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	<title>Archives des Abdelhamid Larguèche - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Abdelhamid Larguèche - Kapitalis</title>
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		<title>Colloque à Paris &#124; Histoire partagée, mémoires plurielles et souverainetés inachevées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 06:31:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soixante-dix ans après les indépendances du Maroc et de la Tunisie, Paris accueille le colloque «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines». </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/17/colloque-a-paris-histoire-partagee-memoires-plurielles-et-souverainetes-inachevees/">Colloque à Paris | Histoire partagée, mémoires plurielles et souverainetés inachevées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Soixante-dix ans après les indépendances du Maroc et de la Tunisie, le colloque international «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956–2026)», tenu à Paris les 8 et 9 juin 2026, a constitué un moment majeur de réflexion historique sur les héritages coloniaux et leurs prolongements contemporains. Accompagné de l’exposition «Décolonisations en miroir&nbsp;: France/Afrique du Nord (1930–1970)», cet événement scientifique a proposé une lecture croisée des trajectoires de la France, de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong><strong><em></em></strong></p>



<span id="more-18966722"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Plus qu’une simple commémoration, cette rencontre a invité à penser les décolonisations comme des processus connectés, où les histoires des deux rives de la Méditerranée demeurent profondément imbriquées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début des années 1930, l’empire colonial français atteint son extension maximale. L’Exposition coloniale internationale de 1931 à Paris célèbre alors la puissance impériale et diffuse un imaginaire fondé sur la mission civilisatrice et la hiérarchie des peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les cartes coloniales, les affiches de propagande et les représentations exotiques du Maghreb révèlent une géographie politique façonnée par la domination européenne. Ces images participaient à une entreprise plus vaste&nbsp;: naturaliser l’ordre colonial et effacer les réalités historiques et culturelles des sociétés colonialisées. Pourtant, cet âge d’or impérial portait déjà les germes de sa propre contestation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Paris, laboratoire des nationalismes maghrébins</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, la capitale française devient également le lieu où se forgent les élites anticoloniales. Étudiants, intellectuels et militants maghrébins y élaborent les premiers discours nationalistes modernes. Parmi les figures majeures émergent Abdelaziz Thaalbi, Habib Bourguiba ou encore Messali Hadj, dont les parcours témoignent de l’interconnexion des espaces politiques méditerranéens</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, la publication de <em>‘‘La Tunisie martyre’’</em> de Thaalbi en 1920 marque un tournant majeur du nationalisme moderne. La fondation du Destour puis du Néo-Destour structure progressivement la revendication souveraine. C’est à Paris que se forgent les idées de souveraineté qui renverseront l’ordre impérial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Maroc, le Dahir berbère de 1930 cristallise les résistances contre le protectorat. En Algérie, Messali Hadj fonde l’Étoile nord-africaine (ENA) dès 1926 à Paris, ouvrant la voie au nationalisme indépendantiste algérien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Étoile nord-africaine, dirigée par Messali Hadj, revendique l’indépendance de l’Algérie et la défense des droits des Nord-Africains. Elle marque la naissance d’un nationalisme organisé parmi les colonialisés vivant en France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Seconde Guerre mondiale bouleverse l’ordre colonial. Les soldats maghrébins participent à la libération de la France, mais les promesses d’égalité restent sans lendemain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 8 mai 1945 constitue un tournant majeur&nbsp;: alors que l’Europe célèbre la victoire sur le nazisme, les massacres de Sétif et Guelma annoncent la crise définitive de l’empire colonial. Ces événements marquent l’effondrement de l’illusion réformiste et ouvrent l’ère des guerres d’indépendance.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="RBuSeNPA4F"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/05/france-algerie-laborieuse-reconciliation-des-memoires-video/">France-Algérie : laborieuse réconciliation des mémoires (vidéo)</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« France-Algérie : laborieuse réconciliation des mémoires (vidéo) » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/05/france-algerie-laborieuse-reconciliation-des-memoires-video/embed/#?secret=U87QmAdgia#?secret=RBuSeNPA4F" data-secret="RBuSeNPA4F" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Guerres de libération et naissance des souverainetés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre 1954 et 1962, le Maghreb connaît des trajectoires différenciées vers l’indépendance. L’Algérie s’engage dans une guerre longue et violente qui transforme profondément la société française elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, l’indépendance obtenue en 1956 sous la conduite de Bourguiba ne met pas immédiatement fin à la présence française. La bataille de Bizerte de 1961 et l’évacuation des bases militaires en 1963 pachèvent la souveraineté nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les indépendances ne mettent pas un terme aux conflits&nbsp;: ceux-ci se déplacent désormais sur le terrain de la mémoire. En France, la guerre d’Algérie demeure longtemps désignée comme les <em>«événements»</em>. En Algérie, un récit national héroïque se construit autour du FLN et des martyrs de la révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu à peu émergent des mémoires longtemps invisibles&nbsp;: harkis, pieds-noirs, Juifs maghrébins, appelés français ou civils déplacés. L’ouverture des archives transforme aujourd’hui profondément les écritures de l’histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition rappelle également le rôle fondamental des images dans la décolonisation du regard. Le cinéma maghrébin a constitué un espace essentiel de reconquête symbolique. Des œuvres comme <em>‘‘La Bataille d’Alger’’</em> de Gillo Pontecorvo ou<em> ‘‘Chronique des années de braise’’</em> de Lakhdar Hamina ont contribué à faire de l’histoire coloniale un patrimoine universel de la lutte pour la liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une mémoire partagée ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des blessures et des silences, le colloque a montré que les décolonisations ne relèvent pas seulement du passé&nbsp;: elles constituent un enjeu majeur du présent. Les questions migratoires, la francophonie, les archives, les débats sur les réparations ou les reconnaissances mémorielles continuent de structurer les relations entre la France et le Maghreb.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition s’achève sur une convictionforte&nbsp;: reconnaître la douleur de l’autre ne signifie pas renoncer à sa propre histoire.Au contraire, cette reconnaissance constitue peut-être la condition d’une mémoire véritablement partagée entre les deux rives de la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien</em>. </p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CCu3b8R9K2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/12/esclavage-colonisation-et-racisme-se-re-approprier-lhistoire/">Esclavage, colonisation et racisme : Se ré-approprier l’histoire</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Esclavage, colonisation et racisme : Se ré-approprier l’histoire » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/12/esclavage-colonisation-et-racisme-se-re-approprier-lhistoire/embed/#?secret=wThU2LptPk#?secret=CCu3b8R9K2" data-secret="CCu3b8R9K2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Iran &#8211; Etats-Unis &#124; La paix des puissants, les blessures des peuples</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/15/iran-etats-unis-la-paix-des-puissants-les-blessures-des-peuples/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 11:29:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p> Un accord mettra officiellement fin à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, mais peut-on sérieusement parler de paix ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/15/iran-etats-unis-la-paix-des-puissants-les-blessures-des-peuples/">Iran &#8211; Etats-Unis | La paix des puissants, les blessures des peuples</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 19 juin 2026, à Genève, sera signé un accord qui mettra officiellement fin à la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Les chancelleries salueront l’événement. Les communiqués parleront de paix, de stabilité retrouvée, de victoire de la diplomatie. Mais il faut poser d’emblée la question que ces communiqués n’auront pas le courage de formuler : cette paix, pour qui ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18951129"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Comme tant de conflits du Proche-Orient avant elle, cette séquence de violence dont on annonce la fin proche ne se conclut pas par la justice, elle se clôt par l’épuisement des belligérants et le calcul froid des grandes puissances. Les armes se taisent avant que les douleurs ne s’apaisent. Et les peuples découvrent, une fois de plus, qu’ils n’étaient pas conviés à la table où leur destin fut négocié. C’est là le visage permanent de ce qu’il faut bien appeler : la paix des puissants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le protocole d’Islamabad, tel qu’il se dessine, articulera la sécurité du détroit d’Ormuz, une levée partielle des sanctions économiques contre l’Iran et une reprise des négociations nucléaires avec ce pays. Des médiations pakistanaises et qataries ont joué un rôle déterminant dans ce rapprochement. Mais l’essentiel n’est pas dans les clauses de cet accord, il est dans ce qu’il révèle : un ordre mondial en recomposition profonde, où l’hégémonie américaine n’est plus qu’une puissance parmi d’autres, et où les peuples de la région continuent de payer, de leur sang et de leur avenir, le prix de ces reconfigurations.  </p>



