musée universel enfoui.</p>



<p>Car dans chaque ville, dans chaque village, dans chacune de nos cités, des civilisations gisent enfouies sous le sol, attendant qu’un État leur rende leur dignité.</p>



<p>La grandeur de la Tunisie réside dans la diversité, la richesse et l’étendue de son patrimoine, qui gît sous nos pieds à chaque coin de rue. Ici, l&rsquo;histoire ne se limite pas aux sites de Carthage, El Jem, Sbeitla, Chemtou, Bulla Regia ou Kerkouane… ou d’autres sites connus ou découverts, elle coule dans les veines de la terre, depuis le quai du port punique englouti de Ras Salakta, jusqu’aux ruines de Kairouan révélées par les inondations, et depuis les côtes de Mahdia, Nabeul et Monastir qui recèlent des trésors révélés à chaque tempête, jusqu&rsquo;aux forteresses du nord et aux plaines du sud. Car la Tunisie dans son ensemble représente un réservoir de mémoire humaine, et cette <em>«exception civilisationnelle»</em> – si l’on peut dire – ne peut rester otage d’une dépendance administrative déficiente vis-à-vis du ministère des Affaires culturelles.</p>



<p>La subordination de ce patrimoine à des structures administratives secondaires constitue un lent assassinat de l’identité. La politique d’<em>«urgence culturelle»</em> et les alertes lancés après chaque évènement climatique, un pillage ou une destruction systématique, ne sont que des palliatifs sans effet.</p>



<p>Aujourd’hui, notre patrimoine oscille entre la fragilité de la protection juridique et des carences structurelles, laissant nos trésors dans chaque village et chaque ville exposés à un pillage silencieux et à une destruction publique, une situation qui n’est plus acceptable dans un pays qui comprend que la réappropriation de l’histoire est le premier pas vers la libération de l’avenir.</p>



<p>Nous renouvelons notre appel à la création immédiate et sans délai d’un ministère des Antiquités et du Patrimoine, une structure souveraine indépendante dotée d’une autonomie financière et d’une volonté politique claire et inébranlable, disposant d’équipes de terrain permanentes dans tout le pays et d’un budget à la hauteur du patrimoine menacé, œuvrant à la fouille, à la protection et à la valorisation des antiquités.</p>



<p>Transformer les sites historiques, d’un <em>«fardeau de préservation»</em> en un <em>«levier de développement»</em> et de croissance économique, grâce à la recherche scientifique, la numérisation et le tourisme culturel, est essentiel pour restaurer la dignité historique de la Tunisie et le rayonnement international qu’elle mérite.</p>



<p>La Tunisie, ensevelie sous les décombres de la négligence, attend un acte de souveraineté qui sauvera son patrimoine de l&rsquo;oubli.</p>



<p>Nous appelons le Parlement, le gouvernement et la société civile et politique à assumer leur responsabilité historique avant que la confiance des générations ne soit perdue.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/31/tunisie-appel-a-la-creation-dun-ministere-des-antiquites/">Tunisie | Appel à la création d’un ministère des Antiquités</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>‘‘Les enfants rouges’’ de Lotfi Achour : la force de la vérité qui fait mal</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/20/les-enfants-rouges-de-lotfi-achour-la-force-de-la-verite-qui-fait-mal/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Dec 2024 08:37:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Largueche]]></category>
		<category><![CDATA[djebel Mghila]]></category>
		<category><![CDATA[Les enfants rouges]]></category>
		<category><![CDATA[Lotfi Achour]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>‘‘Les enfants rouges’’ de Lotfi Achour appartient à cette catégorie de films qui bousculent et marquent.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Un film ça impressionne ou ça laisse de marbre. Mais lorsqu’un film nous interpelle profondément et nous installe dans un grand malaise, c’est que la force du récit et la vérité de l’image se sont saisies de notre âme et de notre esprit pour nous mettre face à «la» vérité humaine. ‘‘Les enfants rouges’’&nbsp;de Lotfi Achour appartient à cette catégorie de films qui bousculent et marquent.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelhamid Largueche *</strong><strong></strong></p>



<span id="more-14925523"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg" alt="" class="wp-image-7425261" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le film se présente comme une tragédie grecque déroulant des paysages, des voix et des cris, mais les images sanglantes finissent par nous prendre aux tripes et nous faire trembler, individuellement et collectivement.</p>



<p>Dans le contexte de l’instabilité sécuritaire qui a régné en Tunisie dans les années 2012-2017, &nbsp;deux enfants, Ashraf (14 ans), Nizar (16 ans) font paître paisiblement leur troupeau dans la montagne de Mghila. Ils s’amusent au sommet d’un djebel aux roches sèches et arides sous un soleil de plomb lorsqu’ils sont victimes d’une attaque terroriste. Nizar est sauvagement décapité tandis qu’Achraf est sommé de rapporter la tête de la victime à sa famille… dans un sac.</p>



<p>Le film est une plongée dans la psychologie de l’enfant traumatisé, qui ne peut surmonter le drame qu’il a vécu et s’en trouve fortement bouleversé.</p>



<p>A travers l’évocation des séquelles de ce traumatisme qui laisse des traces indélébiles chez le survivant du drame, le réalisateur interpelle la société tout entière en désignant ses limites morales et politiques. Son verdict sans appel interpelle profondément nos consciences meurtries. Et tout concours au procès&nbsp;où nous sommes tous des accusés : la sobriété du décor, les silences accusateurs, les regards pleins de souffrance, la misère réelle des gens contrastant avec l’inanité des discours politiques sur les plateaux de télévision, et, surtout, l’acharnement médiatique sur le corps de l’enfant décapité pris en photos et exposé à la curiosité du public.</p>



<p>Nizar, la &nbsp;<em>«victime sacrificielle»</em> d’un drame socio-historique qui le dépasse et auquel il est accidentellement et injustement associé, a finalement droit à une sépulture digne et à une cérémonie funèbre, simple et émouvante, qui permet à sa mère de faire enfin son deuil.</p>



<p>Quant à Ashraf, il fuit le lieu du drame et se réfugie dans une ville dans l’espoir d’oublier, de s’oublier et de survivre à son profond traumatisme.</p>



<p>Lotfi Achour, qui est parti d’un fait divers réel qui a traumatisé les Tunisiens aux prises avec l’extrémisme religieux, a réalisé là un travail de mémoire, nécessaire et urgent, mais aussi une œuvre cinématographique assez maîtrisée, qui de distingue par la spontanéité du jeu des acteurs, lesquels se fendent dans le paysage avec beaucoup de naturel et donnent au film cette force de la vérité qui fait mal. </p>



<p>* <em>Historien et cinéphile.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3Lj2ICAtyE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/13/cinema-lotfi-achour-recoit-le-prix-de-la-presse-du-fameck/">Cinéma : Lotfi Achour reçoit le Prix de la presse du Fameck</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Cinéma : Lotfi Achour reçoit le Prix de la presse du Fameck » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/13/cinema-lotfi-achour-recoit-le-prix-de-la-presse-du-fameck/embed/#?secret=EJdsTs16cH#?secret=3Lj2ICAtyE" data-secret="3Lj2ICAtyE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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