<h2 class="wp-block-heading">La Chine et la fin de l’hégémonie occidentale </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier vainqueur est l’Iran. Longtemps présenté comme isolé, étranglé par les sanctions et contraint à la défensive, Téhéran sort de cette séquence en position de force relative. La République islamique n’a pas seulement survécu, elle a imposé ses lignes rouges, en particulier sur le contrôle stratégique du détroit d’Ormuz. Ce n’est pas rien : c’est la consécration d’une puissance régionale que quarante ans de pression n’ont pas réussi à briser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière l’Iran se profile la vraie grande gagnante de ce tournant : la Chine. Sans tirer un seul coup de feu, Pékin récolte les dividendes d’une stratégie patiente construite sur deux décennies d’investissements en infrastructures, d’échanges énergétiques et de médiations discrètes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce conflit l’illustre avec netteté : nous sommes entrés dans un monde où l’Occident ne dicte plus ses conditions, et où Pékin avance, méthodiquement, sans fracas, vers le centre de l’échiquier mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis obtiennent une stabilisation régionale et la sécurisation des flux énergétiques. Mais il faut le dire clairement : Washington ne négocie plus en maître, il négocie en partenaire contraint. L’ère de l’hyperpuissance américaine, cette parenthèse d’après-guerre froide où l’Amérique imposait l’ordre du monde, est bel et bien refermée. Ce rétrécissement de l’influence américaine n’est pas une parenthèse : c’est une tendance de fond. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’état sioniste et les limites de la supériorité militaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’État sioniste présente un bilan en trompe-l’œil. Il dispose d’une supériorité militaire incontestable, mais les conflits successifs ont démontré une vérité que la force ne peut effacer : il n’existe pas de victoire militaire durable sans solution politique. Chaque opération remporte des batailles et perd la guerre de l’histoire. La domination par les armes ne produit pas la sécurité, elle fabrique des générations de résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, comme souvent dans l’histoire, les véritables perdants ne siègent pas dans les salles de négociation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le peuple palestinien est, une fois encore, le grand absent de cette paix, et sa principale victime. Depuis des décennies, il paye en sang et en exil le prix des équilibres géopolitiques que d’autres ont décidés en son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque accord régional, chaque cessez-le-feu négocié entre grandes puissances, repousse un peu plus la seule question qui ne disparaîtra pas : celle des droits nationaux et de la dignité d’un peuple privé d’État. Gaza, la Cisjordanie, les camps de réfugiés du Liban et de Jordanie, ces réalités-là ne s’effacent pas d’un traité. Elles attendent. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un peuple libanais meurtri</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le peuple libanais, lui aussi, sort du cycle de violences profondément meurtri. Le Liban est devenu, depuis trop longtemps, le terrain d’affrontement des ambitions des autres. Que l’on voie dans l’Iran un protecteur ou une tutelle étouffante, le constat demeure : le Liban ne maîtrise plus son propre destin. Il subit des guerres qu’il n’a pas choisies, sur un territoire que d’autres ont transformé en champ de bataille par procuration. C’est là l’une des grandes injustices de cet ordre régional : les petits pays absorbent les conflits des grands.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du Moyen-Orient enseigne une leçon que nul ne devrait oublier : les grands arrangements entre puissances se concluent invariablement sur les ruines des peuples. Des Accords Sykes-Picot aux guerres contemporaines, les frontières et les équilibres ont été redessinés depuis les capitales lointaines avant d’être vécus dans la chair des sociétés locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si cet accord se confirme, ce qui semble être le cas, il ne signifiera pas seulement la fin d’une guerre. Il marquera l’entrée officielle dans un nouvel âge géopolitique : monde multipolaire, puissances en recomposition, Occident contraint à la négociation. Mais pour les peuples du Proche-Orient, palestinien, libanais, irakien, syrien, yéménite, ce changement d’ère ne changera rien tant que les grandes puissances continueront de traiter leur sort comme une variable d’ajustement. La véritable question n’est pas de savoir qui gouvernera l’ordre mondial de demain. Elle est de savoir si cet ordre nouveau aura enfin le courage de faire de la dignité des peuples autre chose qu’une clause oubliée dans un accord de chancellerie. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Hassanine Ben Ammou &#124; Littérature et sauvegarde de la mémoire nationale</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/07/hassanine-ben-ammou-litterature-et-sauvegarde-de-la-memoire-nationale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 08:07:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’œuvre romanesque de Hassanine Ben Ammou mérite d’être considérée comme une action exemplaire de sauvegarde du patrimoine immatériel de la Tunisie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/07/hassanine-ben-ammou-litterature-et-sauvegarde-de-la-memoire-nationale/">Hassanine Ben Ammou | Littérature et sauvegarde de la mémoire nationale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’œuvre romanesque de Hassanine Ben Ammou mérite d’être considérée non seulement comme une contribution littéraire majeure, mais également comme une action exemplaire en faveur de la sauvegarde du patrimoine historique et immatériel de la Tunisie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18881839"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans les débats contemporains sur la préservation du patrimoine, l’attention se porte souvent sur les monuments, les sites archéologiques ou les objets matériels. Pourtant, les nations vivent tout autant de leurs récits, de leurs mémoires collectives, de leurs langues, de leurs traditions et de leurs imaginaires. Ce patrimoine invisible, que l’Unesco qualifie de patrimoine culturel immatériel, constitue l’âme profonde des peuples. Il est fragile. Il peut disparaître lorsque les générations cessent de le transmettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément contre cet effacement que s’inscrit depuis plus de quarante ans l’œuvre de Hassanine Ben Ammou.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’espace vivant de la culture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À première vue, ses romans apparaissent comme des récits historiques. En réalité, ils accomplissent une mission beaucoup plus vaste. Ils constituent une véritable entreprise de sauvegarde de la mémoire tunisienne. Des derniers Hafsides aux débuts de la présence ottomane, de l’arrivée des Morisques à la révolte de 1864, des intrigues du Bardo à la vie quotidienne de la médina de Tunis, l’écrivain restitue des pans entiers de l’histoire nationale souvent absents de la mémoire populaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche possède une valeur historique incontestable. Loin de se limiter à la reconstitution des événements, elle redonne chair aux hommes et aux femmes qui ont traversé ces périodes. Les personnages historiques cessent d’être de simples noms dans les archives pour retrouver leurs passions, leurs ambitions, leurs peurs et leurs contradictions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce au roman, l’histoire sort des bibliothèques pour rejoindre l’espace vivant de la culture. Mais l’apport de Hassanine Ben Ammou ne se limite pas à la transmission des faits historiques. Son œuvre préserve également un immense patrimoine immatériel. Dans ses romans revivent les manières de parler, les expressions populaires, les traditions urbaines, les coutumes familiales, les pratiques religieuses, les métiers anciens, les fêtes, les croyances, les formes de sociabilité et les modes de vie qui ont façonné la société tunisienne au fil des siècles.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="swpe5qDYdG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/06/hassanine-ben-ammou-le-chef-de-file-du-roman-historique-en-tunisie/">Hassanine Ben Ammou, le chef de file du roman historique en Tunisie  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Hassanine Ben Ammou, le chef de file du roman historique en Tunisie   » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/06/hassanine-ben-ammou-le-chef-de-file-du-roman-historique-en-tunisie/embed/#?secret=QqFcw0sv3t#?secret=swpe5qDYdG" data-secret="swpe5qDYdG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’histoire des représentations collectives</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La médina de Tunis, les souks, les quartiers populaires, les campagnes de l’intérieur, les routes caravanières, les palais du pouvoir et les espaces du quotidien deviennent sous sa plume de véritables conservatoires de mémoire. Le lecteur y retrouve non seulement l’histoire des événements, mais aussi celle des sensibilités, des imaginaires et des représentations collectives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension patrimoniale apparaît avec une force particulière dans les romans consacrés aux Morisques, aux populations andalouses réfugiées en Tunisie ou encore aux communautés qui ont contribué à façonner l’identité plurielle du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ces récits, c’est toute une mémoire méditerranéenne qui ressurgit, rappelant que la Tunisie s’est construite par des échanges, des migrations et des métissages culturels successifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman consacré à Ibn Khaldoun – «الغروب الخالد» (L’Eternel crépuscule), éditions Meskiliani, Tunis 2026,<br>336 pages – représente à cet égard l’aboutissement d’un long parcours. En faisant revivre le plus célèbre penseur de l’histoire du Maghreb, Hassanine Ben Ammou ne rend pas seulement hommage à une figure exceptionnelle. Il réintègre dans la conscience contemporaine un patrimoine intellectuel universel né sur cette terre. Il rappelle que l’histoire tunisienne ne se résume pas à ses monuments ou à ses dynasties, mais qu’elle comprend aussi des traditions savantes, des écoles de pensée et des œuvres qui ont marqué l’histoire de l’humanité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le roman donne une âme au passé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une époque où les mémoires sont souvent fragmentées et où les repères culturels tendent à s’effacer sous l’effet de la mondialisation, une telle œuvre acquiert une importance particulière. Elle contribue à transmettre aux nouvelles générations une connaissance sensible de leur passé. Elle rétablit la continuité entre les héritages anciens et les interrogations du présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi l’œuvre de Hassanine Ben Ammou mérite d’être considérée non seulement comme une contribution littéraire majeure, mais également comme une action exemplaire en faveur de la sauvegarde du patrimoine historique et immatériel de la Tunisie. À travers ses romans, c’est une mémoire collective qui est préservée, un héritage culturel qui est transmis et une identité nationale qui continue de dialoguer avec son histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les archives conservent les documents. Les musées protègent les objets. Les historiens établissent les faits. Mais les romanciers donnent une âme au passé. C’est sans doute là que réside la contribution essentielle de Hassanine Ben Ammou : avoir fait de la littérature un lieu de mémoire, de transmission et de sauvegarde d’un patrimoine dont la richesse dépasse largement les frontières de la Tunisie pour rejoindre l’héritage universel de l’humanité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UJLHn7LwL1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/04/bourguiba-entre-histoire-et-litterature/">Bourguiba entre histoire et littérature</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bourguiba entre histoire et littérature » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/04/bourguiba-entre-histoire-et-litterature/embed/#?secret=xiLNEviNxZ#?secret=UJLHn7LwL1" data-secret="UJLHn7LwL1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/07/hassanine-ben-ammou-litterature-et-sauvegarde-de-la-memoire-nationale/">Hassanine Ben Ammou | Littérature et sauvegarde de la mémoire nationale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>‘‘Samâ Ève’’ de Chema Ben Chaabene &#124; Sisyphe au féminin</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/sama-eve-de-chema-ben-chaabene-sisyphe-au-feminin/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 May 2026 06:43:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[Aymen Mbarki]]></category>
		<category><![CDATA[Chema Ben Chaabene]]></category>
		<category><![CDATA[Nesrine Snoussi]]></category>
		<category><![CDATA[Walid Lemkecher]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>‘‘Samâ Ève’’ de Chema Ben Chaabene marque un retour de la comédienne à ses premières amours : le théâtre. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/sama-eve-de-chema-ben-chaabene-sisyphe-au-feminin/">‘‘Samâ Ève’’ de Chema Ben Chaabene | Sisyphe au féminin</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La bibliothèque du théâtre tunisien s’est enrichie d’une œuvre singulière ‘‘Samâ Ève’’ (Sud Éditions, 2025) de Chema Ben Chaabene, scénariste, productrice (Lumières Films) et comédienne/actrice au gré de sa passion et de ses rencontres, qui marque un retour à ses premières amours à travers un texte théâtral puissant et profondément spirituel. L’ouvrage a récemment été présenté à la librairie Al Kitab à Tunis.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Amel Bouslama</strong></p>



<span id="more-18831786"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Préfacé par l’historien et anthropologue Abdelhamid Larguèche, ce petit bijou théâtral écrit en français déroule une dramaturgie minimaliste autour d’un personnage féminin central, une voix off masculine et trois spectres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sujet se présente comme une invitation à écouter la femme&nbsp;: une femme en particulier, innommée, renvoyant à toutes les femmes et à une figure universelle de la femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, le texte est traduit en arabe sous le titre <strong>سمّاع حوّاء</strong><strong> </strong>par Nesrine Snoussi, docteure en littérature arabe classique. L’illustration de couverture et les dessins d’accompagnement, très évocateurs, sont la création de l’artiste Aymen Mbarki. Le graphisme de couverture est signé par Walid Lemkecher.<strong></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Lieu de vérité esthétique et spirituelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">«Le théâtre est un lieu de vérité», disait Albert Camus. Cette pièce en est la parfaite illustration. Vêtue allégoriquement de plusieurs peaux, l’héroïne les retire une à une au fil du texte afin de s’alléger et d’atteindre sa propre vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’action de la pièce se situe dans une forêt où on entend le bruit de pas écrasant des feuilles mortes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Inscrit dans une temporalité suspendue, un unique cercle de lumière baignant le personnage qui sombre dans une obscurité totale. Le ton est donné…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte, spirituel sans être religieux, déploie un dialogue subtil avec les strates de l’Histoire de l’Humanité. La gestuelle de la femme qui évolue sur scène développe une chorégraphie, où l’âme de Samā‘ des soufis turcs est invitée. La voix des spectres et celle de la protagoniste font évoluer l’intrigue dans une atmosphère symbolique.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="966" height="918" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Chema-Ben-Chaabene-2.jpg" alt="" class="wp-image-18831802" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Chema-Ben-Chaabene-2.jpg 966w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Chema-Ben-Chaabene-2-300x285.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Chema-Ben-Chaabene-2-768x730.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Chema-Ben-Chaabene-2-580x551.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Chema-Ben-Chaabene-2-860x817.jpg 860w" sizes="auto, (max-width: 966px) 100vw, 966px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Une quête existentielle et transgressive</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce de théâtre se déroule en un seul acte, se déployant en une suite de scènes progressives dans une scénographie minimaliste. En l’absence de décor et d’accessoires, ce sont l’éclairage, le déplacement du personnage, son monologue et sa voix qui portent l’intensité dramatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ni comédie, ni tragédie, la pièce se donne une dimension existentialiste, fortement inspirée du ‘‘<em>Mythe de Sisyphe’’</em> de Camus, de la philosophie Nietzschéenne ainsi que du ‘‘<em>Barrage’’ </em>et d’autres écrits de Mahmoud Messaadi, comme confié par l’écrivaine, lors de la présentation de son livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce est le fruit d’une somme d’expériences artistiques et d’acquis intellectuels. Elle est portée par une volonté créatrice plutôt réfractaire et rebelle. Pour l’auteur, le but est de se démarquer des courants dominants et de transgresser les codes pour être soi-même, unique, occupant sa juste place dans une éphémère éternité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette quête de soi dans la joie de l’accomplissement artistique, en dehors des dogmes et des idolâtries, prend son sens dans les victoires d’une action réelle au quotidien. Cette pièce, empreinte de poésie, est un nouvel acte dans le parcours de l’auteure, une nouvelle montée du <em>«rocher de Sisyphe»</em> pour la femme qui écrit et réfléchit sur l’acte de création, dans la conscience assumée d’une révolte toujours recommencée.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/30/sama-eve-de-chema-ben-chaabene-sisyphe-au-feminin/">‘‘Samâ Ève’’ de Chema Ben Chaabene | Sisyphe au féminin</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>31 mai 1956 &#124; Abolir les habous pour libérer la société</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 06:05:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[décret du 18 juillet 1957]]></category>
		<category><![CDATA[Djemaïa des Habous]]></category>
		<category><![CDATA[terres habous]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soixante-dix ans après leur suppression, il est légitime de s’interroger sur le vide institutionnel et culturel laissé par les Habous.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/31-mai-1956-abolir-les-habous-pour-liberer-la-societe/">31 mai 1956 | Abolir les habous pour libérer la société</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 31 mai 1956, à peine deux mois après l’indépendance, le jeune État tunisien prenait l’une des décisions les plus audacieuses de son histoire : la liquidation de la Djemaïa des Habous et le transfert des habous publics au domaine de l’État. Un an plus tard, le décret du 18 juillet 1957 abolissait définitivement les habous privés et mixtes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18817812"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg" alt="" class="wp-image-18218829" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Soixante-dix ans après, cette réforme continue de diviser. Fut-elle une nécessité historique ou une violence infligée à une institution pluriséculaire profondément enracinée dans la société tunisienne ? A-t-elle permis, au contraire, l’entrée véritable de la Tunisie dans la modernité politique et économique ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant des siècles, le système des habous avait constitué l’une des structures vitales de la société. Il finançait mosquées, zaouïas, médersas, fontaines et œuvres charitables. Il organisait le monde rural, protégeait des terres collectives et préservait parfois les patrimoines familiaux. Au milieu du XIX<sup>e</sup> siècle, les terres habous représentaient près du tiers des surfaces cultivables.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un réseau de protection sociale avant la lettre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Instrument de cohésion sociale et de solidarité dans une société où l’État intervenait peu, les habous formaient, à travers confréries et fondations pieuses, un véritable réseau de protection sociale avant la lettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, dès le XIX<sup>e</sup> siècle, ses faiblesses devenaient criantes. Mal gérés, souvent improductifs, parfois ruinés, de nombreux biens habous freinaient le développement. Les réformateurs eux-mêmes — de Kheïreddine à Mohamed Bayram V — en avaient conscience. La création de la Djemaïa des Habous en 1874 visait déjà à rationaliser cette immense richesse foncière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La colonisation aggrava la crise. Le protectorat utilisa les mécanismes du habous, notamment l’<em>enzel</em>, pour faciliter la spoliation des terres au profit de la colonisation européenne. Dans le même temps, l’agriculture moderne introduisait des techniques et une productivité qui rendaient plus visible encore l’immobilisme d’une partie du monde rural traditionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste devint saisissant : tandis que les médinas s’enfonçaient dans la dégradation, les nouveaux quartiers modernes s’étendaient souvent sur d’anciens terrains habous. Ce qui avait été un facteur d’organisation sociale apparaissait désormais comme un puissant facteur d’inertie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte que s’inscrit la décision de 1956. Loin d’être une mesure improvisée ou purement idéologique, elle faisait partie d’un projet global de transformation de la société : enseignement moderne, réforme du statut personnel, unification judiciaire, construction d’un État social et développementaliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan économique et social, l’abolition visait à libérer la terre de contraintes juridiques qui entravaient sa mise en valeur. Dans les campagnes, il s’agissait de transformer l’occupant précaire en propriétaire investi. Dans les villes, il fallait redonner de la fluidité à un tissu urbain paralysé par l’enchevêtrement des statuts fonciers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le modèle centralisateur de l&rsquo;Etat moderne </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réforme n’en demeure pas moins ambiguë. En absorbant les habous, l’État moderne a certes acquis les moyens d’une politique nationale ambitieuse, mais il a aussi privé la société civile d’instruments anciens d’action collective et de solidarité autonome. Le modèle centralisateur tunisien a accompli des progrès remarquables en éducation, santé et émancipation, tout en réduisant considérablement les espaces d’initiative citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, il ne s’agit plus de regretter l’ancien système, devenu largement inadapté, ni de le réhabiliter tel quel. L’histoire ne repasse pas les plats. Il est cependant légitime de s’interroger sur le vide institutionnel et culturel laissé par la disparition de ces formes d’organisation sociale intermédiaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sociétés contemporaines redécouvrent partout la valeur des fondations, des associations et des initiatives citoyennes dans les domaines de la solidarité, de la culture et du patrimoine. La Tunisie gagnerait à créer un cadre juridique moderne qui permette à la société civile de retrouver une capacité d’initiative réelle, tout en respectant les exigences contemporaines de transparence, de gouvernance et de rationalité économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’abolition des habous fut une rupture nécessaire en 1956. Elle a permis à la Tunisie de briser des structures devenues obstacles à la modernisation. Mais toute rupture appelle, avec le temps, un nouvel équilibre&nbsp;; entre État et société, entre rationalité publique et vitalité civile, entre modernisation et enracinement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Historien.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/31-mai-1956-abolir-les-habous-pour-liberer-la-societe/">31 mai 1956 | Abolir les habous pour libérer la société</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Colloque à Paris autour du Maghreb colonial et postcolonial</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/18/colloque-a-paris-autour-du-maghreb-colonial-et-postcolonial/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 05:50:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Asma Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Stora]]></category>
		<category><![CDATA[décolonisation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Malika Rahal]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un colloque sur «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956-2026)» se tiendra les 8 et 9 juin 2026 à Paris. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/18/colloque-a-paris-autour-du-maghreb-colonial-et-postcolonial/">Colloque à Paris autour du Maghreb colonial et postcolonial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’occasion du 70</em></strong><strong><em><sup>e</sup></em></strong><strong><em> anniversaire des indépendances du Maroc et de la Tunisie, un important colloque international intitulé «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956-2026)» se tiendra les 8 et 9 juin 2026 à Paris et Aubervilliers. </em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong></p>



<span id="more-18785015"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Cette rencontre scientifique est organisée conjointement par l’Institut d’histoire du temps présent relevant du CNRS et le Carep Paris, avec une forte implication d’historiens tunisiens aux côtés de plusieurs grandes figures françaises de l’historiographie contemporaine. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réunissant historiens, sociologues, chercheurs en sciences politiques, spécialistes des mémoires coloniales et acteurs du monde culturel, cette rencontre ambitionne de renouveler les approches historiques des indépendances maghrébines et d’interroger les usages contemporains des mémoires coloniales et postcoloniales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Repenser les indépendances maghrébines</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d’une lecture commémorative ou strictement nationale, le colloque propose de considérer les indépendances tunisienne, marocaine et algérienne comme des processus historiques connectés, inscrits dans des dynamiques régionales et internationales complexes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisateurs souhaitent dépasser les récits fragmentés afin d’analyser les circulations politiques, intellectuelles et militantes qui ont façonné le Maghreb contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le colloque constitue également une réflexion critique sur l’histoire de l’empire colonial français au Maghreb entre 1931 — année de la grande Exposition coloniale internationale de Paris, moment d’apogée symbolique du discours impérial français — et les années 1970, période durant laquelle les États maghrébins indépendants entreprennent la consolidation de leurs souverainetés politiques, culturelles et mémorielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mise en perspective permet d’interroger les continuités, les ruptures et les héritages durables du fait colonial dans les sociétés maghrébines contemporaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Algérie au cœur des débats mémoriels</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si les indépendances tunisienne et marocaine constituent le point de départ de la réflexion, l’Algérie occupera une place centrale dans les débats, notamment autour des conflits de mémoire liés à la guerre d’indépendance, aux usages politiques du passé colonial et aux tensions persistantes entre la France et le Maghreb.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une large partie des discussions sera consacrée aux <em>«blessures mémorielles»</em>, aux enjeux de reconnaissance historique, aux silences de l’histoire coloniale et aux difficultés de construire un récit partagé entre les deux rives de la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le colloque rappellera également que l’enjeu mémoriel est devenu aujourd’hui un enjeu profondément politique, dans un contexte marqué par des tensions récurrentes, des antagonismes de mémoire et des usages concurrents du passé colonial dans les débats publics, diplomatiques et identitaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le colloque analysera également les différences entre les politiques mémorielles françaises et maghrébines, ainsi que la manière dont le passé colonial continue d’influencer les débats contemporains autour de l’identité, des migrations, de la citoyenneté et des relations diplomatiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>C</strong><strong>roiser histoire, mémoire et sciences sociales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première journée, organisée au Campus Condorcet, sera consacrée aux processus de décolonisation, aux mobilisations politiques et sociales, ainsi qu’aux violences ayant accompagné les luttes pour l’indépendance. Les panels interrogeront les répertoires de lutte, les mouvements syndicaux, les insurrections, les répressions coloniales et les connexions transnationales entre les mouvements maghrébins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde journée, accueillie au Carep Paris, explorera plus particulièrement les mémoires croisées des colonisations et des indépendances dans l’espace franco-maghrébin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les débats porteront sur les politiques mémorielles en France, en Algérie, au Maroc et en Tunisie, les usages politiques du passé colonial, les tensions diplomatiques et symboliques, ainsi que les nouvelles approches historiographiques relatives aux sociétés coloniales du Maghreb.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>P</strong>articipation scientifique de haut niveau</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les intervenants figurent plusieurs grandes figures de la recherche contemporaine, aux côtés des co-organisteurs Benjamin Stora, Malika Rahal, Abdelhamid Larguèche et Asma Nouira, dont Sophie Bessis, Habib Kazdaghli, Karima Dirèche, Jamaa Baida et de nombreux chercheurs issus d’universités internationales prestigieuses telles que Yale, Princeton, Leyde, Heidelberg, Rabat, Tunis, Oran, Paris ou Lyon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’événement se distingue également par sa volonté de faire dialoguer recherche scientifique et production culturelle. Une exposition numérique intitulée, conçue par Abdelhamid Larguèche, prolongera les réflexions du colloque à travers une approche visuelle et documentaire des mémoires coloniales et des représentations de l’empire français au Maghreb.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Penser les mémoires pour comprendre le présent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des débats historiographiques, cette rencontre interroge le rôle social de l’historien face aux demandes contemporaines de mémoire et de reconnaissance. Dans un contexte marqué par les crispations identitaires, les controverses mémorielles et les recompositions géopolitiques entre l’Europe et le Maghreb, le colloque entend contribuer à une meilleure compréhension des héritages coloniaux et de leurs résonances actuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En croisant les regards disciplinaires et générationnels, <em>«Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines»</em> s’annonce comme un moment scientifique majeur pour repenser l’histoire coloniale française au Maghreb, revisiter les trajectoires des indépendances et analyser les conflits de mémoire qui continuent de structurer les relations entre la France et les sociétés maghrébines contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien et co-organisateur du colloque.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/18/colloque-a-paris-autour-du-maghreb-colonial-et-postcolonial/">Colloque à Paris autour du Maghreb colonial et postcolonial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Le cinéma sauve ce que le patrimoine officiel oublie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/17/le-cinema-sauve-ce-que-le-patrimoine-officiel-oublie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 May 2026 06:51:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[ATPCC]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma-Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mois du patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Ons Kamoun]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mini-festival «Cinéma-Mémoire : Filmer ce qui tient (encore)» est l’une des expériences les plus stimulantes du Mois du patrimoine (18 mai-18 juin). </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/17/le-cinema-sauve-ce-que-le-patrimoine-officiel-oublie/">Le cinéma sauve ce que le patrimoine officiel oublie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sous la houlette de l’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC), présidée par la talentueuse Ons Kamoun, entourée d’une jeune équipe dynamique et passionnée, le mini-festival </em></strong><em><strong>«Cinéma-Mémoire : Filmer ce qui tient (encore)»</strong></em><strong><em>, organisé les15 au 16mai 2026 à la Maison de la Culture Ibn Rachiq, s’est imposé comme l’une des expériences culturelles les plus stimulantes du Mois du patrimoine (18 mai-18 juin). </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche </strong>*</p>



<span id="more-18782401"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En proposant une réflexion profondément novatrice sur les mémoires invisibles, les lieux oubliés et les patrimoines fragiles, cette manifestation a réussi à déplacer le regard hors du monumental et à faire du cinéma documentaire un véritable outil critique de sauvegarde et de transmission.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir le patrimoine de la pierre et des cérémonies officielles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il arrive parfois qu’un événement culturel, par sa simple existence, révèle les limites d’un modèle devenu incapable de se renouveler. Le mini-festival <em>«Cinéma-Mémoire : Filmer ce qui tient (encore)»</em> appartient incontestablement à cette catégorie rare d’initiatives qui ne se contentent pas d’accompagner une programmation institutionnelle, mais qui en déplacent profondément les cadres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs années, le Mois du patrimoine en Tunisie semble enfermé dans une représentation largement monumentale de la mémoire : célébration des sites classés, restauration des pierres anciennes, cérémonial patrimonial convenu et discours officiels répétitifs. Or, à mesure que cette vision s’institutionnalise, elle laisse de côté une autre réalité patrimoniale, plus fragile, plus mouvante et souvent plus urgente : les gestes menacés, les lieux abandonnés, les mémoires marginalisées, les espaces populaires et les traces invisibles du vécu collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une programmation qui donne une voix aux patrimoines oubliés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément contre cet enfermement du patrimoine dans le monumental que le festival <em>«Cinéma-Mémoire»</em> a construit sa proposition. Dès son intitulé, «<em>Filmer ce qui tient (encore)</em><em>», </em>&nbsp;le projet affirmait une autre conception de la mémoire : non plus une mémoire figée dans la pierre, mais une mémoire précaire, vivante et vulnérable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cette orientation n’est pas restée théorique. Elle s’est incarnée dans une programmation particulièrement forte, où plusieurs films du projet <em>«10 Sites, 10 Docs, Ciné-Patrimoine»</em>, présentés auparavant aux Journées Cinématographiques de Carthage, ont trouvé une résonance nouvelle. Ces courts-métrages documentaires réalisés par de jeunes cinéastes tunisiens sur des sites patrimoniaux en péril ont constitué l’un des moments les plus marquants du mini-festival.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur présence dans cette programmation était tout sauf anecdotique. En filmant des lieux oubliés, menacés d’effondrement ou rongés par l’abandon, comme la synagogue de Nabeul ou le fort espagnol de La Goulette, ces œuvres déplaçaient radicalement la définition même du patrimoine. Elles rappelaient que la disparition ne concerne pas seulement les monuments spectaculaires, mais aussi des espaces périphériques, des mémoires silencieuses et des héritages sans protection symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des grands mérites du festival a été d’avoir compris que ces films ne relevaient pas seulement du documentaire patrimonial classique, mais d’une véritable politique du regard. Car filmer un site en ruine avant son effacement définitif n’est pas un simple geste d’archivage : c’est un acte de résistance contre l’oubli.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les débats qui ont accompagné les projections ont donné une profondeur supplémentaire à cette expérience. Plusieurs discussions ont porté sur les obstacles rencontrés lors du tournage de ces documentaires : conflits juridiques autour des sites, lenteurs administratives, absence d’autorisations claires, situations complexes entre héritiers privés et institutions publiques. En mettant ces questions au centre de la réflexion, le festival a eu l’intelligence de montrer que le patrimoine n’est jamais un objet neutre : il est traversé par des rapports de pouvoir, des choix politiques et des mécanismes d’exclusion.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Cinema-et-memoire-2-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18782445" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Cinema-et-memoire-2-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Cinema-et-memoire-2-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Cinema-et-memoire-2-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Cinema-et-memoire-2-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Cinema-et-memoire-2-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Cinema-et-memoire-2-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Cinema-et-memoire-2.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Une nouvelle génération réconcilie cinéma et mémoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la réussite du festival tient aussi à autre chose : sa capacité à réhabiliter le documentaire comme forme majeure de création contemporaine. Beaucoup de jeunes cinéastes tunisiens, comme l’a rappelé Ons Kamoun, abordaient initialement le documentaire avec distance, le considérant souvent moins prestigieux que la fiction. Or, les films projetés ont précisément démontré l’inverse : le documentaire est aujourd’hui l’un des rares espaces capables de saisir les fractures du réel, les transformations sociales et les mémoires en train de disparaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette manifestation, l’ATPCC confirme ainsi l’importance de son rôle dans le renouvellement du paysage cinématographique tunisien. Grâce à l’énergie de sa présidente Ons Kamoun et à l’engagement d’une équipe jeune, inventive et ouverte aux formes critiques du cinéma, l’association réussit à faire émerger de nouveaux espaces de réflexion, loin des logiques culturelles figées et des approches patrimoniales conventionnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un festival qui a fait bouger les lignes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette force critique traversait également <em>«L’Atelier des monuments invisibles»</em>, autre moment essentiel du festival. En invitant de jeunes participants à documenter eux-mêmes des lieux, des gestes ou des paroles menacés, le projet dépassait la logique habituelle des festivals patrimoniaux. Il ne s’agissait plus seulement de montrer des œuvres, mais de produire collectivement des archives du présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le succès public de cette édition zéro a confirmé qu’il existait une attente réelle pour des formes culturelles capables de renouveler profondément le rapport au patrimoine. Étudiants, chercheurs, cinéphiles et jeunes réalisateurs ont trouvé dans ce festival un espace rare de dialogue et de réflexion, loin du folklore patrimonial et des célébrations convenues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, <em>«Cinéma-Mémoire : Filmer ce qui tient (encore)»</em> aura accompli quelque chose d’essentiel : rappeler que le patrimoine le plus important n’est pas toujours celui qui domine les cartes postales ou les discours officiels. Il réside aussi dans les traces fragiles d’un monde qui disparaît en silence. Et face à cette disparition, le cinéma peut encore devenir un geste de sauvegarde, de transmission et de résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; L’État reconnaît enfin l’artiste… pour l’encadrer !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 07:03:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[métiers artistiques]]></category>
		<category><![CDATA[statut de l’artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Jebali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La loi sur le statut de l’artiste et les métiers artistiques répare un manque, mais elle suscite aussi quelques inquiétudes.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/15/tunisie-letat-reconnait-enfin-lartiste-pour-lencadrer/">Tunisie | L’État reconnaît enfin l’artiste… pour l’encadrer !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’adoption, en ce mois de mai 2026, de la loi sur le statut de l’artiste et les métiers artistiques marque une étape importante dans l’histoire culturelle de la Tunisie. Après des décennies de précarité et de flou juridique, l’État reconnaît enfin l’artiste comme un travailleur bénéficiant de droits sociaux et d’un cadre professionnel. Pour beaucoup, cette réforme vient réparer un vide ancien dans un secteur où des générations de créateurs ont travaillé sans protection sociale, sans retraite et souvent sans véritable statut.</em></strong><em> (Photo: Pièce « Quatrième humain » de Taoufik Jebali).</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong></p>



<span id="more-18774899"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Cette avancée répond à une réalité longtemps ignorée : celle d’un monde culturel vivant mais fragile, porté davantage par l’endurance individuelle que par une politique publique structurée. Sous cet angle, la loi constitue indéniablement un progrès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, derrière cette reconnaissance nécessaire apparaît une interrogation plus profonde sur la manière dont l’État envisage désormais la création artistique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre protection sociale et encadrement institutionnel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte révèle rapidement une ambiguïté centrale. En cherchant à protéger les artistes, il introduit aussi une logique d’encadrement administratif qui transforme progressivement la création en activité réglementée. L’art cesse alors d’être seulement un espace de liberté pour devenir un domaine soumis à des mécanismes de validation institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or la création artistique échappe souvent aux structures établies. Elle naît dans les marges, dans l’expérimentation, parfois dans la contestation. Les grandes ruptures esthétiques ont rarement émergé des cadres officiels ; elles sont venues d’artistes autodidactes, de voix dissidentes ou de figures longtemps exclues des institutions culturelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question sensible de la légitimité artistique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’obligation d’une carte professionnelle illustre cette tension. Présentée comme un outil d’organisation et de protection sociale, elle soulève néanmoins une question essentielle : Qui décide de ce qu’est un artiste ? Et selon quels critères cette reconnaissance sera-t-elle accordée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dramaturge tunisien Taoufik Jebali résumait cette inquiétude par une formule devenue emblématique : <em>«L’artiste n’a pas besoin d’un permis pour créer.»</em> Derrière cette phrase se trouve toute la difficulté du débat. Dès lors qu’une administration devient capable de définir officiellement la légitimité artistique, le risque d’une normalisation culturelle apparaît.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une réforme dans un contexte politique particulier</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces interrogations prennent une dimension plus sensible encore dans le contexte tunisien actuel, marqué par un renforcement du rôle de l’État et par des débats persistants autour des libertés publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs artistes et intellectuels craignent moins le contenu immédiat de la loi que les usages qui pourraient en être faits à l’avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le danger ne réside pas forcément dans les dispositions actuelles du texte, mais dans les possibilités d’interprétation administrative qu’il ouvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute bureaucratie culturelle produit, avec le temps, ses commissions, ses critères implicites et parfois ses formes de clientélisme. Le risque est alors de voir apparaître une culture de conformité, où l’artiste reconnu devient celui qui demeure compatible avec l’institution.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une loi davantage sociale que culturelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La principale limite du texte tient peut-être à sa nature profondément administrative. La loi détaille les questions de contrats, de couverture sociale, de régulation et d’organisation professionnelle, mais elle reste beaucoup plus discrète sur les principes culturels eux-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle évoque peu la liberté esthétique, le rôle critique de l’artiste ou la nécessité de protéger l’expérimentation et les formes de création subversives. Or une politique culturelle ne consiste pas uniquement à gérer un secteur professionnel ; elle doit aussi préserver la capacité d’une société à produire du doute, de la dissonance et de la critique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le paradoxe de la reconnaissance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe de cette réforme apparaît alors clairement. La loi cherche à sortir les artistes de la précarité, mais elle risque simultanément de les inscrire dans une nouvelle dépendance institutionnelle. Elle reconnaît leur dignité sociale tout en soumettant cette reconnaissance à des mécanismes administratifs de validation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle protège l’artiste comme travailleur, sans toujours protéger avec la même force l’artiste comme conscience libre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est toute la fragilité du texte : vouloir sécuriser la création sans pleinement accepter que l’art tire précisément sa vitalité de ce qui échappe aux cadres et aux autorisations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette loi restera probablement une étape importante dans l’évolution du paysage culturel tunisien. Elle répond à des besoins réels et corrige des injustices anciennes. Mais elle ouvre aussi un débat essentiel sur la place de l’État dans le champ artistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une démocratie peut soutenir les artistes et leur garantir des droits sociaux. Elle peut financer la culture et protéger les créateurs contre la précarité. Mais dès qu’elle commence à définir officiellement qui mérite ou non le statut d’artiste, elle entre dans une zone délicate où l’administration risque progressivement de remplacer la liberté comme source de légitimité culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/15/tunisie-letat-reconnait-enfin-lartiste-pour-lencadrer/">Tunisie | L’État reconnaît enfin l’artiste… pour l’encadrer !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un siècle de féminisme en Tunisie &#124; Rendre visible les invisibles</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/23/un-siecle-de-feminisme-en-tunisie-rendre-visible-les-invisibles/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Apr 2026 06:25:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[Dalenda Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[féministes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>‘‘Dictionnaire des féministes. Tunisie, un siècle de féminisme’’ est à la fois somme historique, geste mémoriel et intervention dans le débat public. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/23/un-siecle-de-feminisme-en-tunisie-rendre-visible-les-invisibles/">Un siècle de féminisme en Tunisie | Rendre visible les invisibles</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il est des livres qui accompagnent leur époque, et d’autres qui la bousculent doucement en lui rappelant ce qu’elle a choisi d’oublier. Le ‘‘Dictionnaire des féministes. Tunisie, un siècle de féminisme’’ (éd. Santillana, Tunis, 2026), ouvrage collectif dirigé par l’historienne Dalenda Larguèche, appartient à cette seconde catégorie. À la fois somme historique, geste mémoriel et intervention dans le débat public, cet ouvrage vient combler un vide ancien : celui de la place des femmes, et plus précisément des luttes féministes dans le récit national tunisien.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche </strong>*</p>



<span id="more-18676401"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg" alt="" class="wp-image-18218829" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il faut bien partir de ce constat simple : l’histoire officielle, telle qu’elle a longtemps été transmise, a laissé peu de place aux femmes en tant qu’actrices à part entière. Elles apparaissent en creux, en arrière-plan, rarement au centre. Et lorsqu’elles y figurent, c’est souvent sous la forme d’exceptions, de figures isolées, presque détachées de toute dynamique collective. Le mérite premier de ce dictionnaire est précisément de rompre avec cette logique de l’exception pour restituer une continuité, une densité, une pluralité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une cartographie inédite des engagements</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À travers plus d’une centaine de notices biographiques et une série d’entrées thématiques, le livre compose une véritable cartographie du féminisme tunisien sur près d’un siècle. On y croise des pionnières de l’émancipation, des militantes de l’indépendance, des figures du monde associatif, des intellectuelles, des artistes. Mais surtout, on y découvre des trajectoires parfois méconnues, des engagements discrets, des formes d’action qui ne relèvent pas toujours du militantisme classique mais qui ont, chacune à leur manière, contribué à transformer les normes sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là l’un des apports les plus précieux de l’ouvrage : montrer que le féminisme ne se réduit pas à quelques grandes figures ou à quelques moments spectaculaires, mais qu’il s’inscrit dans une multitude de pratiques, de prises de parole, de résistances souvent invisibles. En cela, le dictionnaire ne se contente pas de documenter une histoire ; il en change le regard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aussi saluer l’effort de mise à disposition. Dans un champ longtemps réservé aux spécialistes, le livre parvient à rester accessible sans renoncer à la rigueur. Il peut être lu par un large public, sans sacrifier la complexité des enjeux. Cette volonté de transmission est essentielle : elle permet de faire sortir l’histoire du féminisme du cercle académique pour l’inscrire dans un horizon plus large, celui du débat citoyen.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une définition du féminisme à l’épreuve</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais un tel projet, par son ampleur même, ne peut éviter certaines tensions. Et c’est peut-être dans ces tensions que réside son intérêt critique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première tient à la définition du féminisme adoptée par l’ouvrage. En optant pour une approche large et inclusive, les auteurs ont fait le choix d’englober des figures aux engagements très variés, parfois indirects. Cette ouverture a une vertu évidente : elle permet de rendre justice à des parcours qui, sans se revendiquer explicitement du féminisme, ont néanmoins contribué à faire évoluer la condition des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais elle soulève aussi une question : à partir de quel moment parle-t-on de féminisme ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">En élargissant le périmètre, ne risque-t-on pas de diluer ce qui fait la spécificité du féminisme comme projet critique, comme contestation structurée des rapports de pouvoir ? Autrement dit, à vouloir inclure, ne court-on pas le risque de perdre en lisibilité ce que l’on gagne en exhaustivité ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ombre portée du <strong>«féminisme d’État»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une deuxième tension traverse l’ouvrage : celle du rapport à l’État. L’histoire tunisienne est marquée par un phénomène singulier souvent qualifié de <em>«féminisme d’État»</em>, notamment à partir de l’indépendance. Les réformes juridiques, en particulier le Code du statut personnel, ont constitué des avancées majeures, faisant de la Tunisie un cas à part dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dictionnaire rend compte de cette dynamique, mais il en laisse en retrait les ambivalences. Car ce féminisme porté par le haut s’est accompagné d’un encadrement strict du champ associatif et d’une limitation de l’autonomie des mouvements féminins. Les droits ont été accordés, mais dans un cadre contrôlé. L’émancipation a été promue, mais sans toujours accepter la contestation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette contradiction, pourtant centrale, aurait mérité d’être plus frontalement interrogée, tant elle structure en profondeur l’histoire du féminisme tunisien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une histoire qui s’arrête au seuil du présent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une troisième interrogation tient au découpage chronologique. En choisissant de s’arrêter à la veille de 2011, l’ouvrage opte pour une prudence méthodologique compréhensible : la période postrévolutionnaire, encore en cours, nécessite sans doute un autre type d’analyse. Mais ce choix laisse le lecteur à la lisière d’un moment décisif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car depuis 2011, les questions féministes ont connu en Tunisie de profondes recompositions : diversification des acteurs, renouvellement des formes de mobilisation, émergence de nouveaux enjeux. En creux, le dictionnaire fait apparaître la nécessité d’un prolongement, d’une seconde étape qui viendrait éclairer ce présent encore mouvant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un livre qui ouvre plus qu’il ne conclut</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il voir dans ces limites des faiblesses ? Ce serait aller trop vite. Elles sont aussi le signe d’un ouvrage qui ne cherche pas à clore le débat, mais à l’ouvrir. Car le <em>‘‘</em><em>Dictionnaire des féministes</em><em>’’</em> ne prétend pas livrer une vérité définitive. Il propose une base, un socle, un point de départ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où les questions liées aux droits des femmes continuent de susciter débats et tensions, où les acquis sont parfois présentés comme allant de soi ou, à l’inverse, remis en question, rappeler l’histoire des luttes est un acte profondément politique. Non pas au sens partisan, mais au sens où il s’agit de redonner de la profondeur au présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En redonnant des noms, des parcours, des voix à celles qui ont fait bouger les lignes, ce dictionnaire nous rappelle une chose essentielle : rien n’a été donné, tout a été conquis. Et ce qui a été conquis peut toujours être rediscuté, transformé, prolongé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«</em><em>Un livre qui n’achève pas l’histoire, mais qui oblige, désormais, à ne plus jamais l’écrire sans elles.</em><em>»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien, membre du Conseil scientifique du dictionnaire.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/23/un-siecle-de-feminisme-en-tunisie-rendre-visible-les-invisibles/">Un siècle de féminisme en Tunisie | Rendre visible les invisibles</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La Muqaddima en route vers le registre Mémoire du monde de l’Unesco</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 07:39:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[Ibn Khaldoun]]></category>
		<category><![CDATA[La Muqaddima]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Jelassi]]></category>
		<category><![CDATA[Unesco]]></category>
		<category><![CDATA[Zoubeir Turki]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Unesco confirme la recevabilité de la candidature de ‘‘La Muqaddima d’Ibn Khaldoun’’, au registre Mémoire du monde. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/03/la-muqaddima-en-route-vers-le-registre-memoire-du-monde-de-lunesco/">La Muqaddima en route vers le registre Mémoire du monde de l’Unesco</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La réception, ces derniers jours, d’un courriel officiel de l’Unesco confirmant la recevabilité en cours de la candidature intitulée ‘‘La Muqaddima d’Ibn Khaldoun (المقدمة)’’ au registre Mémoire du Monde, portée conjointement par la Tunisie, l’Algérie, l’Égypte et la Turquie, marque une étape décisive dans un processus long, exigeant et souvent semé d’obstacles. Il ne s’agit pas seulement d’une bonne nouvelle administrative, mais de l’aboutissement d’un effort intellectuel, diplomatique et culturel mené avec persévérance depuis près de deux ans.</em></strong><em> (Ph. Statue d&rsquo;Ibn Khaldoun à Tunis, par Zoubeir Turki). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18316820"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg" alt="" class="wp-image-18218829" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dès les premières discussions, l’ambition était claire : faire reconnaître <em>La Muqaddima</em> non comme un simple monument du patrimoine arabo-musulman, mais comme une œuvre fondatrice de la pensée historique, sociologique et politique universelle, dont la portée dépasse largement les frontières linguistiques, nationales ou confessionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conviction, largement partagée dans les milieux académiques internationaux, ne l’était pas toujours au sein des appareils administratifs nationaux, souvent hésitants, parfois réticents, prisonniers de logiques de routine ou de calculs étroits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les enjeux de mémoire et de patrimoine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chemin fut donc long. Long pour argumenter, expliquer, documenter. Long pour convaincre, dans un contexte où la culture savante peine parfois à s’imposer face à des priorités plus immédiates ou plus visibles. Long aussi parce qu’il fallut affronter, sans jamais s’y laisser enfermer, des hostilités gratuites, des procès d’intention, voire des tentatives de disqualification intellectuelle qui disent beaucoup des crispations contemporaines autour des enjeux de mémoire et de patrimoine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cela, un collectif international de chercheurs et d’acteurs culturels, placé sous la coordination de trois universitaires, s’est constitué et a travaillé de manière continue depuis mars 2024. Rencontres scientifiques, colloques, tables rondes, expositions documentaires, interventions publiques, échanges avec les institutions nationales et internationales : chaque étape a contribué à construire patiemment un consensus, à la fois scientifique et politique, autour de la légitimité de cette inscription.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce travail n’a jamais été conçu comme une compétition entre États ou une captation symbolique d’un héritage commun. Bien au contraire, le choix d’une candidature multinationale a été pensé dès le départ comme un geste fort : celui de reconnaître que <em>La Muqaddima</em> appartient à un espace intellectuel partagé, à une histoire longue des circulations du savoir, et à une humanité soucieuse de comprendre ses propres dynamiques sociales.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Delegation-Ibn-Khaldoun-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-12370756" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Delegation-Ibn-Khaldoun-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Delegation-Ibn-Khaldoun-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Delegation-Ibn-Khaldoun-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Delegation-Ibn-Khaldoun-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Delegation-Ibn-Khaldoun-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Delegation-Ibn-Khaldoun-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Delegation-Ibn-Khaldoun.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Rencontre des</em> <em>membres du Collectif international de la promotion de La Muqaddima avec le secrétaire général adjoint de l&rsquo;Unesco, Taoufik Jelassi, le 21 mars 2024, à Paris.</em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Fidélité à l’esprit critique d’Ibn Khaldoun</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, alors que la candidature entre officiellement dans les phases d’évaluation prévues par les Lignes directrices générales du programme Mémoire du monde, il convient de mesurer le chemin parcouru. Quelle que soit l’issue finale du processus, une étape essentielle a déjà été franchie : celle de la reconnaissance institutionnelle d’un projet porté par la rigueur scientifique, la coopération internationale et la fidélité à l’esprit critique d’Ibn Khaldoun lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte mondial marqué par les replis identitaires, les usages idéologiques de la mémoire et les simplifications abusives de l’histoire, cette démarche rappelle opportunément que le patrimoine n’est vivant que lorsqu’il est pensé, discuté, transmis et partagé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là, sans doute, la véritable victoire de ces deux années de travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien, membre du collectif international de la promotion de La Muqaddima.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pwpSR866qD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/08/la-muqaddima-dibn-khaldoun-sur-le-registre-de-la-memoire-du-monde-de-lunesco/">La ‘‘Muqaddima’’ d’Ibn Khaldoun sur le registre de la Mémoire du Monde de l’Unesco</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La ‘‘Muqaddima’’ d’Ibn Khaldoun sur le registre de la Mémoire du Monde de l’Unesco » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/08/la-muqaddima-dibn-khaldoun-sur-le-registre-de-la-memoire-du-monde-de-lunesco/embed/#?secret=GCaCVGlEyB#?secret=pwpSR866qD" data-secret="pwpSR866qD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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